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mercredi 18 mars 2020

Prison de Louvain secondaire : une femme de détenu témoigne !

Bonjour,

je viens de lire votre article,  sur les détenus. 

Depuis six mois, mon mari est incarcéré à la prison secondaire de Louvain. 
Nous venons de  France. Depuis six mois, mon mari n'a pas été jugé : tous les 2 mois sa détention est renouvelée par la chambre du conseil. 

Mon mari vit l'enfer la-bas. Nous avons trois enfants, dont un bébé de un an. 

A son arrivée à la prison mon mari a dormi 17 jours par terre, avant d'être mis dans une cellule à deux. Il reçoit un repas le midi et pas de repas le soir : est-ce normal? 

Je téléphone à la prison et personne ne me parle en français. Ils ne comprennent pas ce que je dis ? Pour mon mari c'est  pareil a l'intérieur. On ne lui parle qu'en néerlandais. Aucun service social ne m'a contacté. J'ai pris un avocat qui ne sert à pas grand chose, car lui meme ne nous rassure pas. Oui pour ces honoraires de 2000 euros que je lui ai fait par virement, là il a communiqué avec moi. Je ne sais plus quoi faire. 

Mon mari vit très mal à la prison de Louvain,  Il a eu des boutons sur tous le corps, il se grattait pendant la nuit, personne ne s'en soucie. Il me dit qu'aucun gardien porte un masque, il n'y a aucune mesure de sécurité, je suis perdue. je ne sais pas a qui m'adresser pour que les choses bougent dans cette prison

(une femme de détenu, nom connu par Familles de Prisonniers pour la Justice) 

dimanche 14 avril 2019

DES MÈRES SOLIDAIRES CONTRE LA RÉPRESSION D'ÉTAT (texte de présentation et vidéo)



Collectif des Mères solidaires pour soutenir les victimes du fascisme et de la répression d’État

COLLECTIF DES MÈRES SOLIDAIRES·MARDI 
19 JUIN 2018

Nous vivons dans une Europe qui se targue d'être un havre de paix, de liberté, de prospérité et de justice, construit sur le sang versé par les partisans lors des combats pour la libérer du fascisme. 
Pourtant nos enfants engagés dans diverses luttes sociales et politiques sont frappés, arrêtés, condamnés, et pour certains tués, par les autorités étatiques ou par des fascistes. 

Nous, leurs mères, affirmons que les politiques conduites par les États européens en sont, directement ou indirectement, responsables. 
- Les États traitent par le mépris les aspirations à de nouvelles formes de fonctionnement de nos sociétés et font barrage à l’expérimentation de modèles alternatifs fondés sur le partage et l’autogestion.
- Ignorant les appels au respect des droits sociaux et de l’environnement pour défendre les intérêts économiques des plus riches, ils aggravent les injustices sociales dans leur propre pays et partout dans le monde.  
- En provoquant la désespérance des couches populaires, en encourageant la peur de l'étranger, en tolérant ou en s’alliant à des mouvements d’extrême droite violents et prosélytes, ils favorisent la résurgence du fascisme qui terrorise et qui tue. 

Exerçant leurs libertés d’expression et de lutte, nos enfants dénoncent les injustices, les discriminations, le capitalisme sauvage qui ravage le monde. Ils défendent leurs droits et ceux des plus défavorisés. Ils combattent toutes les formes de dérive fasciste. Ils luttent pour un monde plus solidaire, plus ouvert, plus respectueux de l'environnement. 

Parce qu'ils osent s’opposer aux États, ils sont considérés comme une menace. Et c'est une répression démesurée qui s'abat sur eux : 
- une police qui emploie des instruments de mort, frappe et arrête ceux qui ne présentent aucun danger réel ; 
- une justice qui rend possible l’impunité policière et mobilise les moyens à sa disposition contre ceux qu’elle veut faire taire, notamment l’emprisonnement ; 
- un système carcéral qui viole les droits humains les plus élémentaires. 
Ces violences policières, judiciaires, pénitentiaires sont instituées comme un mode de fonctionnement normal d’États qui se placent au service des puissants et criminalisent les luttes sociales, environnementales et politiques.
 Parce que nous les avons élevés dans des valeurs de vérité, de solidarité, de justice et de liberté, nous, Mères, exigeons justice et liberté pour nos enfants. 

Nous dénonçons : 
- le fait que des États les désignent dorénavant comme des ennemis de la République et de la démocratie et cherchent à les paralyser par l’intimidation ;
- les violences et la répression qui s'exercent à leur encontre ;
- le fait que des États tolèrent l’existence sur leur territoire de groupes fascistes ou néonazis et en garantissent parfois l’impunité.
Face à l’impuissance de la protestation individuelle, nous unissons nos voix pour que l’on entende celles de nos enfants. Nous partageons les combats des autres Mères, en Europe comme partout dans le monde. Nous nous entraidons et nous soutenons mutuellement. 
Nous n’oublions pas, nous ne nous résignons pas : nos cœurs dévastés ne se laissent pas envahir par le silence des cimetières et l’humiliation des prisons. 
Pour nous, Mères, les lieux de détention, les quartiers populaires où sont discriminées les familles issues de l’immigration postcoloniale, les camps de migrants et les centres de rétention où sont humiliés ceux qui fuient la misère, la guerre ou les répressions politiques de leurs pays, seront toujours des espaces de mobilisation. 
Et les anniversaires de la mort de nos enfants viendront toujours nous rappeler l’exigence de la lutte.

Contacts : meres-solidaires@riseup.net  

Video ICI


DES MÈRES SOLIDAIRES CONTRE LA RÉPRESSION D'ÉTAT

vendredi 18 janvier 2019

AU CŒUR DES PRISONS: L’IMPORTANCE DE SOUTENIR LES PRISONNIERS ET LEUR FAMILLE 20 janvier 13-18h Salle Saada

Al Kawthar : Nous organisons en date du 20 Janvier 2019 en Belgique, une rencontre en soutien aux prisonniers et leurs familles. L’objectif est, et reste le même, informer sur les conditions de détentions que subissent les détenus, dénoncer les dérives judiciaires et pénitentiaires, être un soutien pour ces familles qui se retrouvent trop souvent seules, démunis, incompris face à la dureté de cette épreuve.

Avec des intervenants de qualité, cette conférence AU CŒUR DES PRISONS sera pour chacun d’entre nous l’occasion d’avoir un autre regard sur la réalité carcérale, d’entendre ses voix mises sous silences, de comprendre l’importance de ne pas rester inactif face à la souffrance de l’autre et enfin que tous, nous puissions nous unir afin de soulager les éprouvés.

Des prises de paroles conscientes , des témoignages poignants…

Rejoignez nous!!

#AKR
#AlKawthar

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Où ? Salle SAADA Quai de Mariemont 51, 1080 Molenbeek-Saint-Jean, BELGIQUE

Quand ? Dimanche 20 janvier 2019 de 13-18h 

vendredi 14 septembre 2018

Monsieur Tamek, je vous fait part de mon souci concernant le prisonnier Salek Laasairi. Une lettre de Marie-Jo Fressard.



Marie-José Fressard  
                                                  

Gap, 10/9/2018
Solidarité Maroc 05
                                                                                              
Lettre ouverte à Monsieur le Responsable de la délégation générale de l'administration des prisons au Maroc,

Monsieur le  Délégué Général

Je me permets de vous faire part de mon souci concernant le prisonnier Salek Laasairi, détenu à la prison locale d'Aït Meloul ( numéro d'écrou 7533). Il y a trois ans j'ai accepté d'être sa "marraine". J'ai alors découvert sa dramatique histoire : condamné à perpétuité par le tribunal militaire marocain pour un crime qu'il nie toujours avoir commis. Je n'ai pas pu apprendre si des preuves de ce crime ont été produites, ce qui me semblerait normal pour une peine de cette gravité.

Depuis que j'assure son parrainage j'ai pu me rendre compte à quel point cet emprisonnement est un enfer pour lui, prisonnier politique sahraoui. Un enfer qui se dégrade semaine après semaine. Maltraitance physique, cachot, destruction et vol de ses quelques biens, maltraitance de sa famille. Et surtout maltraitance psychologique : diminution voire suppression des quelques instants de téléphone avec sa famille et avec ses amis, seuls instants de bonheur qui lui permettent de ne pas sombrer dans la déprime, voire plus. Malgré tout, lors des rares moments pendant lesquels j'ai pu l'entendre au téléphone, il faisait preuve d'un courage incroyable, éclatant de rire, demandant des nouvelles de ma famille et de ma santé. Ne se plaignant jamais, mais plaignant tous ceux qui souffrent. "Moi, tout va bien".



En 2015, lorsque j'ai commencé à avoir des contacts avec lui, il m'appelait chaque lundi après-midi en lançant un joyeux "Ça va bien, grand-mère ?", question ponctuée d'un sonore éclat de rire. Nous pouvions échanger quelques phrases, difficilement à cause du bruit du parloir. Nous échangions aussi quelques lettres, j’envoyais des cartes et quelques colis. Même s'ils mettaient parfois jusqu'à deux mois pour arriver, ils arrivaient.

Mais progressivement, même ces petits bonheurs lui sont interdits. L'appel du lundi est de plus en plus rare, à peine une fois tous les deux mois et de plus en plus brefs. Ses lettres ne me parviennent plus. Il ne reçoit plus les miennes, ni mes cartes. Mon dernier colis m'a été retourné ; je l'ai renvoyé, il m'est revenu.

Ce comportement odieux de l'administration pénitentiaire n'a rien à voir avec une notion de justice, c'est de la pure discrimination, de la haine de la pire espèce.

Monsieur le Délégué Général vous avez le pouvoir d'exiger de la part du personnel de la prison locale d' Aït Meloul que Salek Laasairi soit traité avec un minimum d'humanité comme l'exigent les Conventions internationales que pourtant le Maroc à signées.

D'avance, pour lui, je vous remercie et vous prie de recevoir, Monsieur le Délégué Général de l'administration des prisons du Maroc, l'expression de ma haute considération.

Marie-José Fressard
Présidente de l'association Solidarité Maroc 05
05000 Gap   France
solidmar05@gmail.com

Copies : Solidarité Maroc 05, APSO, Association des familles et amis des prisonniers,solidmar.blogspot.com

jeudi 8 mars 2018

Depuis 14 ans en prison, Salek Laasairi aura 35 ans la semaine prochaine... Sa "grand-mère" Marie-Jo Fressard lance un appel.


Par Marie-Jo Fressard, 7 mars 2018

Salek aura 35 ans la semaine prochaine. De ces 35 ans de vie, il en a déjà passés 14 en détention. Condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie toujours avoir commis.

En plus de cette terrible sanction, comme chaque prisonnier politique sahraoui en prison marocaine, il endure le mépris, la discrimination, la torture, de nombreuses semaines d’isolation dans un ignoble cachot... Toute cette inhumaine répression pour avoir osé réclamer le respect du droit à l’autodétermination, un droit affirmé dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, statué par l'ONU en 1963, et soutenu par le droit international humanitaire.

Depuis trois ans je suis sa « marraine », mais il préfère m’appeler grand-mère. A travers ses lettres et nos échanges par téléphone, de plus en plus réduits et de plus en plus rares,  j’ai appris à connaître et à apprécier ce géant d’1 m 95 au cœur tendre et au moral d'acier qui rêve, malgré l’horrible avenir qui lui est promis, de vivre « plus tard » avec sa famille qu’il chérit plus que tout, et de rencontrer ses amis. « Ça ne peut pas durer toute la vie, c’est contre nature » m’a-t-il écrit.

Pour le nouvel an je lui ai envoyé un petit colis qui, sans avoir été ouvert m’a été renvoyé de la prison : « Refusé à la réception ». Pour protester j’ai envoyé une lettre ouverte au ministre de la justice et des libertés du Maroc, et j’ai renvoyé le colis… qui m’a encore été retourné.

Mon mot pour lui souhaiter un « bon » anniversaire lui parviendra-t-il ? Des amis tenteront aussi de lui écrire. Une carte avec quelques mots pour lui prouver qu’il n’est pas oublié, sachant que le moindre signe de l’extérieur de la prison lui procure une grande joie.

J’encourage tous ceux qui sont touchés par cette triste et injuste vie –survie- de Salek, à lui envoyer une belle carte avec quelques mots d’amitié. Carte à glisser dans une enveloppe (avec un timbre international), ou mieux pour un envoi à moins de frais, en tarif livre et brochure : ajouter un magazine (il est fana de foot et de beaux paysages), ou un petit livre (il lit mieux l'anglais que le français), ou autre petite chose en papier, mais sans grande valeur marchande pour ne pas tenter d'autres mains ...

Salek Laasairi,
numéro écrou 7533
Prison locale
Aït Meloul 1
Agadir
Maroc

Merci pour lui !

Pour en savoir plus, un chapitre est consacré à Salek  dans le livre de Marie-Jo Fressard : « Drôle d’occupation pour une grand-mère. Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit. »

samedi 3 février 2018

« Le colis refusé », une lettre ouverte de Marie-Jo Fressard au Ministre de la Justice du Maroc




Marie-Jo Fressard
Lettre ouverte au Ministre de la Justice et des Libertés
Administration pénitentiaire et de la réinsertion
Place de la Mamounia,
BP 1015,Rabat, Maroc.
et au Directeur de la prison locale d’Aït Meloul
Agadir, Maroc
Copies au CNDH, à Amnesty International, à l’ACAT, à HRW, à l’ASTHOM, à APSO, à, à l’AMDH, à ATTAC Maroc et France

Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur

Il y a trois ans, l’association Amis du Peuple du Sahara Occidental m’a proposé de devenir « marraine » du prisonnier sahraoui Salek Laasairi. J’ai alors appris qu’en 2015 il a été condamné à réclusion perpétuelle par jugement rendu à la cour militaire, pour un crime qu’il nie toujours avoir commis. Il avait alors 21 ans. Depuis il est transféré de prison en prison. Il est actuellement à la prison locale d’Aït Meloul, avec le numéro d’écrou 7533.

Il n’est pas dans mon propos de critiquer ni d’approuver cette décision de justice, n’ayant jamais eu connaissance de la moindre preuve concernant ce crime.

Mais je veux vous faire part de mon indignation chaque fois que j’apprends que Salek est victime d’atteintes à sa sécurité et son intégrité physique, les tabassages fréquents pouvant aller jusqu’à la torture, le viol, l’horreur de l’abject cachot, mais aussi le saccage ou le vol de ses affaires personnelles, téléphone, contenu de colis reçus, de même que le mépris, la discrimination, les insultes raciales. Salek ne se plaint jamais de quoi que ce soit lorsque nous arrivons à nous téléphoner, au contraire il me dit « Moi, tout va bien, ma famille aussi » avant de me demander des nouvelles des un et des autres. C’est par des associations des droits de l’homme que je suis informée. Les gardiens se montrent particulièrement odieux à son égard parce qu’il est Sahraoui.

Mais comme si ces agressions au quotidien ne suffisaient pas, le personnel pénitentiaire veille à évacuer tout ce qui pourrait apporter à Salek la moindre satisfaction, la moindre parcelle de bonheur, comme son tour au téléphone une fois par semaine à la cabine de la prison, avec sa famille qu’il aime par-dessus tout, et avec ses amis. Un moment heureux qui lui fait un peu oublier l’univers carcéral. Mais ce moment est de plus en plus court, voire réduit à quelques secondes, ou même supprimé. Et s’il proteste il est roué de coups avant d’être jeté au cachot, endroit infect avec la seule compagnie des rats. Des séjours d’isolement qui peuvent durer plusieurs semaines. Il est même arrivé qu’il y soit enfermé jusqu’à un mois et demi. Pour protester il refuse parfois toute nourriture.

Autre petit bonheur qu’il attend avec impatience : les colis que lui envoient à tour de rôle un groupe d’amis. Colis au modeste contenu : vêtements achetés aux fripes, vieux magazines, livres en langue anglaise selon son désir, petits objets sans valeur marchande… Nous savons par expérience que tout objet ayant un petit coût ne lui parvient pas. Chocolat et autres douceurs sont interdits.

Le 29 novembre je lui ai envoyé un de ces colis de pauvre tant attendu. Quelques semaines plus tard il m’est retourné. J’y vois la mention : «  admis en franchise douanière », et aussi écrit à la main : « refusé réception, le 7/12/2017 ». Aucun motif de retour n’a été coché (NPAI, Non réclamé, FD, Refusé, Réexpédié, Adresse incomplète). L’adresse est celle que j’utilise à chaque envoi, sans qu’il n’y ait eu aucun retour. Le colis n’a pas été ouvert. C’est donc la prison qui a refusé à Salek ce petit bout de plaisir ! Le 2 janvier je l’ai renvoyé.

L’ignoble avait déjà été atteint lorsque la mère, la sœur et le frère malade de Salek ont voulu lui rendre visite. Ils avaient économisé pour pouvoir payer ce voyage de 400 kilomètres. Mais non seulement ils ont dû attendre toute la journée sans avoir pu le rencontrer, mais par sadisme, pour les humilier, « trois gardiennes ont obligé  sans ménagement sa mère et sa sœur à se mettre totalement nues, pour des fouilles allant jusqu’à l’exploration vaginale manuelle, avec crachats et insultes à caractère racial. Cette fouille s’est déroulée devant des gardiens hommes qui ont pris des photos, et des visiteurs » (Emsarah.com, 15/1/2016). La ligue pour la protection des prisonniers sahraouis a dénoncé fortement ce harcèlement subi par la famille Laasairi, le considérant comme un acte raciste à l’opposé des affirmations de progrès démocratiques proclamées haut et fort par les autorités marocaines.

Monsieur le Ministre de la Justice et des Libertés, Monsieur le Directeur de la prison locale d’Aït Meloul

Je ne décèle ni souci de « justice », ni espoir de « liberté » dans le cauchemar que vit mon ami Salek. Je m’associe à la peine et la colère des familles des prisonniers détenus sans aucune humanité, sans aucun respect des conventions internationales. Le but de l’emprisonnement ne devrait-il pas être la réinsertion (mention qui fait partie de votre titre), le retour à une vie citoyenne normale, et non la mort à petit feu… ?

Pour Salek et les prisonniers et leurs familles je vous demande, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, de donner des ordres au personnel de la prison locale d’Aït Meloul et des autres prisons du royaume que soient respectés le droit de visites, le droit de téléphoner à ses proches et le droit de recevoir des colis avec l’intégralité de leur contenu.

D’avance et pour eux, je vous remercie,

Marie-José Fressard
Solidarité Maroc 05
05000 Gap
France
8/1/2018


Vous pouvez rencontrer Marie-Jo Fressard à Bruxelles le dimanche 25 février. Au local d'ESG , Rue d’Anderlecht, 30, 1000 Bruxelles de 11.30 – 14.30 h. Elle y sera interviewée par Luk Vervaet sur ses livres : " Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains Ahmed Chahid et Ahmed Chaïb " (Préface : Gilles Perrault, auteur de « Notre ami le Roi » et postface : Khadija Ryadi, lauréate du prix des Nations Unis pour les droits humains), paru chez Antidote publishers et « Drôle d’occupation pour une grand-mère » Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit au Sahara Occidental à travers le parcours de Hassan, Salek et Salah., paru chez Edition APSO.


Evénement Facebook : cliquez ICI 




vendredi 6 octobre 2017

Un nouveau livre de Marie-Jo Fressard, marraine de prisonniers sahraouis, vient de paraître

Marie-Jo Fressard, au centre, avec Khadija Ryadi
 et Luk Vervaet
"Drôle d’occupation pour une grand-mère" le livre de Marie-Jo Fressard sur le Sahara Occidental est paru Edition APSO 

Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit 

L’auteure raconte le conflit du Sahara Occidental à travers le parcours de trois jeunes Sahraouis, Hassan, Salek et Salah. 
Leurs projets, leurs espoirs, leur infinie incarcération - 30 ans, perpétuité… - les longues semaines passées au cachot nauséabond, les séances de torture dont ils sont victimes pour avoir demandé l’autodétermination. 
Marie-Jo Fressard à la Fête de l'Huma 2017

Le livre raconte aussi les 42 ans de lutte courageuse d'un peuple pacifique qui ne demande que la paix, la justice sociale et surtout la liberté de choisir son avenir et de jouir de ses richesses. 
Ce que son colonisateur, le Maroc, lui refuse avec une rare arrogance, en pillant goulument et illégalement toutes les ressources de son pays. 

 

 Pour se le procurer

- Commander à APSO, en écrivant à APSOlument @ yahoo.fr 

Merci de le lire, de le faire lire, de le diffuser afin que l’inacceptable souffrance d’un peuple pacifique ne reste pas dans l’oubli ! 

84p. 8 € 

ISBN 978-2-9552413-2-5



vendredi 27 janvier 2017

Two appeals / Deux appels / Twee oproepen : Stop Prison building ! Construction de nouvelles prisons : Stop ! Stop de bouw van nieuwe gevangenissen (UK January 2017/ France septembre 2016)


UK : Pressure mounts for immediate halt to prison building

POSTED BY RECLAIM JUSTICE NETWORK  JANUARY 26, 2017

The Guardian has today published a letter from the Reclaim Justice Network calling for an immediate halt to the government’s prison building programme. The statement, organised by the Network, has amassed more than fifty signatories from service delivery organisations, professionals, activists and academics.
A public meeting is being organised to discuss to the future of the building programme and the opportunities for building safe and healthy communities instead of prisons. Details of this will be announced shortly. To receive updates, join the Reclaim Justice Network mailing list.

The letter printed in The Guardian can be read below.
Wednesday’s opposition day debate on prisons served to highlight the ongoing crisis in the system. At the same time, the government’s “prison-building revolution” is gathering pace, with plans to expand prison capacity by at least 10,000 places. This appears to be a revival of the “Titan prisons” policy opposed by penal reformers and mothballed in 2009. It should be halted immediately. For example, the new prison recently proposed for the site of HMP Wellingborough will more than treble its capacity to 1,600 and grand claims have been made about the opportunities that this will bring in terms of local jobs and financial investment. These plans are being rushed through without full public scrutiny and democratic debate.
The numbers of people criminalised and sent to prison have already spiralled out of control to a record high. Yet prisons do very little to address the needs of people experiencing harm or violence. Building more prisons is not the answer to the current acknowledged failings of the existing system. Rather than investing £1.3bn in building new prisons, the government should be prioritising policies that radically reduce the number of people in prison. This could include meaningful jobs, social housing, healthcare, education, transport – for all.
We are calling for an immediate moratorium on prison construction and a national debate about how to build a safer society and secure communities instead of continuing with a failed policy of criminal justice expansion. We need to build safe and healthy communities – not prisons.

Tom Kemp Reclaim Justice Network Professor Peter Squires British Society of Criminology Will McMahon Centre for Crime and Justice Studies Deborah Coles Inquest Andy Gregg Race on the Agenda Dr David Scott Open University Kate Paradine Women in Prison Jan Cunliffe Joint Enterprise Not Guilty by Association Jodie Blackstock Justice Dionne Nelson Women’s Resource Centre Chryssy HunterBent Bars Project Kevin Blowe Network for Police Monitoring Professor Phil Scraton Dr Sarah Lamble Birkbeck University Professor Pat Carlen Gina Stokes Anawim WWT Professor Joe Sim Pazuzu Gaylord Action for Trans Health Ian Marder Community of Restorative Researchers Margaret Gardener False Allegations Support Organisation Dennis Eady South Wales against Wrongful Conviction Kushal Sood Trent Centre for Human Rights Annys Darkwa Vision Housing Services Gerry McFlynn Irish Council for Prisoners Overseas

The following list of individuals also signed the letter, but were not listed in the published version by The Guardian:

Zack Ahmed, Priscilla Alderson, Helen Baker, Alana Barton, Jessica Bolton, Mary Bosworth, Louise Broadbent, Helen Brown Coverdale, Laura Carrington, Bevali Carver, Kathryn Chadwick, Mary Corcoran, Julie Costley, Jan Cunliffe, Julie Davies, Claire Davis, Anita De Klerk, Deborah Drake, Karen Evans, Finola Farrant, Andrew Henley, Kate Herrity, Anita Hobson, Hope Humphreys, Lisa Ja’afar, David Jones, Terese Jonsson, Stephanie Kewley, Sophie Lewis, Martine Lignon, Jayne Linney, Maureen Mansfield, Agnieszka Martynowicz, Tammy McGloughlin, Gillian McNaull, J M Moore, Alexandra Phillips, Nat Raha, Rebecca Roberts, Abigail Rowe, Rachel Seoighe, Andrew Sperling, Philippa Thomas, Steve Tombs, Rona Topaz, Luk Vervaet, Martin Wright

France : Construction de nouvelles prisons : une politique qui mène droit dans le mur

Le gouvernement annonce la construction de 10 000 nouvelles places de prison pour l’horizon 2024. Une réponse ambitieuse et audacieuse ? Non, une vieille recette qui a déjà fait la preuve de son inefficacité.
69 375 : c’est le nombre de personnes qui étaient détenues dans les prisons en juillet dernier, la France atteignant ainsi des taux de détention inégalés depuis le 19e siècle. Contraignant 3 à 4 personnes à partager des cellules de 9m2 en maison d’arrêt et autour de 1 500 personnes à dormir chaque nuit sur des matelas posés au sol. Au mépris du principe de l’encellulement individuel et de la dignité des personnes, près de 15 000 personnes sont en « surnombre » et une quarantaine de maisons d’arrêt connaissent un taux d’occupation de plus de 150%.
Pour y remédier, le gouvernement annonce la construction de 10 000 nouvelles places de prison pour l’horizon 2024. Une réponse ambitieuse et audacieuse ? Non, une vieille recette qui a déjà fait la preuve de son inefficacité et que les gouvernements successifs continuent pourtant de nous servir comme la seule solution pragmatique… restant sourds aux résultats de nombreuses études et statistiques qui la pointent au contraire comme inopérante, que ce soit pour endiguer la surpopulation carcérale ou pour réduire la récidive.

Que disent les chiffres ? Que depuis 25 ans, près de 30 000 places de prison ont été construites, un effort immobilier inédit entraînant une hausse de 60 % du parc pénitentiaire. Sans effet cependant sur la surpopulation car dans le même temps, le pays a emprisonné toujours plus et de plus en plus longtemps, sous le coup de politiques pénales essentiellement répressives. Des politiques qui seraient rendues nécessaires par une insécurité grandissante, entend-on dire. Une idée reçue là aussi démentie par la réalité, le taux de criminalité étant globalement stable, les homicides et violences sexuelles ayant même diminué ces dernières années. En France comme ailleurs, la courbe du nombre de personnes détenues n’est pas tant liée à celle de la délinquance qu’aux choix de politiques pénales des gouvernants. Des politiques qui se sont concrétisées dans notre pays par l’allongement de la durée moyenne de détention et par une incarcération massive pour des petits délits, avec une augmentation de plus de 33% du nombre de détenus condamnés à des peines de moins d’un an de prison en cinq ans.
Surtout, construire plus de prisons, ce n’est pas mieux protéger la société. Au contraire. La prison produit ce qu’elle entend combattre : elle aggrave l’ensemble des facteurs de délinquance en fragilisant les liens familiaux, sociaux ou professionnels, favorise les fréquentations criminogènes, et n’offre qu’une prise en charge lacunaire – voire inexistante – face aux nombreuses problématiques rencontrées par la population carcérale en matière d’addiction, de troubles psychiatriques, d’éducation, de logement, d’emploi, etc. Conséquence : 61% des personnes condamnées à une peine de prison ferme sont réincarcérées dans les cinq ans. Des chiffres qui tombent à  34 et 32% pour une peine alternative à la prison comme le travail d’intérêt général ou le sursis avec mise à l’épreuve. Tandis que les moyens manquent cruellement aux personnels et aux structures qui assurent l’accompagnement socio-éducatif et l’hébergement des sortants de prisons et personnes condamnées en milieu ouvert, le gouvernement prévoit d’injecter trois milliards d’euros supplémentaires aux cinq milliards déjà engloutis dans l’accroissement et la sécurisation du parc pénitentiaire en une décennie.

Où s’arrêtera cette fuite en avant carcérale ?

A l’heure où plusieurs de nos voisins européens ferment des prisons, où les Etats-Unis réalisent que l’incarcération de masse les a menés dans une impasse coûteuse et inefficace, la France, elle, fait le choix d’une continuité aux coûts économiques, sociaux et humains exorbitants. Pour lutter efficacement contre l’inflation de la population pénale et carcérale, c’est d’une politique pénale humaniste, ambitieuse et audacieuse, visant à investir massivement dans la prévention, l’accompagnement et le suivi en milieu ouvert, dont notre société a besoin.

Organisations signataires :

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Association national des juges de l’application des peines (ANJAP) , Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP), Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), Ban Public, CASP-ARAPEJ (Centre d’action sociale protestant – Association réflexion action prison et justice), CGT-Insertion Probation, Citoyens et Justice, Emmaüs-France, Genepi, Ligue des droits de l’homme (LDH), Observatoire international des prisons, section-française (OIP-SF), Prison Insider, Secours catholique, Syndicat des Avocats de France (SAF), SNEPAP-FSU, Socapsyleg, Syndicat de la magistrature (SM)

mercredi 20 novembre 2013

"Des prisons surpeuplées... partout", par Bruno des Baumettes


SOURCE
Les vrais chiffres des prisons
Au 1er septembre 2013, la France dispose de 57 473 places dans 190 établissements pénitentiaires ; 67 088 personnes y sont incarcérées (dont 715 mineurs) pour une durée moyenne de 9,9 mois.


En outre, 11 226 personnes sont placées sous surveillance électronique ou “condamnées en placement extérieur”. Plus de 40 000 aménagements de peine ont été accordés en 2012 (plus 13 % en un an).

En 2011, 73 116 mineurs ont été jugés ; 8,4 % des condamnés (toutes peines confondues) avaient moins de 18 ans. Le taux de détention est de 101 personnes pour 100 000 habitants. (Source : Valeurs actuelles - 21/10/13)



Bond record de la surpopulation carcérale
Le nombre de détenus en France a fait un saut de +0,9% au 1er juillet pour atteindre 68 569 personnes incarcérées. C'est en un mois la moitié de la hausse des douze derniers mois. 

Lire la suite : L'Express (24/07/13)

Jean-Marie Delarue:

"Pour assurer la sécurité publique, les prisons ne doivent pas être surpeuplées"

Lire la suite : 20 Minutes (09/09/13)


François Bès, coordinateur de l'OIP :

"La loi incarcère plus de monde"

Lire la suite : France Info (21/10/13)



Surpopulation/Prisons:"forme de torture" 

La surpopulation dans les prisons s'apparente à une forme de mauvais traitement, voire de "torture", a estimé aujourd'hui le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Juan Mendez. "Le recours excessif à l'emprisonnement est une des principales raisons de la surpopulation carcérale, qui débouche sur des conditions s'apparentant à des mauvais traitements, ou même une forme de torture", a-t-il affirmé en présentant son dernier rapport devant l'Assemblée générale de l'ONU. (Lire la suite : Le Figaro/AFP 22/10/13)


Lien vers : http://www.paris-normandie.fr/article/actualites/trop-de-detenus-en-prisonPrisons surpeuplées : certains parquets reportent des incarcérations

A lire dans :
Le parisien (28/09/13)

Lien vers : http://www.paris-normandie.fr/article/actualites/trop-de-detenus-en-prison
Chartres. Trois malfaiteurs relâchés faute de place en prison

A lire dans :
Ouest-France (04/08/13)
 
Bond record de la surpopulation carcérale
Le nombre de détenus en France a fait un saut de +0,9% au 1er juillet pour atteindre 68 569 personnes incarcérées. C'est en un mois la moitié de la hausse des douze derniers mois. 
Libération du 18/06/13

DANS LA MÊME SERIE A LIRE AUSSI :

Grand Sud : les prisons sont pleines : Des prisons toujours surpeuplées, et des personnels de plus en plus démotivés... Lire la suite : La Dépêche du midi (28/10/13)

Surpopulation dénoncées dans les prisons de Rennes et de Brest
Prison de Rennes-Vezin : "quatre-vingts détenus sont hébergés à même le sol !"
A lire et visionner sur FR3 Bretagne (19/10/13)


Lien vers : http://www.paris-normandie.fr/article/actualites/trop-de-detenus-en-prison
Trop de détenus 
en prison en Haute-Normandie

A lire dans :
Paris Normandie (30/07/13)


Prisons en Limousin :
" Nous manquons de moyens, cela devient dramatique "

A lire dans :
Le Populaire (31/07/13)


Lien vers : http://www.linfo.re/531975-La-population-carcerale-en-hausse-de-8-a-La-Reunion
La population carcérale
en hausse de 8% à La Réunion

A lire dans :
Linfo-Réunion (12/08/13)


Lien vers : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Prison-de-Pl%C5%93meur.-La-surpopulation-atteint-un-record_40811-2219621------56121-aud_actu.Htm
Prison de Plœmeur.
La surpopulation atteint un record

A lire dans :
Ouest France (12/08/13)


Et c'est pas qu'en France !

En Belgique  :
Huy : le bourgmestre prend un arrêté pour limiter la surpopulation à la prison

A lire dans :
La Meuse (30/07/13)

Commentaire personnel, de Marseille : Allons ! Monsieur Gaudin, faites un geste vous aussi pour les détenus des Baumettes ! C'est qui y fait 35° (à l'ombre)

lien vers : http://www.24heures.ch/vaud-regions/Les-zones-carcerales-debordent-comme-jamais/story/13810123En Suisse : 
Vaud : Les prisons du canton débordent comme jamais

A lire dans :
24 heures (02/10/13)


(Post édité le 13/08/13 - Mis à jour le 25/10/13)

samedi 16 novembre 2013

"Ouvrez des prisons, vous fermerez des écoles !" par Bruno des Baumettes


SOURCE

Pendant qu'en Suède et aux Pays-bas, on ferme des prisons, en France on les élargit.




Aux Baumettes, Taubira met de l'humain dans sa truelle
La garde des sceaux Christiane Taubira est venue poser la première pierre de Baumettes II. 573 places supplémentaires vont être créées... Lire l'article : MarsActu (14/11/13) 

***

Faute de détenus, Suède et Pays-Bas ferment des prisons
Alors que la France se débat avec un nombre de plus en plus important de détenus (un nouveau record a été atteint en juillet, avec 68 569 personnes incarcérées, avec un taux d'occupation moyen des établissements de 120% ) la Suède et les Pays-Bas font le chemin inverse, en fermant plusieurs établissements pénitentiaires... faute de détenus
Lire l'article : FranceTVinfo (11/11/13)

Victor Hugo aurait dit :  « Ouvrez une école et vous fermerez une prison !»
C'est bien le contraire que l'on fait aujourd'hui dans notre République...
Mais, diront les fins économistes : construire des Prisons ça donne du travail.
Certes, certes...


En France, quand le bâtiment va, tout va.


Au moins, ils auront un toit où dormir...

Autres liens : 
FaceBook : Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons...
Chaos Contrôlé (02/07/13) : Victor Hugo a dit: "Ouvrir une école, c'est fermer une prison" , aux Etats-Unis on fait le contraire !
Des hommes, des prisons et des camps (14/08/12) : « Ouvrir une école, c’est fermer une prison »

lundi 16 septembre 2013

Bruno des Baumettes : "Les Baumettes, une prison en France en 2013 !"


 
'Incertitudes ô mes délices
Tout les deux nous nous en allons
Comme s'en vont les écrevisses
A reculons à reculons"

Guillaume Apollinaire - Les écrevisses.

Aux Baumettes, Rien de plus...

Voici le témoignage sur Facebook de Nadine compagne d'un détenu incarcéré aux baumettes :

"Cet après-midi j'écris a monsieur Delarue. Ils l'ont changé de cellule ; avec son codétenu, ils se retrouvent dans une cellule où y a pas de lumière ni de prise, les fils sont dénudés - ils attendent qu'ils s'électrocutent ? -. Pas de câble d'antenne pour la télé et moi je suis quoi ??? Je paye pour qui la télé !

"C'est bon, là j'en ai marre !"

"Et encore un maton voulait les mettre dans une cellule qui avait pris feu ! Les murs, du sol au plafond, tout noirs ! Même les animaux à la Spa sont mieux traités qu'eux...
"Leurs draps sont changés toutes les trois semaines. Et puis, il y a l'état des cellules ainsi que les rats et les cafard (que bien sûr j'ai pris en photo...).
(Image d'archive © G. Korganow pour le CGLPL)

"De toute façon, j'ai écrit à la Ministre de la Justice et à l'Inspecteur général de lieux de privations et de liberté. Là, j'en ai marre, aux Baumettes rien ne va plus..."

Répnse de Bruno des Baumettes à Nadine  : 'Ah, parce que jamais, à un moment, ça était mieux ? ou alors ya longtemps !'

(Via Facebook - le 13/09/13)
 
Extrait des courriers adressés par Nadine B. à ChristianeTaubira, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux et à Jean-Marie Delarue, Contrôleur général des Lieux de privation de liberté.
Marseille, le 13 septembre 2013

Madame, Monsieur

Je viens vers vous vous êtes mon dernier espoir. Mon mari est incarcéré à la prison des Baumettes depuis septembre 2012. C'est un homme malade. Il souffre d'ostéoporose sévère non soignée. Il a une prothèse totale des hanches et des genoux fracturés au niveau de la rotule. Il a déjà été opéré 2 fois. Il souffre aussi de depression depuis 2007.

Avec tout ces problèmes de santé, il ne peut pas monter et descendre correctement les escaliers. Au début de son incarcération il était au 4ième étage. Il descendait que pour les parloirs. ensuite ils l'ont descendu au 2ième, sur sa demande. Ca allait mieux. Et là, maintenant, sans savoir pourquoi ni comment on le remonte au 4ième étage.

Et là, la surprise est de taille. Dans sa nouvelle cellule, n'y a pas de lumière. Les fils sont dénudés. Il n'y a pas de télé non plus, alors que je paye quand même celle-ci (il manque un câble). Je ne pense pas que ce soit bon pour un dépréssif de vivre comme ça.

Sans compter les cafards et les rats qui courent dans les coursives. On ne sait plus si ce sont des rats ou des chats tellement ils sont gros et gras. Je vous adresse aussi une photo d'un cafard que j'ai prise devant la borne des parloirs...

Il a attrapé un bouton en dessous du menton tellement qu'il a été creusé par le pu, qu'il a une grosse marque. Il faudra montrer ça à un médecin en sortant. Moi-même, lorsque je vais le voir je me fais piquer. J'ai toujours des boutons sur les bras.

Les parloirs, parlons-en. Les box des parloirs sont insalubres, ils sont sales, ils sentent mauvais. Il y a des traces d'humidité dans tous les coins par terre. On ne peut plus rentrer sa bouteille d'eau, mon époux m'en a porté une qu'il avait rempli au robinet. J'ai eu une intoxication.Je suis restée deux jours au lit. Etant allergique et ayant de l'asthme ça n'arrange rien a ma santé.
(Parloirs aux Baumettes)

Il est inadmissible de laisser des détenus dans de telles conditions de saletés d'insalubrité. Après on nous parle de réinsertion... comment se réinsérer quand on sort de là, au bout de quelques années ?

Nous avons fait une demande de mise en liberté qui nous a été refusée car ça ne faisait pas un an qu'il était incarcéré (c'était au mois de juillet). D'autres ont fait pire que lui et sont dehors. Je ne comprends pas le fonctionnement de la Justice.

Je vous prie d'accepter, Madame, Monsieur, mes sincère salutations

Nadine X.

[Nadine a demandé àconserver son anonymat : "Aux Baumettes, je ne veux pas que mon époux soit inquieté", conlut-elle.
Rénovation des Baumettes : le pas de l'écrevisse
Des travaux qui avancent... à petits pas
Les Baumettes sont en 'rénovation' ! Toute la presse en a fait écho... mais à quel rythme avancent-ils, ces foutus travaux ?
Voici ce que j'écrivais dans mon journal, il y a un an déjà (le 12 septembre 2012)...
Je contemple les huit mètres carrés de ma nouvelle cellule . Je digère à peine à présent le choc qui a été le mien lorsque l'autre jour j'y pénétrai la première fois.
Seulement maintenant, j'ose tenter de la décrire. Tout y est vétuste et mal en point.
Les murs sont enduits d'une vieille peinture au plomb, recouverte de graffitis : des noms, des dates, des villes, des bouts de phrases volées, des injures aussi. Les murs sont une bibliothèque où on peut tenter de déchiffrer les heurs et malheurs de ceux qui nous ont précédés.
Dès l'entrée trônent les chiottes, pour peu : on marcherait dedans. Dans la cellule – comme dans la plupart des cellules du bâtiment A -, il n'y a aucune cloison d'intimité qui sépare les toilettes du reste. Il n'y a jamais plus d'un mètre entre nous : que l'on pisse ou que l'on pète.
Des peaux d'orange séchées adoucissent les mœurs : elle nous servent d'encens, on les conserve dans un petit pot en fer blanc qui fait office de brûle-parfum. Lorsqu'il s'agit de chier, nous allumons l'écorce qui, bien séchée, brûle comme de l'amadou et parfume agréablement la pièce à vivre, camouflant ainsi nos odeurs...
Lire la page : Vues d'Intérieur -Chapitre 1
Madame la Ministre, Monsieur le Contrôleur général des prisons... aux Baumettes, il y a encore beaucoup à faire pour que soit respectée la dignité des personnes incarcérées !
Et si ça ne va pas assez vite, le conjoint de Nadine pourra toujours demander une condamnation de l'Etat... mais pour bien faire, il devra amener avec lui, devant le Tribunal administratif, quelques cafards et, pourquoi pas ? un rat des Baumettes... ça lui fera prendre l'air à l'animal !
Rénovation des Baumettes : le pas de l'écrevisse
Rénovation des Baumettes : le pas de l'écrevisse
Rénovation des Baumettes : le pas de l'écrevisse