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mardi 14 mars 2023

SAMIDOUN : Campagne internationale pour libérer les corps des martyrs palestiniens ! Nous soutenons !


 Plus de 120 organisations soutiennent la Campagne internationale pour libérer les corps des martyrs palestiniens

Plus de 120 organisations dans le monde soutiennent la campagne internationale pour la libération des corps des martyrs palestiniens et la semaine d’action du 11 au 18 mars 2023. Des partis politiques, des syndicats, des mouvements palestiniens, des collectifs de solidarité, des organisations anti-impérialistes et des coalitions anti-guerre se sont rassemblés pour soutenir les familles palestiniennes qui demandent la libération des corps de leurs proches, détenus depuis des années, voire des décennies, par l’occupation israélienne.

LIRE ICI 



vendredi 29 juin 2018

"Familles de prisonniers pour la justice - Belgique"" parmi les 220 organisations réclamant la libération immédiate de Khalida Jarrar (français, English)

 (fr) Plus de 220 organisations se sont unies pour demander la libération immédiate de Khalida Jarrar, féministe palestinienne et parlementaire de gauche emprisonnée. Jarrar, l'un des principaux défenseurs des droits des prisonniers palestiniens, a été emprisonnée sans inculpation ni jugement sous le régime de la détention administrative israélienne pendant près d'un an.

Les organisations qui ont exprimé leur soutien à la liberté de Jarrar comprennent des partis politiques, des groupes féministes, des groupes de solidarité avec la Palestine et de la communauté palestinienne, pour la justice indigène, pour l'abolition des prisons, des organisations de défense des droits de l'homme etc. de plus de 20 pays.

Jarrar a été emprisonnée depuis le 2 juillet 2017, lorsqu'elle a été arrêtée lors d'une descente de nuit à son domicile à El-Bireh par les forces d'occupation israéliennes. Le 14 juin 2018, elle a été informée que sa détention serait prolongée de quatre mois supplémentaires, une peine qui devrait être confirmée par un tribunal militaire israélien le 2 juillet 2018.

Nous appelons à des journées d'action pour la libération de Khalida Jarrar entre le 30 juin et le 2 juillet. Il est plus important que jamais que nos voix soient entendues et que nos actions soient visibles. Des manifestations sont déjà organisées à New York et ailleurs dans le monde. Vous pouvez télécharger des dépliants, du matériel et des pétitions pour rejoindre la campagne ici: http://samidoun.net/2018/06/take-action-to-free-khalida-jarrar-june-30-july-2-organize-for -liberté/

Vous êtes invités à ajouter le nom de votre organisation à la déclaration suivante pour demander la libération de la dirigeante palestinienne emprisonnée Khalida Jarrar ! Nous continuerons de mettre à jour cette déclaration et de la rediffuser avec d'autres signataires. Pour la signer, veuillez utiliser le formulaire ou envoyer un courriel à samidoun@samidoun.net avec le nom de votre groupe.

Liberté pour Khalida Jarrar !
Arrêt de la détention administrative !

Nous, les organisations signataires, nous nous associons afin de réclamer la mise en liberté de la dirigeante politique palestinienne Khalida Jarrar, personnalité de gauche, féministe, avocate des droits des prisonniers et membre du Conseil législatif palestinien. Elle est emprisonnée sans accusation ni procès depuis juillet 2017 – et, cette fois, l'occupation militaire israélienne vient de décider que sa détention serait prolongée de quatre mois supplémentaires.

Le 2 juillet 2017, avant l'aube, les militaires de l'occupation israélienne ont fait irruption au domicile de Khalida Jarrar. Peu après, elle a fait l'objet d'une ordonnance de détention administrative, c'est-à-dire d'un emprisonnement sans accusation ni procès. Khalida Jarrar est l'une des quelque 450 Palestiniens emprisonnés en détention administrative, un vestige du Mandat colonial britannique repris par l'occupation israélienne pour incarcérer des milliers de membres et de dirigeants politiques de la communauté palestinienne. Actuellement, quelque 6 100 Palestiniens dont détenus dans les prisons israéliennes.

En décembre 2017, sa détention a été prolongée de six nouveaux mois. Et, cette fois, une autre ordonnance militaire déclare qu'elle sera emprisonnée durant quatre mois supplémentaires. Les ordonnances de détention administrative peuvent être émises pour six mois à la fois et elles sont renouvelables à l'infini. Sous le coup de ces ordonnances, des Palestiniens peuvent passer des années en prison d'un seul tenant et ils ignorent quand ils pourraient être libérés, en admettant qu'ils le soient un jour.

Comme le fait remarquer Addameer, « cette pratique de la détention arbitraire constitue une violation grave des lois internationales et des normes des droits de l'homme, tout particulièrement des articles 78 et 72 de la Quatrième Convention de Genève, qui stipule que toute personne accusée a le droit de se défendre. Cette pratique enfreint également l'article 66 de cette même Quatrième Convention de Genève ainsi que les règles fondamentales d'un procès équitable ».

Le 2 juillet, une session du tribunal militaire israélien est prévue afin d'approuver l'ordonnance de détention. Jarrar, à l'instar de tous les détenus administratifs, a boycotté ces séances depuis février, puisqu'elles ne sont que des sessions d'approbation utilisées comme façades pour « cautionner » l'emprisonnement arbitraire des Palestiniens.

Khalida Jarrar est une dirigeante politique palestinienne représentant le Bloc Abu Ali Mustafa, allié au Front populaire (de gauche) de libération de la Palestine au sein du Conseil législatif palestinien. Elle dirige fréquemment et activement des manifestations et des actions populaires pour la liberté de la Palestine, en sa qualité d'avocate de longue date des prisonniers palestiniens et d'ancienne directrice exécutive d'Addameer (association de soutien aux prisonniers et des droits de l'homme), au sein de laquelle elle fait toujours partie du conseil de direction. Elle est également présidente du Comité des prisonniers du Conseil législatif palestinien.

Khalida Jarrar est également active au sein du mouvement des femmes palestiniennes depuis l'époque où elle était étudiante à l'université et où, en compagnie d'autres étudiantes, elle organisait l'opposition à l'occupation. Elle est également une organisatrice en vue des événements de la Journée internationale des femmes en Palestine, en étroite coordination avec d'autres organisations des femmes palestiniennes. « Les femmes palestiniennes sont des partenaires à part entière de la lutte palestinienne », insiste-t-elle.

Khalida Jarrar est profondément engagée dans le combat visant à réclamer devant la Cour pénale internationale des comptes aux dirigeants israéliens responsables de crimes de guerre. Elle est membre d'une commission palestinienne chargée de transmettre à la cour internationale plaintes et dossiers sur les incessants crimes israéliens contre le peuple palestinien, depuis les attaques contre Gaza, la confiscation de terres, la construction de colonies illégales, jusqu'aux arrestations et emprisonnements de masse.

Depuis 1998, il lui est interdit de voyager en dehors de la Palestine occupée. En 2010, lorsqu'elle a eu besoin d'un traitement médical en Jordanie, elle a dû lutter pendant des mois dans une campagne publique avant de recevoir enfin une autorisation de sortie. En 2014, l'occupation israélienne a tenté de la chasser de force de son domicile à Jéricho et, en 2015, elle a été arrêtée et emprisonnée pendant 14 mois en raison de ses activités politiques.

La prolongation de la détention administrative de Khalida Jarrar constitue une tentative d'éliminer une dirigeante efficace et populaire du mouvement national palestinien. Particulièrement en ce moment, alors que les gens descendent dans les rues un peu partout en Palestine occupée et que des milliers d'entre eux manifestent à Gaza dans le cadre de la Grande Marche du Retour, les dirigeants de son calibre sont les cibles des arrestations et des emprisonnements dans une tentative de désamorcer le combat palestinien.

Khalida Jarrar est visée en tant que dirigeante palestinienne, en tant que voix palestinienne pour la justice et en tant que femme palestinienne active. Son emprisonnement constitue une attaque de plus de l'État colonial israélien contre le peuple palestinien en lutte pour la liberté, et la détention administrative ainsi que l'emprisonnement massif de Palestiniens sont deux des armes utilisées par Israël dans ses tentatives de briser le mouvement palestinien de libération.

Nous nous associons aujourd'hui pour réclamer la libération immédiate de Khalida Jarrar, la fin de la politique et pratique de la détention administrative, et la libération des prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël. Nous nous engageons à lutter pour la justice au cours de manifestations, d'actions, en organisant et en intensifiant les actions BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël, dans l'esprit de résistance même de Khalida Jarrar.

(Engl) 
Over 200 organizations have joined together to call for the immediate release of Khalida Jarrar, the imprisoned Palestinian feminist, leftist parliamentarian. Jarrar, a leading advocate for Palestinian prisoners’ rights, has been jailed without charge or trial under Israeli administrative detention for nearly a year.

The organizations who have expressed their support for Jarrar’s freedom include political parties, feminist groups, Palestinian community and Palestine solidarity groups, Indigenous justice, prison abolition and prison justice organizations, human rights organizations, legal groups and more from over 20 countries.

Jarrar has been jailed since 2 July 2017, when she was seized in a night raid on her home in El-Bireh by Israeli occupation forces.  On 14 June 2018, she was informed that her detention would be extended for another four months, a sentence that is scheduled to be confirmed in an Israeli military court on 2 July 2018.

We are calling for days of action for the freedom of Khalida Jarrar between 30 June and 2 July. It is more important than ever that our voices are heard and our actions are visible. Protests are already being organized in New York and elsewhere around the world. You can download flyers, materials and visit petitions to join the campaign here: http://samidoun.net/2018/06/take-action-to-free-khalida-jarrar-june-30-july-2-organize-for-freedom/

You are invited to add your organization’s name to the following statement to demand freedom for imprisoned Palestinian leader Khalida Jarrar! We will continue to update this statement and re-release with additional signatories. To endorse, please use the form or email samidoun@samidoun.net with your group’s name.

Freedom for Khalida Jarrar! End administrative detention!

We, the undersigned organizations, come together to demand freedom for Palestinian political leader Khalida Jarrar, prominent leftist, feminist, prisoners’ rights advocate and member of the Palestinian Leslative Council. She has been imprisoned without charge and without trial since July 2017 – and now the Israeli military occupation has declared that her imprisonment will be extended for an additional four months.

On July 2, 2017, Khalida Jarrar’s home was raided by Israeli occupation soldiers in a pre-dawn raid. She was ordered shortly thereafter to administrative detention, imprisonment without charge or trial. She is one of approximately 450 Palestinians held under administrative detention, a relic of the British colonial mandate that has been used by the Israeli occupation to jail thousands of Palestinian community and political leaders, and one of approximately 6,100 Palestinian prisoners in Israeli jails.

In December 2017, her detention was renewed for another six months. Now, another military order declares that she will be imprisoned for four more months. Administrative detention orders can be issued for up to six months at a time and are indefinitely renewable. Palestinians can spend years at a time jailed under these orders, never knowing when they could be released, if ever.

As Addameer notes, “This practice of arbitrary detention is a grave violation of international laws and human rights standards, particularly articles 78 and 72 of the Fourth Geneva Convention which state that an accused individual has the right to defend him/herself. This also violates Article 66 of the Fourth Geneva Convention and the basic standards of fair trial.”

On July 2, an Israeli military court is scheduled to approve the detention order. Jarrar, like all administrative detainees, has boycotted these hearings since February, as they are mere rubber-stamp sessions used as a fig leaf to “legitimize” the arbitrary imprisonment of Palestinians.

Jarrar is a Palestinian political leader, representing the Abu Ali Mustafa Bloc, allied with the leftist Popular Front for the Liberation of Palestine, in the Palestinian Legislative Council. She is a frequent leader and participant in demonstrations and popular actions for Palestinian freedom, a a long-time Palestinian political prisoners’ advocate and former executive director of Addameer Prisoner Support and Human Rights Association and now a member of its board, and chair of the Prisoners’ Committee of the Palestinian Legislative Council.

She has also been active in the Palestinian women’s movement since her earliest days as a university student organizing with other female students to challenge the occupation. She is a leading organizer of International Women’s Day events in Palestine and coordinates closely with Palestinian women’s organizations. “Palestinian women are full partners in the Palestinian struggle,” she emphasizes.

Khalida Jarrar is heavily involved in the fight to hold Israeli officials accountable for war crimes in the International Criminal Court. She is a member of a Palestinian commission charged with bringing complaints and files before the international court about ongoing Israeli crimes against the Palestinian people, from attacks on Gaza to land confiscation and settlement construction to mass arrests and imprisonment.

Since 1998, she has been forbidden to travel outside occupied Palestine. When she needed medical treatment in Jordan in 2010, she struggled for months in a public campaign before finally receiving it. The Israeli occupation attempted to forcibly displace her from her home to Jericho in 2014, and in 2015, arrested and jailed her 14 months for her political activities.

The extended administrative detention of Khalida Jarrar is an attempt to remove an effective, grassroots leader from the Palestinian national movement. Especially now, when people are taking to the streets throughout occupied Palestine and thousands are marching in Gaza for the Great Return March, leaders like her are targeted for arrest and imprisonment in an attempt to defuse the Palestinian struggle.

Khalida Jarrar is being targeted as a Palestinian leader, a Palestinian voice for justice, and an active Palestinian woman. Her imprisonment is yet another attack by the Israeli colonial state against the Palestinian people struggling for freedom, and administrative detention and the mass imprisonment of Palestinians are two of the weapons used in an attempt to break the Palestinian liberation movement.

We come together today to demand the immediate release of Khalida Jarrar, an end to the policy and practice of administrative detention and freedom for Palestinian political prisoners in Israeli jails. We pledge to struggle for justice through protests, actions, organizing and escalating boycott, divestment and sanctions (BDS) actions against Israel, in Khalida’s own spirit of resistance.


Signataires :

Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Al-Awda NY, the Palestine Right to Return Coalition
Action Antifasciste NP2C
Actions4Palestine
Alkarama Movement of Palestinian Women
Al-Quds Day Committee of New York
American Muslims for Palestine – NY/NJ
American Party of Labor
Anticapitalistas
Anti-Imperialist Action Ireland
ArbeiterInnenmacht (Germany)
Arbeiter*innenstandpunkt (Austria)
Association Belgo-Palestinienne
Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
Association for Protection of Democratic Rights (APDR), India
AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité 63)
AFPS 59/62
AFPS Alès-Cévennes
Associazione Amicizia Sardegna Palestina
Assopace Palestina – Italy
ATIK – Confederation of Workers from Turkey in Europe
Balfour Declaration Centenary Campaign
BDS Berlin
BDS France Saint-Étienne
BDS Turkey
BDS UChile (Universidad de Chile)
BDS Vancouver-Coast Salish
BDS Zürich
Belgian Academic and Cultural Boycott of Israel (BACBI)
Black Alliance for Peace
Boycott! Supporting the Palestinian BDS Call from Within (aka Boycott from Within – Israeli citizens for BDS)
Bruxelles Panthéres
Cafe Palestina of the Southern Berkshires
California Coalition for Women Prisoners
Campagne BDS France
Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibahim Abdallah (Paris)
Campaign to Boycott Supporters of “Israel” in Lebanon
Campaign to Free Ahmad Sa’adat
Canada Palestine Association
Canadian BDS Coalition
Canadian Friends of Sabeel
Centre de la Communauté Démocratique Kurde de Toulouse
Coalition for Justice – Blacksburg
CODEPINK – Women for Peace
Colectivo Contraimpunidad
Collectif de Soutien à la Résistance Palestinienne 59-62
Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine
Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah
Colletivo Palestina Rossa
Comité Internacional Paz,Justicia y Dignidad a los Pueblos
Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie
Comité Poitevin Palestine
Committee to Stop FBI Repression – National
Committee to Stop FBI Repression – NY
Committees for a Democratic Palestine – Europe
Communist Party, Sweden
Coordinamento di Solidarietà con la Palestina – Sicilia
Corsica Internaziunalista
Corvallis Palestine Solidarity
Coup Pour Coup 31
Dun Padraig Friends of Palestine
Eye On Palestine Arts and Film Festival
Familles de prisonniers pour la Justice – Belgique
Femmes en lutte 93
F.O.R. Palestine (Berlin)
Free Gaza Movement
Free Palestine Movement
Freedom Archives
Freedom Road Socialist Organization
Friends of Sabeel North America
Frihet åt Ahed Tamimi Göteborg
Fronte Palestina
General Union of Palestine Students (GUPS Aix-Marseille)
General Union of Palestine Students (GUPS France)
Gents Actieplatform Palestina
Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space
Greek Front of Resistance and Solidarity with Palestine “Ghassan Kanafani”
Green Mountain Solidarity with Palestine
Greenville for Gaza
Handala Center for Prisoners and Former Prisoners – Palestine
Harakat Shaab – Lebanon
HDP (Peoples’ Democratic Party) Central Women’s Assembly
Hilombé Solidaridad
Human Rights Defenders
Independent Jewish Voices – Canada
Indivisible Midlands
Inminds Human Rights Group
intal
International Action Center
International Association of Democratic Lawyers
International Concerned Family and Friends of Mumia Abu-Jamal
International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN) Spain
International Jewish Anti-Zionist Network – Canada
International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
International Red Help
International Women’s Alliance
Internationalt Forum – Denmark
Invictapalestina – Documentation Center
Ireland-Palestine Solidarity Campaign
Irish Republican Prisoners Welfare Association (IRPWA)
Irish Socialist Republicans
ISM France
Izquierda Unida – Spain
Jacksonville Community Action Committee
Jacksonville Palestine Solidarity Network
Jericho Movement – National
Jericho Movement – New York City
Jersey City Peace Movement
Jeune Garde Lyon
Jeunes Révolutionnaires Genève
Jeunes Révolutionnaires Vaud
Jewish Liberation Theology Institute
Jewish Voice for Peace (JVP)
Jewish Women for Justice in Israel/ Palestine
Jews for Palestinian Right of Return
Justice For Palestinians, Calgary
Justice for Palestinians – San Jose
Karapatan Alliance for the Advancement of People’s Rights – Philippines
Katie Miranda Studios
Kia Ora Gaza (New Zealand)
Kickapoo Peace Circle
LA4Palestine
Labor for Palestine
La Voix des Prisonnier.ère.s Politiques de Turquie et Kurdistan
Le Collectif Rouge Internationaliste pour la libération des prisonniers révolutionnaires (Paris)
Le Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple marocain (Paris)
League for the Fifth International
Liga Argentina por los Derechos del Hombre
Links Ecologisch Forum/Forum Gauche Ecologie – LEF-FGE
Libérons-les
London Palestine Action
Manchester Palestine Action
Mouvement Citoyens Palestine
National Campaign to Free Georges Abdallah – Lebanon
National Coalition to Protect Student Privacy
National Lawyers Guild International Committee
National Lawyers Guild- Massachusetts Chapter
New Orleans Workers Group
Newry Palestinian Support Group
NION (Not In Our Name)
No One Is Illegal – Vancouver Coast Salish Territories
NY4Palestine
NYU Disorientation Guide
NYU Jewish Voice for Peace
NZ Palestine Solidarity Network
Palestine Democratic Forum
Palestine International Network – Lebanon
Palestine Solidarity Committee – Austin, TX
Palestine Solidarity Network – Edmonton
Palestinian Child and Youth Institute (PCYI)
Palestinian Cultural Club – American University of Beirut
Palestinian Cultural Club – Beirut
Palestinian Progressive Student Bloc
Palestinian Refugee Portal
Palbox
Palestina Toma La Calle
Palestinian Youth Movement – USA
Partido Comunista de España
Party for Socialism and Liberation
Paz con Dignidad
People Power Assembly Queens
People’s Power Assembly
Pittsburgh Palestine Solidarity Committee
Plate-Forme Charleroi-Palestine
Popular Resistance
Progetto Palestina
Progressive Palestinian Youth Union
Progressive Scouts Group – Gaza
Progressive Student Labor Front (Palestine)
Project South
RAGE – Réseau d’Agitation Genève
Release Aging People in Prison/RAPP
Republican Network for Unity
Revolutionary Socialist Movement (Pakistan)
REVOLUTION (youth movement)
Right of Return Coalition – Baddawi Camp, Lebanon (composed of 22 organizations)
Saoradh
Scottish Palestine Solidarity Campaign
Secours Rouge Belgique / Red Help Belgium
Sheffield Hallam Palestine Society
Sheffield Labour Friends of Palestine
Sheffield Labour Students
Sodepaz Euskadi
Solidarity with Palestine St. John’s
Students Against Israeli Apartheid at York University
Students for Justice in Palestine – CCNY
Students for Justice in Palestine – College of Staten Island
Students for Justice in Palestine – Houston
Students for Justice in Palestine – NYU
Students for Justice in Palestine – Temple University
Students for Justice in Palestine at University of South Carolina
Syria Solidarity Movement
Taqadomy Media Team
TJA (Tevgera Jinên Azad)  – Free Women Movement
The Bronx Green Party
The Palestine Project
The Red Nation
Toronto BDS Action
UNADIKUM Association
United National Antiwar Campaign (UNAC)
Union of Palestinian Communities and Institutions – Europe
Unión de Juventudes Comunistas de España
Unione Democratica Arabe Palestina (UDAP)
Union juive française pour la paix (UJFP)
United for Palestine Toronto/GTA
University of Leeds – Palestine Solidarity Group
University of Sheffield Palestine Society
UGEP (Unión General de Estudiantes Palestinos Chile)
US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (USACBI)
US Palestinian Community Network (USPCN)
Vermonters for Justice in Palestine
Victoria Coalition against Israeli Apartheid
Vrede vzw
WESPAC Foundation
Within Our Lifetime • United for Palestine
Women Against Military Madness
Women In Solidarity With Palestine
Women for Women’s Humans Rights – New Ways
Women’s Solidarity Foundation (KADAV)-Turkey
Workers World Party
Young Democratic Socialists – University of South Carolina

(Engl) 

mercredi 7 juin 2017

Les familles de prisonniers palestiniens attaquées pendant leurs visites ! Palestinian prisoners and their relatives assaulted by Israeli forces during visit !

Sans doute vexé d’avoir dû concéder une deuxième visite familiale aux prisonniers palestiniens après leur grève de la faim, Israël se met attaquer les familles de prisonniers lors de leurs visites !

A la prison d’Eshel dans le Neguev, ce lundi, les gardiens ont frappé les prisonniers et leurs familles avec des bâtons, et les ont aspergé de gaz lacrymogènes.

Le père du prisonnier palestinien Omar al-Sharif, qui avait fait toute la route depuis Jérusalem Est pour aller voir son fils dans le désert du Neguev, au sud d’Israël est arrivé à 7h30 du matin, avec les autres familles. "On nous a laissés attendre jusqu’à midi à l’extérieur de la prison, puis l’administration nous a soumis à des fouilles particulièrement provocantes et humiliantes", témoigne-t-il.
"Ainsi les femmes, mères et épouses qui rendaient visite à leurs fils et maris, ont été obligées, d’enlever leurs foulards et tous leurs bijoux, ce qui était une première !"
"Les familles se sont plaintes dans la salle des visites, et un groupe de gardiens a alors envahi la pièce, nous attaquant les uns et les autres à coups de trique et de gaz lacrymogène. Puis les prisonniers ont été menottés et contraints de retourner dans leurs cellules".

"Après cette grève, les autorités israéliennes jouent avec nos émotions. Ils nous insultent, nous punissent et nous torturent. Ils essaient de nous épuiser, de nous briser et nous amener à ne plus avoir envie de rendre visite à nos proches", a déclaré l’un des visiteurs.

Ceci sachant que dans un pays aussi petit, le voyage pour les Palestiniens des territoires occupés qui veulent rendre visite en prison à un de leurs proches, prend entre 8 et 15 H, pendant lesquelles ils sont fouillés plusieurs fois et souvent forcés de se déshabiller, rappelle Addameer.

Source : Maan News Agency
CAPJPO-EuroPalestine

SOURCE


Palestinian prisoners and their relatives assaulted by Israeli forces during visit
JUNE 7, 2017

JERUSALEM (Ma'an) -- Israeli prison forces attacked a number of Palestinian prisoners and their relatives during a family visit to Eshel prison on Monday morning, with security guards using pepper spray on both the prisoners and their family members and beating them with batons, relatives told Ma’an.

The father of prisoner Omar al-Sharif told Ma'an that the families had traveled from their homes in occupied East Jerusalem to Eshel prison more than 100 kilometers away in Israel’s southern Negev desert.

The families arrived at 7:30 a.m. and were not allowed inside until 12 p.m., he said, when both men and women were subjected to invasive and “provocative” searches at the hands of the Israel Prison Service (IPS).

Heated arguments erupted in the visitation room, until a group of IPS officers stormed the room and attacked prisoners and their family members with pepper spray and beat them with batons, before the prisoners were handcuffed and the visitors were forced out.


The father of prisoners Muhammad and Ahmad al-Bakri told Ma'an that IPS officers had treated visiting relatives harshly since they arrived to Eshel early in the morning.

“After going through inspections at the entrance and passing through the metal detectors, female IPS soldiers searched the women inside a separate room, and forced them to take off their headscarves and jewelry."
Al-Bakri described the search as “an unprecedented provocation.”

An IPS spokesperson could not immediately be reached for comment on the incident.

Improving conditions for family visits to Palestinian prisoners was a central demand of a 40-day mass hunger strike launched in Israeli prisons that ended last month.

Ahead of the hunger strike, international human rights organization Amnesty International denouncedIsrael for its “unlawful and cruel” practices towards Palestinian prisoners in a report.
One relative of an imprisoned Palestinian told the organization: “The Israeli authorities play with our emotions, they torture us and punish us. They try to break us, to tire us, so that we would want to visit our relatives less because of all the humiliation, searches, abuse and insults by soldiers or prison guards.”

According to Palestinian prisoners’ rights group Addameer, the journey to prison for most residents of the occupied West Bank visiting detained relatives takes between eight to 15 hours depending on the prison and place of residence, while relatives of prisoners are routinely subjected to lengthy body searches and sometimes strip searches.
SOURCE

mercredi 19 décembre 2012

En 2013, soutenir les prisonniers palestiniens au niveau international deviendra une question de vie ou de mort


En 2013, Israël va-t-il laisser mourir les prisonniers grévistes de la faim ?
La Marche pour Gaza du jeudi 27 décembre à Bruxelles, « Gaza, on n'oublie pas », sera aussi une Marche à l'honneur et en soutien aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Ils ont commencé leur mouvement de grèves de la faim en 2011. Historique et perspectives d'un mouvement sans précédent.

Luk Vervaet

Juin 2012, emprisonné en Israël, le footballeur palestinien Mahmoud Sarsak est proche de son 90ième jour de grève de la faim. Il peut mourir d'un jour à l'autre. Ce capitaine de l'équipe nationale palestinienne, qui représente la Palestine sur la scène internationale, a été arrêté par les soldats israéliens en juillet 2009. Jugé « combattant illégal » par le système judiciaire militaire israélien après trente jours d’interrogatoire, il a été incarcéré sans procès, sans avoir été inculpé. En 3 ans, sa détention administrative a été renouvelée six fois. Après avoir brisé sa carrière, Israël était en train de briser sa vie.
Dans le monde, cette grève de la faim a provoqué une vague de solidarité. Dans un communiqué, Éric Cantona, Show Racism the Red Card, Ken Loach et même la FIFPro (l'association mondiale des footballeurs professionnels, dont Israël fait partie) exigent « la libération immédiate de Mahmoud Sarsak ». Le 15 juillet 2012, ce combat est couronné de succès, Mahmoud Sarsak est libéré.

Depuis, d'autres détenus ont repris le flambeau. En ce mois de décembre 2012, d'autres prisonniers palestiniens se battent pour leur survie.
Le 4 décembre 2012, des milliers de détenus palestiniens ont organisé une grève de la faim d'un jour en solidarité avec Samer Issawi et Ayman Sharawneh. Samer est de Jerusalem. Il est en grève de la faim depuis le 1 août 2012. Depuis le 21 novembre 2012, il a aussi arrêté de boire de l'eau. Il a perdu 46 kilos depuis le début de son action. Ayman est de Dora (Hebron). Il est en grève de la faim depuis le 1 juillet 2012 et a perdu 38 kilos depuis le début de la grève. Ces deux détenus ont été remis en détention (administrative) après avoir fait partie en 2011 des 1027 prisonniers palestiniens échangés contre le soldat israélien Gilad Shalit. Suite à leur action et au mouvement de solidarité, un tribunal militaire israélien de la prison d'Ofer devait se réunir d'urgence le 13 décembre 2012 pour traiter le cas des deux détenus.
Le 18 décembre, trois autres détenus Yousef Yassin, Jafar Azzidine et Tarek Qa'addan étaient en grève de la faim depuis 21 jours.
Tous ces grévistes de la faim incarnent la nouvelle résistance palestinienne qui s'est développée depuis deux ans au sein des prisons israéliennes. Printemps palestinien ou troisième intifada, une chose est sûre : la révolte dans les prisons ne s'arrêtera pas. Elle est en train de transformer profondément la carte politique de la Palestine, bloquée depuis vingt ans par les accords d'Oslo1.

Le « modèle carcéral israélien ».

Dans son célèbre ouvrage « Crime control as industry », le criminologue norvégien Nils Christie décrit comment les incarcérations massives et de longue durée qui caractérisent la politique carcérale des USA (et de la Russie) vis-à-vis des pauvres dessinent le cadre dans lequel se développe la politique carcérale de pratiquement toutes les démocraties occidentales.2
Christie explique que dans les quartiers populaires des grandes villes étasuniennes et russes il ne reste guère de famille dont l’un des membres n’est pas ou n’a pas été en prison. Il expose également comment le désespoir, l’éloignement, la solidarité et l’amitié entre les prisonniers a donné naissance à une nouvelle culture, qui s’exprime notamment par des chansons et des écrits, qui est dominée par la nostalgie, qui célèbre la privation et les tragédies, mais aussi la rébellion et la résistance.3

Le constat de Christie est encore bien plus valable en ce qui concerne la Palestine occupée.
Parmi les pays qui tiennent lieu de modèles dans l'organisation de la « lutte contre le terrorisme », Israël figure en première place. Cet état sert de laboratoire en ce qui concerne l'emprisonnement et le traitement des « terroristes », autrement dit des résistants et des prisonniers politiques.
Ainsi, pour redéfinir les méthodes de torture dans le cadre de la « War on Terror », les Américains se sont-ils inspirés entre autres des méthodes de torture connues sous le nom de « Shabeh »4 qu’utilisent les services de sécurité israéliens.

Sur un autre plan, la détention et la prison représentent un aspect permanent et déterminant de la rude existence de la population palestinienne vivant en Cisjordanie ou à Gaza, petits territoires qui sont tout ce qui reste actuellement de la Palestine.
Non seulement les Palestiniens sont emprisonnés dans des lieux de détention israéliens, connus ou secrets, mais, depuis juin 2007, toute la bande de Gaza a été transformée en prison à ciel ouvert par Israël.

L'histoire de la Palestine et la question de l'emprisonnement sont indissociables : « Depuis l’occupation par Israël de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est en 1967, 700.000 Palestiniens se sont retrouvés dans les geôles israéliennes. Cela signifie qu’environ 20% de toute la population vivant dans les territoires occupés a connu la prison, soit 40% de la population masculine. Depuis 1967, Israël a également enfermé 10.000 Palestiniennes. Celles-ci ont été soumises aux conditions les plus inhumaines, ce qui inclut le fait d’accoucher tout en restant enchaînées sans bénéficier de soins gynécologiques ».5

La mise en isolement systématique des détenus, contraire à toutes les règles et conventions internationales sur le traitement des prisonniers, est une des principales caractéristiques de la politique carcérale israélienne. Isolement, non seulement au sein des prisons, mais aussi quasi totalement par rapport à leur communauté à l'extérieur. Les seuls visiteurs qu'un détenu peut recevoir sont ses avocats et les membres de sa famille proche. 18 des 19 prisons où Israël enferme les prisonniers palestiniens se trouvent à l'intérieur des frontières d’Israël, ce qui a comme conséquence que les familles, désirant rendre visite à leurs proches en prison, doivent d'abord obtenir un permis pour entrer en Israël. Les permis sont souvent refusés pour des « raisons de sécurité », sans plus de précision. 6 Ces visites sont aussi sujet de représailles. A cause de l'arrestation et de la détention du soldat israélien Gilad Shalit, pendant 5 à 6 ans, 550 prisonniers originaires de Gaza n’ont pas eu droit à des visites de la part de leur famille.

Combien de prisonniers politiques palestiniens y a-t-il aujourd'hui ?
Selon les chiffres les plus récents, le nombre de prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes s’élevait à 4.424 en avril 2012 et à 4.606 en septembre 2012. Parmi eux, 183 enfants, 6 femmes et 27 parlementaires élus, dont Marwan Barghouthi (5 fois la perpétuité), Jamal Terawi (trente ans), Ahmad Sa’adat (trente ans).

La plupart de ces détenus viennent du West Bank. 360 détenus viennent de Jérusalem-Est occupé et des territoires occupés en 1948. 310 prisonniers sont détenus sans procès ni mise en accusation, uniquement sur base de la loi sur la détention administrative. Parmi eux, figurent 24 parlementaires palestiniens élus. Certains prisonniers en détention administrative sont en prison depuis de nombreuses années. 120 prisonniers ont été incarcérés avant la signature des accords d'Oslo en 1993. 23 prisonniers palestiniens sont en prison depuis plus de 25 ans7.
Quant aux enfants prisonniers, ils sont en outre utilisés comme otages et comme moyen de pression sur leurs familles. Les abus sexuels ou les menaces de sévices sexuels sont légion, tant sur les femmes que sur les hommes.

C’est dans ces conditions extrêmes que les prisonniers palestiniens ont entamé des grèves de la faim en chaîne depuis septembre 2011.

Il s’agit d’un mouvement sans précédent.

Toute personne un tant soit peu familiarisée avec le monde carcéral sait que, pour organiser une grève de la faim collective un gigantesque effort est à produire, cela dans une seule prison. La tâche est d’autant plus complexe quand il s’agit d’une action de grande envergure, impliquant plusieurs prisons et plusieurs organisations, et ce, pendant des mois.
C’est pourtant ce qu’ont réalisé les détenus palestiniens. Mourir pour vivre, tel était leur mot d’ordre. Leurs principaux objectifs : la suppression des mesures d’isolement, l'arrêt des détentions administratives, la suppression de la loi Shalit (interdisant les visites familiales de personnes originaires de la bande de Gaza, interdisant d'étudier en prison), l'amélioration des droits des prisonniers au sein de la prison (parmi lesquels le droit d’exercer des activités, l'amélioration des soins médicaux).

Lorsque ce mouvement de grève a été lancé, les conditions extrêmes se sont encore aggravées. Le courage des détenus qui font grève est stupéfiant. Les autorités pénitentiaires ont tout mis en œuvre pour briser leur mouvement. Elles ont eu recours à la violence (elles ont notamment donné assaut à des cellules de grévistes), elles leur ont refusé tout soin médical. L'organisation Adameer8 qui s'occupe de prisonniers raconte que, lors de visites en prison, leurs avocats ont retrouvé des détenus grévistes de la faim dans des chaises roulantes, enfermés à deux dans des cellules conçues pour un seul prisonnier, dépourvues de ventilation, où l'espace est insuffisant pour se mouvoir, remplies des cafards, bref dans des endroits « où, à cause du manque d'hygiène, on n'enfermerait pas même un animal ».

Dans le cahier de revendications des grévistes, la mise en isolement et la détention administrative représentent des points centraux.

La loi israélienne sur la détention administrative permet de détenir tout Palestinien sans qu'il soit inculpé, et sans qu'il ait droit à un jugement, durant une période de deux, quatre ou six mois. Par la suite, la mesure peut être indéfiniment prolongée. Des Palestiniens ont ainsi été maintenus en détention administrative pendant une période ininterrompue de six ans. D’autres détenus ont été relâchés quelque temps et ré-arrêtés ensuite. Tel fut le cas du journaliste Ali Jaradat qui a passé 19 ans en détention administrative.

L'internement en août 1971 en Irlande du nord par les Britanniques de catholiques républicains est ce qui, sur le continent européen, se rapproche le plus de la détention administrative israélienne. Pendant trente ans, l'Irlande du Nord fut la région d'Europe la plus militarisée.
La politique d'internement y permettait de détenir des « suspects terroristes » pendant une durée indéfinie et sans qu'il soit nécessaire de les juger. Elle a été pratiquée jusqu'en décembre 1975. Pendant cette période, près de 2000 personnes ont été internées sans faire l'objet de jugement. Amnesty International a ouvertement accusé le gouvernement britannique de pratiquer la torture. C'est la Cour européenne pour les droits de l'homme qui a mis fin à ces pratiques en condamnant le gouvernement britannique pour « traitement inhumain et dégradant ». 40 ans plus tard, Israël pratique encore et toujours cette même politique d'internement en toute impunité.
Il est intéressant de signaler que le politicien néerlandais d’extrême droite Geert Wilders a tenté de faire adopter par le parlement néerlandais un projet de loi ce qui aurait consisté à introduire dans ce pays la dite pratique de détention administrative israélienne.9 Cette initiative s'est provisoirement soldée par un échec. Par contre, aux États-Unis, le National Defense Authorization Act (NDAA) a été adopté en décembre 2011. Cette loi qui s'inspire du modèle israélien permet de détenir pendant une durée illimitée sans qu'aucune forme de procès ne soit nécessaire des personnes suspectées de terrorisme.10

Aperçu historique d'une grève de la faim

Le mouvement de grève de la faim a commencé le 27 septembre 2011.
Ce jour-là, des centaines de prisonniers palestiniens, dont le dirigeant du FPLP Ahmed Saadat, entament une grève de la faim contre l’enfermement en cellule d’isolement, contre la privation de visites familiales et contre les humiliations infligées à des prisonniers durant leur transfert.

La grève de la faim dure jusqu’au 18 octobre 2011, jour de la libération du soldat israélien Shalit par le Hamas en échange de la libération de plus de 1000 prisonniers palestiniens.
Cette première grande grève de la faim de 22 jours s’est terminée aussi après que les autorités pénitentiaires israéliennes aient promis d’accéder aux revendications des grévistes de la faim endéans une période de trois mois mais à condition que les grévistes mettent fin à leur action.
Mais cet accord n’empêchait pas Israël de continuer à précéder à des arrestations et 150 Palestiniens supplémentaires, accusés de faire partie du FPLP, ont été placés en détention administrative parce qu'ils avaient soutenu cette grève de la faim. Le même sort a été réservé à des Palestiniens libérés lors de l’échange de prisonniers survenu le 18 octobre 2011. Quelques semaines après ce dernier, ils ont été remis en détention administrative.

C’est Khader Adnan, 34 ans, originaire d’Arrabe près de Jénine, membre du Jihad islamique, qui, le 17 décembre 2011, reprend le flambeau et entame à son tour une grève de la faim.
Ce jour-là, Khader Adnan est mis en détention pour raisons administratives. Il est arrêté pour la huitième fois. Il a déjà passé 5 ans en prison pour les mêmes motifs. La fois précédente, c’était en 2008, et il était resté en détention pendant 6 mois.
Cette fois, pour Adnan, la mesure est comble. Il a un diplôme d'économie et il espérait poursuivre ses études à l’université de Bir Zeit. Mais à cause de ses arrestations et de ses périodes de réclusion, il avait interrompu ses études et travaillait dans une boulangerie. Il entame une grève de la faim qui va durer 66 jours. (Après celle-ci, pour se rétablir, il lui faudra le même nombre de jours.)
Khader Adnan gagne le combat. Il est libéré le 17 avril au lieu du 8 mai. Mais il obtient surtout le non renouvellement de son « ordre de détention administrative ». Tout en accomplissant son action, Adnan a rejoint le mouvement lancé par le FPLP quelques mois plus tôt et il a déclaré : « Je ne suis pas le premier à avoir entamé une grève de la faim. Je ne fais rien d'autre que mener la résistance palestinienne dans les prisons… Je ne souhaite pas être la cause d'une division au sein du peuple. Nous ne pouvons pas abandonner les prisonniers FPLP à leur sort… ».11
Adnan a précisé qu’il ne faisait pas la grève de la faim à cause du Jihad islamique, mais pour les 300 prisonniers maintenus en détention administrative.
L’action des prisonniers du FPLP et surtout celle d’Adnan ont déclenché une nouvelle série de grèves de la faim individuelles.

Hana al-Shalabi, 30 ans, originaire de Burqin en Cisjordanie, figurait parmi les prisonnières relâchéees en échange du soldat israélien Shalid. Mais sa liberté sera de courte durée.
Ré-arrêtée le 16 février 2012, elle est enfermée dans la prison de Hasharon, moins de quatre mois après sa libération. De 2009 à sa libération en 2011, elle avait déjà passé 30 mois en détention administrative dans la même prison. Après sa libération, à cause de l'expérience traumatisante de la prison, Hana éprouvait des difficultés à sortir de chez elle. Elle avait du mal à se rétablir.
Le jour de sa nouvelle arrestation, pour protester contre son arrestation violente et contre le traitement inhumain qu’on lui a infligé (dont une fouille corporelle effectuée par un soldat masculin), elle a entamé une grève de la faim .
Sa grève durera 45 jours et elle aboutit à sa libération. Elle dut cependant accepter d'être reléguée à Gaza pendant trois ans. Condition dure et illégale, mais qu'elle accepta pour témoigner de l'interdiction faite à plus de 4, 2 millions de Palestiniens (1,7 million vivant dans la bande de Gaza et plus de 2,5 millions vivant en Cisjordanie) de se déplacer de la bande de Gaza vers la Cisjordanie et inversement.

Le 29 février 2012, Bilal Diab, (27), de Jénine, et Thaer Halahla, (34), de Hébron, entameront une grève de la faim contre leur détention administrative.
Thaer était détenu sans jugement depuis juin 2010. Après 76 jours de grève de la faim, il obtient gain de cause. Il sera libéré début juin. Bilal Diab sera libéré en août.
Les grèves de Bilal et Thaer seront suivies à leur tour par celles de Hassan Safadi, Omar Abu Shalal, Mohammad Taj, Jaafar Azzedine, Mahmoud Sarsak, Abdullah Barghouti...12 Et par celles d'Akram Rikhawi et de Samer Al-Barq.
Après 102 jours, le 25 juillet 2012, après avoir obtenu que la date de sa libération soit fixée pour janvier 2013, Akram Rikhawi, a arrêté sa grève de la faim. Akram souffre du diabète, de problèmes liés à la vue, d'un taux élevé de cholestérol et de problèmes de tension, et il marche avec une canne à la suite d'une blessure occasionnée à un nerf de la jambe.
Fin septembre 2012, Israël annoncera l'expulsion vers l'Egypte de Samer Al-Barq, détenu sans inculpation depuis juillet 2010 et en grève de la faim depuis 118 jours.

Le 17 avril 2012, journée internationale des prisonniers palestiniens, Khader Adnan est libéré. À ce moment, cela fait six mois qu’Israël a cessé de respecter les promesses faites à cause de de la première grève de ce mouvement de grèves de la faim. Ce jour-là, entre 1.600 et 2.500 prisonniers palestiniens repartent en grève de la faim. C'est un mouvement de masse qui dure presqu'un mois. L'action s’arrête (provisoirement) le 14 mai 2012, après un accord conclu entre les autorités pénitentiaires israéliennes et les représentants des grévistes.

L’accord stipule l'arrêt pour tous les prisonniers de la réclusion dans des cellules d’isolement, y compris pour Hassan Salama, pour Ibraheem Hamed et pour Abdullah al Barghouti. Il stipule aussi que la détention administrative ne pourra pas se prolonger du moins sans que de nouvelles informations soient apportées ou que des preuves soient fournies par un tribunal militaire. Il met fin aux conséquences de la loi Shalit et autorise les visites par les familles originaires de la bande de Gaza, améliore les conditions de détention, autorisant l’usage du téléphone et la télévision. En échange, les Palestiniens sont censés cesser « toute activité terroriste, du recrutement jusqu’à la formation » au sein des prisons.

Pour les grévistes de la faim, l’accord est une victoire. Les prisonniers palestiniens se sont rendus compte de leur force et, de ce fait, ouvrent la voie à de nouvelles actions.

Signification de la grève
Les grèves de la faim ont conféré aux prisonniers de nouveau une place centrale dans la lutte des Palestiniens. Elles ont mis fin à la résignation par rapport à leur détention. Il y a la résistance du Hamas et du Hezbollah, qui ont capturé des soldats israéliens et qui ont procédé à des échanges spectaculaires de détenus et libéré un maximum de détenus palestiniens. Mais, hormis ces actions de la résistance, depuis les accords d'Oslo, la cause des prisonniers n'était plus un obstacle pour « le processus de paix avec Israël». Tout comme la demande de la libération de tous les prisonniers politiques n'était plus à l'ordre du jour dans les discussions sur l'avenir de la Palestine.
Ce sont les prisonniers qui symbolisent la résistance contre l’occupation. Ils personnalisent le droit et la nécessité pour les Palestiniens de résister, une option qui, au nom des négociations de paix (et pour sauvegarder les subsides qui lui étaient octroyés) avait été écartée par l'Autorité palestinienne. Ce sont les prisonniers qui incarnent l’unité du peuple palestinien dans la résistance, là où cette unité avait volé en éclats en dehors des prisons.

La grève de la faim a aussi propulsé une nouvelle génération de dirigeants politiques palestiniens à l'avant-plan. L'époque où, comme ce fut le cas de Nelson Mandela en Afrique du Sud et de Bobby Sands et de ses camarades en Irlande du Nord, c'étaient les prisonniers palestiniens qui étaient à la base de la résistance du peuple palestinien est revenue à la mémoire de certains. Khader Adnan est devenu le Bobby Sands palestinien. « Khader Adnan est un jeune – il a 34 ans – qui a montré qu’il était un véritable résistant. Des gens l’appellent leur dirigeant, dans la rue, on dit 'notre Khader Adnan’. Le mouvement des jeunes a puisé en lui un exemple et nombreux sont ceux qui s’identifient à lui. Pendant les manifestations de soutien à Khader Adnan, des jeunes de tous les partis politiques se sont rassemblés devant la prison d’Ofer en déclarant : Saeb Eerekat (le négociateur palestinien dans les pourparlers de paix) n’est pas notre chef. Notre chef, c’est Khader Adnan. »13

Comme les grévistes de la faim irlandais dans les années 1970 et 1980 avaient réussi à attirer l'attention sur l'Irlande, les Palestiniens grévistes de la faim en prison sont conscients d’avoir réussi à mobiliser l’opinion mondiale pour leur cause et pour celle du peuple palestinien tout entier. Alors que le monde cessait de s'intéresser à eux, ils ont fait réagir le monde.
En entamant une grève de la faim, l’unique arme qui leur restait, en se servant de leur corps, les prisonniers palestiniens ont suscité une vague de solidarité. Après sa libération, Khader Adnan a déclaré : « Je demande à Dieu qu’il mette en action tous les hommes libres du monde, qu'il les réveille. Je les remercie tous, et particulièrement le peuple irlandais qui, durant ma grève de la faim, a été de mon côté. »14
Face à l’ampleur du mouvement de grève et au risque de voir mourir certains grévistes de la faim, Israël a cédé. La mort d’un des grévistes de la faim aurait été le point de départ d’une révolte dans les territoires occupés qui aurait été capable d’emporter l’autorité palestinienne. Après la signature de l'accord entre les prisonniers et les autorités israéliennes, les porte-paroles israéliens ont déclaré que l’accord était intervenu à la demande expresse d’Abbas et qu’il servait à sauver « le processus de paix ».

Perspectives.

Se dirige-t-on vers une situation à l'irlandaise?
Il y a différents éléments qui font craindre qu'en 2013, Israël pourrait laisser mourir des prisonniers suite à leurs grèves de la faim.

Tout d'abord, Israël ne respecte aucun des accords conclus.
En moins d'un an de temps les prisonniers ont déclenché deux mouvements de masse. C'est suite aux accords qu'en 2011 et 2012, ces grèves collectives de la faim se sont arrêtées. Depuis la nouvelle agression contre Gaza en novembre dernier, même les quelques petites concessions accordées, comme le droit à la visite des familles des détenus de Gaza, sont sous pression. Israël a montré qu'il ne tenait ni sa parole ni ses promesses.La situation devient extrêmement dangereuse pour les détenus qui sont actuellement en grève de la faim ou qui le seront dans les mois qui viennent. 15 Une comparaison avec la situation lors des grèves de la faim en Irlande du nord s'impose. C'est après des années de « blanket protest » sans résultat et après une grève de la faim de 54 jours sans résultat que Bobby Sands et ses camarades ont décidé de lancer une grève de la faim jusqu'à la mort pour faire bouger les autorités britanniques.

À la fin de cette année, non seulement on est confronté à des promesses non-tenues, mais aussi a un durcissement de la répression israélienne sur toute la ligne. Des arrestations à grande échelle dans les territoires occupées, des attaques et des razzias dans les locaux des organisations qui s'occupent des détenus et de leur défense se sont produites et des responsables, comme Ayman Nasser, arrêtés.
Pendant l'offensive israélienne de huit jours menée contre Gaza en novembre dernier, pas moins de 200 Palestiniens se sont fait arrêter par les Israéliens sur le West Bank. Le matin de la signature de l'accord entre Israël et le Hamas qui mettait fin aux attaques, plus de 50 Palestiniens ont été arrêtés. À Nabi Saleh, Rushdi Tamimi (28 ans) a été tué par un soldat israélien. À Hebron, Hamdi Al-Fallah (22 ans) a été tué de quatre balles. Parmi les arrêtés, 28 parlementaires du Hamas et du Front Populaire pour la libération de la Palestine. « Nécessaire », selon le porte parole des militaires israéliens, « à cause d'un attentat contre un bus à Tel Aviv et du caractère fragile du cessez-le-feu ».
Enfin, un boycott de la cause des prisonniers a cours à l'intérieur des frontières de la Palestine. Il n'y a pas seulement les arrestations par Israël de dizaines de prisonniers libérés en 2011, mais aussi celles effectuées par l'Autorité palestinienne. Le 18 et le 19 septembre, l'Autorité palestinienne a arrêté pas moins de 114 personnes. 35 d'entre elles sont des ex-prisonniers. Il s'agit de membres du Hamas, mais aussi de membres et de cadres d'autres organisations qui s'opposent à la ligne du PA.
Voici un exemple. Alaa Sadeq (30 ans), de Qalqiliya, a passé neuf ans et demi dans les prisons israéliennes avant d'être relâché le 5 juin 2012. Il avait été accusé de faire partie du Hamas et d'être actif dans la résistance contre l'occupation. Le 14 septembre, trois mois après sa libération, Sadeq s'est marié. 4 jours plus tard, il a de nouveau été arrêté, cette fois-ci par les forces de sécurité du PA.
Addameer écrit à propos de cette politique : “Depuis la formation en 1994 de l'Autorité palestinienne, ses forces de sécurité ont arrêté des centaines de Palestiniens, pas seulement des membres de sa faction rivale au sein du Hamas, mais également beaucoup de cadres et de membres d'autres organisations qui s'opposent à la solution que représente le processus de paix actuel ».16

Pour utiliser le langage des prisonniers : l’avenir dira si « le processus de paix » sera autre chose qu’une grâce provisoire. En 2013, soutenir la cause des prisonniers palestiniens au niveau international deviendra une question de vie ou de mort.





1http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jun/11/palestinian-spring-oslo-accords
2Crime control as industry, Nils Christie, Routledge, p. 62
3Crime control as industry, Nils Christie, Routledge, p. 80
4Dispatches from the dark side, Gareth Peirce, Verso, p. 5
5Les chiffres proviennent de « Dying to live - Belfast, Palestinian prisoners’ conference declaration statement », Organisers: UFree Network and Irish Friends of Palestine, Belfast, Ireland 2012
7http://www.imemc.org/article/63654
8http://www.addameer.org/
9The Making of Anders B. Breivik, Luk Vervaet, égalité éditions, p. 48
10http://www.huffingtonpost.com/2011/11/29/senate-votes-to-let-military-detain-americans-indefinitely_n_1119473.html
11http://electronicintifada.net/content/interview-addameers-mourad-jadallah-hunger-strikes-reignite-prisoner-movement/11013
12http://www.existenceisresistance.org/archives/1528
13http://electronicintifada.net/content/interview-addameers-mourad-jadallah-hunger-strikes-reignite-prisoner-movement/11013
14http://www.ism-france.org/temoignages/-La-greve-de-la-faim-est-un-signal-aux-opprimes-du-monde-Entretien-avec-Khader-Adnan-article-16896
15http://english.al-akhbar.com/node/12668