samedi 10 novembre 2012

Le Journal de Souad : Overdose




retranscrit le 11 juin 21h.

Il gît à même le sol, j'avance vers lui, on dirait qu'il est mort, je tremble, je dois chercher du secours,
j'appelle et, bien sûr, tous ceux qui sont présents accourent.
J'ai du mal à tout comprendre, mais je sais que c'est l'overdose ; il s'est piqué ; à l'époque, le terme « fix » correspondait au fait de s'administrer l’héroïne de cette manière, je savais ce que c’était, mais, aujourd'hui, il s'agit d'autre chose.
C'est un jour de semaine, je suis formelle, ma mère travaille, je ne sais plus qui s'est chargé d'appeler l'ambulance mais ils l'ont pris en voiture.
Un jeune du quartier m'a lancé : "je sais pourquoi ils n'ont pas attendu l'ambulance. C'est pour qu'ils ne sachent pas qu'il se drogue ».
C'est une aberration d'enfant puisqu'à l’hôpital, ils sauront...
Je lui ai répondu : « C'est pour le sauver qu'ils n'ont pas attendu ».
Le lendemain, je l'ai vu à l'école : il était dans ma classe.
J'étais malade, sachant qu'à la récré, ce serait le sujet de conversation.
Tant pis, j'aimais mon frère et l´essentiel était qu'il soit sauvé, hors de danger.  

9ième suicide dans une prison belge en 2012

2012 : 9ième suicide dans une prison belge. Un détenu dans la prison de Gand s'est suicidé en attendant son tranfert à la prison d'Oudenaarde. En attendant son tranfert, à cause de la surpopulation carcérale, il dormait sur un matelat par terre.

Zelfdoding Gevangenis
DS dinsdag 30 oktober 2012, 

BRUSSEL - In de nacht van zaterdag op zondag heeft een 29-jarige gedetineerde in de gevangenis van Gent zelfmoord gepleegd. De man zat al 9 jaar vast. In afwachting van een overplaatsing naar Oudenaarde, verbleef hij in een eenpersoonscel waarin hij door de overbevolking op een matras op de grond moest slapen.
Volgens de Liga voor Mensenrechten gaat het om de negende zelfdoding in een Belgische gevangenis dit jaar. ‘Dat is bijna één per maand’, zegt Jos Vander Velpen, voorzitter van de Liga, die de schrijnende toestanden in de gevangenissen aan de kaak wil stellen. ‘Het cijfer is verontrustend hoog, onder meer door de overbevolking, slechte detentievoorwaarden en ontoereikende hulp en verzorging.’

Volgens een medegevangene, client van advocaat Walter Van Steenbrugge, werd de overledene gepest, was hij depressief en gaf hij de afgelopen weken duidelijke signalen dat hij niet meer wilde leven. ‘Mensen met zware psychiatrische problemen horen niet thuis in de gewone gevangenis. Dit probleem kaarten we al jaren aan’, zegt Van Steenbrugge.

mardi 6 novembre 2012

Le Journal de Souad : Visite à Forest


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photo Marcel Mussen


Le 30 novembre 1991

Les jours passent sans que je m'en rende compte.
Ce matin, je suis à la prison de Forest.
Je viens rendre visite à mon frère.
Ça fait trois semaines que je ne suis plus venue.
Je suis fatiguée, même épuisée de penser.
Je ne suis plus allée au cours depuis mardi, je n'ai même pas pris la peine d'avertir l'école et les stages.
Voilà que je suis perdue, rien n'a d 'intérêt à mes yeux.
Je me suis disputée avec une amie, je ne cherche après personne, je me sens comme une vermine, je n'arrive pas à extérioriser ce que je ressens, toujours cette envie de tout abandonner.
Je me livre à la lassitude, sans combat.
Ma douleur, celle qui domine, c'est l'absence de ma sœur, sa mort.
Quand j’accoure vers mon frère, je voudrais panser sa douleur afin d'atténuer la mienne.
Tout en pensant à son isolement, au manque face à sa toxicomanie.
Pourtant, je suis affaiblie, j'ai la foi, mais la mort, c'est la fin, la mort, ce sont les remords car on ne peux plus réparer.

Le Journal de Souad : Les étoiles


photo Marcel Mussen

Il s'en est allé vers une porte inconnue.
Impossible de décrire où elle le mène.
Après, c'est l'inconnu. 
Il y a le temps, celui qu'il nous est donné de vivre, et le temps s'en est allé.
Sa mort fait écho en nous ; car elle représente la mort de toutes les petites étoiles qui meurent au quatre coins du monde.
Célèbre ou pas, une âme qui s'éteint suscite en nous l'émotion, l'angoisse, car c'est l'inconnu.
Nous sommes préparés à cette certitude mais la vie nous aspire et nous fait oublier, parfois même virevolter.
Alléger la sentence en vivant du mieux que l'on peut.
Amputée d'une époque : c'est ce que je ressens vivement.

Le Journal de Souad : L'esprit d'un enfant


Photo Marcel Mussen


Je ne la vois pas assez, elle me manque terriblement, je pense souvent que si je laisse ma ration de nourriture, elle ne devrait pas travailler autant.
Alors, quand les plats sont chers, je dis que je n'aime pas.
L'esprit de l'enfant peut être tellement perturbé par ce qu'il entend ou ce qu'il interprète.
Ce sont ses moyens, si l'adulte n'explique pas, ou ne rassure pas.
Combien de situations un enfant vivant dans une famille doit-il gérer ?
Perdu, errant : qui détient les réponses ?
Je prône l'innocence de l'enfant, je sais avec certitude que si la souffrance est prise en compte, si on est bien entouré, on peut solutionner.
Mais combien demeurent seuls ?
Qu'advient-il de ces enfants ? La réalité les fait bien souvent démissionner de la vraie vie.
Celle à laquelle ils ont tous droit.


4 décembre 2010

mardi 30 octobre 2012

Permanence chaque mardi – Permanentie elke dinsdag


Permanence chaque mardi – Permanentie elke dinsdag
de 9 à 12 h et de 18 à 21 h – van 9 tot 12 u en van 18 tot 21 u
Local Egalité, Rue du Chevreuil 4, 1000 Bruxelles
(tout près de la Place du Jeu de Balle – vlakbij het Vossenplein)

Prisoners' Family & Friends Association -
Association de Familles & Ami(e)s de Détenus – Vereniging van Families & Vrienden van Gedetineerden.

Facebook : http://www.facebook.com/groups/440384405982284/
Contact : Luk Vervaet 0478653378


mercredi 24 octobre 2012

Le Journal de Souad : Mon arme, l'écriture


photo Marcel Mussen

Comme d'habitude, je prends de quoi écrire, il faut que je me soulage.
Ce nœud à la gorge m'étouffe ; espérer, encore espérer, mais espérer quoi ?
Et jusqu'à quand ?
Depuis trop d'années, je refuse le passé, mais le futur me semble chargé des mêmes déceptions.

Ce matin, c'est différent.
Je n'ai jamais voulu perdre espoir, mais là je ne peux plus me mentir.
Je n'attends plus rien. Je ne veux pas de compréhension, je ne veux pas de pitié.
Mon cri de détresse, je ne veux pas qu'il soit entendu, non, je ne le veux plus car
Il est sourd de communication, sombre car étouffé par la lueur, il est libre de privation.
Toi qui m'entends,
Toi qui sais et qui vois, dis-moi : qu'ai-je donc fais pour mériter cela ?
Depuis toute petite, je suis blessée, mal d'être ce que je suis, et pourtant je ne peux me défaire des miens.