Affichage des articles dont le libellé est administrative detention. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est administrative detention. Afficher tous les articles

mardi 7 avril 2020

Luk Vervaet : la prison n'est pas l'endroit pour survivre à une pandémie.

Depuis le début de la crise du coronavirus et la crise qu’elle a provoqué dans les prisons, le ministre de la Justice Koen Geens et les autorités pénitentiaires sont dans le déni. « Rien à signaler, rien à déclarer, tout va bien, tout est normal et sous contrôle, l'hygiène est assurée comme avant, non, il n’y a pas plus de médecins qu'avant, les détenus ont bien tenu pendant deux mois pendant la grève du personnel pénitentiaire, alors ... ». C’était le ton de l’intervention du ministre à la chaine LN24. Une annonce à peine voilée sur ce sur ce qui attend les prisonniers dans les semaines qui viennent : encore plus d’isolement. En Belgique, laisse sous-entendre le ministre, la crise n’est pas aussi dramatique que dans d’autres pays. Le monde vacille, mais les prisons belges restent debout. Le calme légendaire de cet homme d’Etat, le manager faisant face à toutes les crises, n’impressionne que le monde politique et médiatique. Les propos de Koen Geens ont été ressentis comme des gifles par les détenus et leur famille, qui sont dans l’abandon et l’angoisse.
  
Monsieur le ministre, n’entendez-vous pas les cris qui traversent les barreaux ? Les demandes à répétition des mamans et des sœurs de détenus, de la CLAC, de l’OIP, des Familles de détenus Belgique, en passant par le Genepi Belgique, la Ligue pour les Droits humains jusqu’au Conseil Central de surveillance des établissements pénitentiaires, jusqu’à l’ONU… qui plaident tous pour des réductions immédiates du nombre de détenus dans les prisons ? 
Faut-il s’étonner qu’en absence d’une réponse à ces appels, des détenus mettent le feu, des détenus se battent entre eux, des gardiens se font agresser ? 
La grève des syndicats, annoncée pour le 12 au 19 avril, rendra la situation encore plus intenable. Une situation sanitaire qui risque à tout moment de devenir aussi grave dans les prisons que dans les homes, les maisons de repos et autres formes de détention. 

 L'isolement


La politique du gouvernement est double : quelques miettes pour calmer la colère, comme les 20 euros pour le téléphone, un petit mot de remerciements de la part du Roi pour remercier les détenus qui fabriquent des masques, tout en se dirigeant en même temps vers un isolement total des détenus. Silence radio pour les détenus quant à la propagation du virus au sein des prisons. Des détenus qui pourraient sortir de prison dans quelques semaines ou quelques mois doivent y rester. Des personnes qui sont en détention préventive (et donc présumés innocentes) y restent. Pour donner un exemple parlant : leur procès étant reporté jusqu’au 8 mai, les personnes inculpées pour être venues en aide et avoir hébergé des réfugiés (« trafic d’êtres humains » !), dont trois sont depuis 10 mois en détention préventive, restent en prison. Tandis que des hôpitaux et des maisons de repos lancent un appel à des volontaires pour renforcer les équipes médicales et de soins, les prisons font le contraire, elles se renferment complètement : les visites des familles ainsi que toutes les activités sont annulées. En plus, le personnel pénitentiaire étant à bout et déjà réduit pour cause de maladie, ceux qui travaillent encore se mettent en grève à chaque fois qu’un incident ou une agression se produit. 


Moins catholique que le pape ? 


Il suffirait de laisser parler le bon sens. Nous savons tous que la prison ne peut pas faire face au virus. Qu’il faut libérer des détenus. Lors de sa prière de l’Angelus du 29 mars, le pape, le guide spirituel du ministre Geens, s’est inquiété du sort des personnes vivant le confinement « en groupe ». En particulier celles « dans les prisons surpeuplées ». Et il a ajouté : « Je demande aux autorités d’être sensibles à ce grave problème et de prendre des mesures pour éviter les tragédies à venir ».  

Ces personnes dont parle le pape font partie de ceux d’en bas. Partout la population carcérale est composée d’ouvriers, de chômeurs, de sans-profession, de sans-diplôme, avec, comme aux Etats-Unis, une surreprésentation des minorités « étrangères et/ou (d’origine) immigrées ». Serait-ce une des raisons du désintérêt pour cette population ? 
Le contraste avec l’impunité et la liberté dont jouissent les criminels au sommet de nos sociétés, est révoltant. Aucun des criminels qui ont provoqué les crises financières comme celle de 2008, ce qui a entraîné des drames sociaux par milliers et des suicides par centaines, n’ont été mis en prison (sauf en Islande !). Impunité aussi pour ceux qui s’évadent avec leurs milliards vers les paradis fiscaux, privant ainsi nos sociétés des fonds nécessaires pour l’éducation, le logement ou les hôpitaux. Impunité aussi pour ceux qui sont responsables de ce système capitaliste mondial qui investit 1000 fois plus dans les armes, la guerre, les drogues et la destruction que dans le matériel et le personnel de soins.     

Ceux d’en bas se trouvent dans des prisons, des lieux confinés, où les mesures contre la contamination du virus, recommandées à l’extérieur, sont impossibles à respecter. En temps normaux déjà, l’hygiène et les soins n’y sont pas assurés. Il y a les rats, les cafards, les punaises, les moisissures. Il y a une population carcérale dont une partie est âgée, malade, fragile, ce qui en fait un groupe extrêmement vulnérable. 

Il faut donc libérer les détenus, comme le propose la Clac. Il faut désengorger immédiatement les prisons et libérer ceux et celles qui peuvent l’être, comme le disent d’autres organisations. Il faut écouter les messages et regarder les vidéos des détenus qui sortent de prison et y donner suite : gratuité du téléphone et de la télévision, possibilité d’utiliser Skype, comme aux Pays-Bas, mise à disposition d’un téléphone pour ceux qui n’en ont pas, comme en Espagne, renforcement des équipes médicaux et de soins, mesures supplémentaires l’hygiène pour les détenus, pas d’augmentation des prix de la cantine, grâce royale… 

Utilisez vos pouvoirs spéciaux 


Une crise sanitaire qui paralyse le monde ne demande-t-elle pas des mesures exceptionnelles ? 

Vous venez de recevoir des pouvoirs spéciaux pour gérer la crise. Vous pouvez prendre des mesures exceptionnelles et ordonner la libération des détenus. Si vous n’en avez pas le courage, vous pouvez demander au Roi de prononcer une amnistie ou une grâce, comme c’était le cas jusque dans les années 90. Ce geste humain mettrait plus de détenus sur la bonne voie que de les faire subir des années de prison dans des situations intenables.  

Prenons l’exemple du Portugal. S’il est vrai que ce pays compte 2000 détenus de plus dans ces prisons que la Belgique, il a au moins le mérite de suivre la recommandation de l’ONU de libérer des prisonniers. Le gouvernement portugais a décidé "de simplifier la procédure pour gracier des prisonniers par le Président de la République. D’accorder une grâce partielle pour les peines jusqu'à deux ans / ou pour les deux dernières années de détention - en sont exclus : les homicides et viols, abus de mineurs, violence domestique ou des crimes commis par des gens ayant exercés des fonctions de responsabilité (les hommes politiques, membres des forces de l'ordre, les magistrats, les militaires etc.). Les congés pénitentiaires passent de trois jours à 45 jours, au terme desquels les autorités judiciaires peuvent décréter la liberté conditionnelle". Tous les prisonniers libérés sont bien entendu soumis aux règles de confinement en vigueur.


Non, monsieur Geens, notre objectif immédiat n’est pas d’avoir 10.000 détenus dans les prisons belges, mais 5.611 !


En 2014, vous avez déclaré que votre ambition était, je cite : « d’arriver à faire descendre le nombre de détenus en-dessous de 10.000 ». D’abord, je n’ai toujours pas compris d’où vous sortez ce chiffre phare et ce qui vous fait dire que ce chiffre est un objectif. Vous avez oublié qu’en 1980, le nombre de détenus en Belgique était 5.611, c’est-à-dire la moitié. Pourquoi ce chiffre ne vous sert-il pas d’objectif à atteindre ? 

Les Pays-Bas comptent 17 040 000 habitants. La Belgique en compte 11 400 000, c’est-à-dire 6 millions en moins. En dix ans, les Pays-Bas ont réduit leur population carcérale de la moitié : de 21 826 détenus en 2005 à moins de 10 000 en 2014.  Selon les ministères de l'Intérieur et de la Justice des Pays-Bas « 27 établissements pénitentiaires et judiciaires jugés excédentaires ont été fermés depuis 2014 » Si le taux d’incarcération (le nombre de détenus sur 100.000 habitants) se situe entre 50 et 60 pour les Pays-Bas, celui de la Belgique tourne de 90 à 100, c’est-à-dire quasi le double ! 
Ensuite, depuis votre promesse, et malgré la construction de nouvelles prisons, malgré le transfert d’un nombre d’internés dans des institutions psychiatriques, ce chiffre n’est jamais descendu en-dessous des 10.000, à l’exception de l’été 2018. En 2019, il y avaient 10.556 prisonniers en moyenne dans nos prisons, avec un nombre de 10.883 en décembre 2019, le niveau le plus élevé depuis quatre ans. Nous avons toujours 1.862 détenus « de trop » dans les prisons. Pour 55 places à la prison de Ypres il y a 133 détenus. À Saint-Gilles, il y a 863 détenus pour 579 places. À Anvers, 717 prisonniers pour 413 places. À Malines 144 détenus pour 84 places. À Turnhout, 283 détenus pour 262 places.

Monsieur le ministre, que cette crise serve au moins à ramener le nombre de détenus au chiffre de 1980 !  

Ce ne sera qu’un premier pas. Par après, la question se posera autrement.

Vers une société égalitaire !


Depuis quelques décennies le monde est victime d’une pandémie carcérale : de nouvelles prisons, centres de détention, camps pour réfugiés, murs… ont été érigés partout. Quand cette crise sera derrière nous, nous ne voulons pas retourner à ce qui était « la normalité ». 

Le résultat de cette crise sera une confrontation. Entre ceux qui veulent sauver ce système par le renforcement de l’exploitation et de la répression, par l’augmentation du nombre de prisons et de prisonniers et de système de contrôle de toute une population, pour répondre à une misère et une révolte sociale qui s’annoncent. Et entre ceux qui veulent la fin de ce système capitaliste qui a prouvé sa faillite et qui font le choix d’une société égalitaire. Dans cette conception, l’abolition des prisons se posera. Il ne s’agira pas d’instaurer un régime d’impunité, il s’agira de nous défaire de notre addiction à la prison, de reconstruire des communautés solidaires qui cherchent ensemble des solutions pour prévenir le mal et le réparer autant que faire se peut. Il s’agira de s’appuyer sur les formes solidaires qui se développent entre les gens, de remettre la justice dans leurs mains en développant des formes de justice réparatrices, restauratrices et transformatrices. 

Source 


vendredi 18 janvier 2019

AU CŒUR DES PRISONS: L’IMPORTANCE DE SOUTENIR LES PRISONNIERS ET LEUR FAMILLE 20 janvier 13-18h Salle Saada

Al Kawthar : Nous organisons en date du 20 Janvier 2019 en Belgique, une rencontre en soutien aux prisonniers et leurs familles. L’objectif est, et reste le même, informer sur les conditions de détentions que subissent les détenus, dénoncer les dérives judiciaires et pénitentiaires, être un soutien pour ces familles qui se retrouvent trop souvent seules, démunis, incompris face à la dureté de cette épreuve.

Avec des intervenants de qualité, cette conférence AU CŒUR DES PRISONS sera pour chacun d’entre nous l’occasion d’avoir un autre regard sur la réalité carcérale, d’entendre ses voix mises sous silences, de comprendre l’importance de ne pas rester inactif face à la souffrance de l’autre et enfin que tous, nous puissions nous unir afin de soulager les éprouvés.

Des prises de paroles conscientes , des témoignages poignants…

Rejoignez nous!!

#AKR
#AlKawthar

Facebook

Où ? Salle SAADA Quai de Mariemont 51, 1080 Molenbeek-Saint-Jean, BELGIQUE

Quand ? Dimanche 20 janvier 2019 de 13-18h 

vendredi 29 juin 2018

"Familles de prisonniers pour la justice - Belgique"" parmi les 220 organisations réclamant la libération immédiate de Khalida Jarrar (français, English)

 (fr) Plus de 220 organisations se sont unies pour demander la libération immédiate de Khalida Jarrar, féministe palestinienne et parlementaire de gauche emprisonnée. Jarrar, l'un des principaux défenseurs des droits des prisonniers palestiniens, a été emprisonnée sans inculpation ni jugement sous le régime de la détention administrative israélienne pendant près d'un an.

Les organisations qui ont exprimé leur soutien à la liberté de Jarrar comprennent des partis politiques, des groupes féministes, des groupes de solidarité avec la Palestine et de la communauté palestinienne, pour la justice indigène, pour l'abolition des prisons, des organisations de défense des droits de l'homme etc. de plus de 20 pays.

Jarrar a été emprisonnée depuis le 2 juillet 2017, lorsqu'elle a été arrêtée lors d'une descente de nuit à son domicile à El-Bireh par les forces d'occupation israéliennes. Le 14 juin 2018, elle a été informée que sa détention serait prolongée de quatre mois supplémentaires, une peine qui devrait être confirmée par un tribunal militaire israélien le 2 juillet 2018.

Nous appelons à des journées d'action pour la libération de Khalida Jarrar entre le 30 juin et le 2 juillet. Il est plus important que jamais que nos voix soient entendues et que nos actions soient visibles. Des manifestations sont déjà organisées à New York et ailleurs dans le monde. Vous pouvez télécharger des dépliants, du matériel et des pétitions pour rejoindre la campagne ici: http://samidoun.net/2018/06/take-action-to-free-khalida-jarrar-june-30-july-2-organize-for -liberté/

Vous êtes invités à ajouter le nom de votre organisation à la déclaration suivante pour demander la libération de la dirigeante palestinienne emprisonnée Khalida Jarrar ! Nous continuerons de mettre à jour cette déclaration et de la rediffuser avec d'autres signataires. Pour la signer, veuillez utiliser le formulaire ou envoyer un courriel à samidoun@samidoun.net avec le nom de votre groupe.

Liberté pour Khalida Jarrar !
Arrêt de la détention administrative !

Nous, les organisations signataires, nous nous associons afin de réclamer la mise en liberté de la dirigeante politique palestinienne Khalida Jarrar, personnalité de gauche, féministe, avocate des droits des prisonniers et membre du Conseil législatif palestinien. Elle est emprisonnée sans accusation ni procès depuis juillet 2017 – et, cette fois, l'occupation militaire israélienne vient de décider que sa détention serait prolongée de quatre mois supplémentaires.

Le 2 juillet 2017, avant l'aube, les militaires de l'occupation israélienne ont fait irruption au domicile de Khalida Jarrar. Peu après, elle a fait l'objet d'une ordonnance de détention administrative, c'est-à-dire d'un emprisonnement sans accusation ni procès. Khalida Jarrar est l'une des quelque 450 Palestiniens emprisonnés en détention administrative, un vestige du Mandat colonial britannique repris par l'occupation israélienne pour incarcérer des milliers de membres et de dirigeants politiques de la communauté palestinienne. Actuellement, quelque 6 100 Palestiniens dont détenus dans les prisons israéliennes.

En décembre 2017, sa détention a été prolongée de six nouveaux mois. Et, cette fois, une autre ordonnance militaire déclare qu'elle sera emprisonnée durant quatre mois supplémentaires. Les ordonnances de détention administrative peuvent être émises pour six mois à la fois et elles sont renouvelables à l'infini. Sous le coup de ces ordonnances, des Palestiniens peuvent passer des années en prison d'un seul tenant et ils ignorent quand ils pourraient être libérés, en admettant qu'ils le soient un jour.

Comme le fait remarquer Addameer, « cette pratique de la détention arbitraire constitue une violation grave des lois internationales et des normes des droits de l'homme, tout particulièrement des articles 78 et 72 de la Quatrième Convention de Genève, qui stipule que toute personne accusée a le droit de se défendre. Cette pratique enfreint également l'article 66 de cette même Quatrième Convention de Genève ainsi que les règles fondamentales d'un procès équitable ».

Le 2 juillet, une session du tribunal militaire israélien est prévue afin d'approuver l'ordonnance de détention. Jarrar, à l'instar de tous les détenus administratifs, a boycotté ces séances depuis février, puisqu'elles ne sont que des sessions d'approbation utilisées comme façades pour « cautionner » l'emprisonnement arbitraire des Palestiniens.

Khalida Jarrar est une dirigeante politique palestinienne représentant le Bloc Abu Ali Mustafa, allié au Front populaire (de gauche) de libération de la Palestine au sein du Conseil législatif palestinien. Elle dirige fréquemment et activement des manifestations et des actions populaires pour la liberté de la Palestine, en sa qualité d'avocate de longue date des prisonniers palestiniens et d'ancienne directrice exécutive d'Addameer (association de soutien aux prisonniers et des droits de l'homme), au sein de laquelle elle fait toujours partie du conseil de direction. Elle est également présidente du Comité des prisonniers du Conseil législatif palestinien.

Khalida Jarrar est également active au sein du mouvement des femmes palestiniennes depuis l'époque où elle était étudiante à l'université et où, en compagnie d'autres étudiantes, elle organisait l'opposition à l'occupation. Elle est également une organisatrice en vue des événements de la Journée internationale des femmes en Palestine, en étroite coordination avec d'autres organisations des femmes palestiniennes. « Les femmes palestiniennes sont des partenaires à part entière de la lutte palestinienne », insiste-t-elle.

Khalida Jarrar est profondément engagée dans le combat visant à réclamer devant la Cour pénale internationale des comptes aux dirigeants israéliens responsables de crimes de guerre. Elle est membre d'une commission palestinienne chargée de transmettre à la cour internationale plaintes et dossiers sur les incessants crimes israéliens contre le peuple palestinien, depuis les attaques contre Gaza, la confiscation de terres, la construction de colonies illégales, jusqu'aux arrestations et emprisonnements de masse.

Depuis 1998, il lui est interdit de voyager en dehors de la Palestine occupée. En 2010, lorsqu'elle a eu besoin d'un traitement médical en Jordanie, elle a dû lutter pendant des mois dans une campagne publique avant de recevoir enfin une autorisation de sortie. En 2014, l'occupation israélienne a tenté de la chasser de force de son domicile à Jéricho et, en 2015, elle a été arrêtée et emprisonnée pendant 14 mois en raison de ses activités politiques.

La prolongation de la détention administrative de Khalida Jarrar constitue une tentative d'éliminer une dirigeante efficace et populaire du mouvement national palestinien. Particulièrement en ce moment, alors que les gens descendent dans les rues un peu partout en Palestine occupée et que des milliers d'entre eux manifestent à Gaza dans le cadre de la Grande Marche du Retour, les dirigeants de son calibre sont les cibles des arrestations et des emprisonnements dans une tentative de désamorcer le combat palestinien.

Khalida Jarrar est visée en tant que dirigeante palestinienne, en tant que voix palestinienne pour la justice et en tant que femme palestinienne active. Son emprisonnement constitue une attaque de plus de l'État colonial israélien contre le peuple palestinien en lutte pour la liberté, et la détention administrative ainsi que l'emprisonnement massif de Palestiniens sont deux des armes utilisées par Israël dans ses tentatives de briser le mouvement palestinien de libération.

Nous nous associons aujourd'hui pour réclamer la libération immédiate de Khalida Jarrar, la fin de la politique et pratique de la détention administrative, et la libération des prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël. Nous nous engageons à lutter pour la justice au cours de manifestations, d'actions, en organisant et en intensifiant les actions BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël, dans l'esprit de résistance même de Khalida Jarrar.

(Engl) 
Over 200 organizations have joined together to call for the immediate release of Khalida Jarrar, the imprisoned Palestinian feminist, leftist parliamentarian. Jarrar, a leading advocate for Palestinian prisoners’ rights, has been jailed without charge or trial under Israeli administrative detention for nearly a year.

The organizations who have expressed their support for Jarrar’s freedom include political parties, feminist groups, Palestinian community and Palestine solidarity groups, Indigenous justice, prison abolition and prison justice organizations, human rights organizations, legal groups and more from over 20 countries.

Jarrar has been jailed since 2 July 2017, when she was seized in a night raid on her home in El-Bireh by Israeli occupation forces.  On 14 June 2018, she was informed that her detention would be extended for another four months, a sentence that is scheduled to be confirmed in an Israeli military court on 2 July 2018.

We are calling for days of action for the freedom of Khalida Jarrar between 30 June and 2 July. It is more important than ever that our voices are heard and our actions are visible. Protests are already being organized in New York and elsewhere around the world. You can download flyers, materials and visit petitions to join the campaign here: http://samidoun.net/2018/06/take-action-to-free-khalida-jarrar-june-30-july-2-organize-for-freedom/

You are invited to add your organization’s name to the following statement to demand freedom for imprisoned Palestinian leader Khalida Jarrar! We will continue to update this statement and re-release with additional signatories. To endorse, please use the form or email samidoun@samidoun.net with your group’s name.

Freedom for Khalida Jarrar! End administrative detention!

We, the undersigned organizations, come together to demand freedom for Palestinian political leader Khalida Jarrar, prominent leftist, feminist, prisoners’ rights advocate and member of the Palestinian Leslative Council. She has been imprisoned without charge and without trial since July 2017 – and now the Israeli military occupation has declared that her imprisonment will be extended for an additional four months.

On July 2, 2017, Khalida Jarrar’s home was raided by Israeli occupation soldiers in a pre-dawn raid. She was ordered shortly thereafter to administrative detention, imprisonment without charge or trial. She is one of approximately 450 Palestinians held under administrative detention, a relic of the British colonial mandate that has been used by the Israeli occupation to jail thousands of Palestinian community and political leaders, and one of approximately 6,100 Palestinian prisoners in Israeli jails.

In December 2017, her detention was renewed for another six months. Now, another military order declares that she will be imprisoned for four more months. Administrative detention orders can be issued for up to six months at a time and are indefinitely renewable. Palestinians can spend years at a time jailed under these orders, never knowing when they could be released, if ever.

As Addameer notes, “This practice of arbitrary detention is a grave violation of international laws and human rights standards, particularly articles 78 and 72 of the Fourth Geneva Convention which state that an accused individual has the right to defend him/herself. This also violates Article 66 of the Fourth Geneva Convention and the basic standards of fair trial.”

On July 2, an Israeli military court is scheduled to approve the detention order. Jarrar, like all administrative detainees, has boycotted these hearings since February, as they are mere rubber-stamp sessions used as a fig leaf to “legitimize” the arbitrary imprisonment of Palestinians.

Jarrar is a Palestinian political leader, representing the Abu Ali Mustafa Bloc, allied with the leftist Popular Front for the Liberation of Palestine, in the Palestinian Legislative Council. She is a frequent leader and participant in demonstrations and popular actions for Palestinian freedom, a a long-time Palestinian political prisoners’ advocate and former executive director of Addameer Prisoner Support and Human Rights Association and now a member of its board, and chair of the Prisoners’ Committee of the Palestinian Legislative Council.

She has also been active in the Palestinian women’s movement since her earliest days as a university student organizing with other female students to challenge the occupation. She is a leading organizer of International Women’s Day events in Palestine and coordinates closely with Palestinian women’s organizations. “Palestinian women are full partners in the Palestinian struggle,” she emphasizes.

Khalida Jarrar is heavily involved in the fight to hold Israeli officials accountable for war crimes in the International Criminal Court. She is a member of a Palestinian commission charged with bringing complaints and files before the international court about ongoing Israeli crimes against the Palestinian people, from attacks on Gaza to land confiscation and settlement construction to mass arrests and imprisonment.

Since 1998, she has been forbidden to travel outside occupied Palestine. When she needed medical treatment in Jordan in 2010, she struggled for months in a public campaign before finally receiving it. The Israeli occupation attempted to forcibly displace her from her home to Jericho in 2014, and in 2015, arrested and jailed her 14 months for her political activities.

The extended administrative detention of Khalida Jarrar is an attempt to remove an effective, grassroots leader from the Palestinian national movement. Especially now, when people are taking to the streets throughout occupied Palestine and thousands are marching in Gaza for the Great Return March, leaders like her are targeted for arrest and imprisonment in an attempt to defuse the Palestinian struggle.

Khalida Jarrar is being targeted as a Palestinian leader, a Palestinian voice for justice, and an active Palestinian woman. Her imprisonment is yet another attack by the Israeli colonial state against the Palestinian people struggling for freedom, and administrative detention and the mass imprisonment of Palestinians are two of the weapons used in an attempt to break the Palestinian liberation movement.

We come together today to demand the immediate release of Khalida Jarrar, an end to the policy and practice of administrative detention and freedom for Palestinian political prisoners in Israeli jails. We pledge to struggle for justice through protests, actions, organizing and escalating boycott, divestment and sanctions (BDS) actions against Israel, in Khalida’s own spirit of resistance.


Signataires :

Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Al-Awda NY, the Palestine Right to Return Coalition
Action Antifasciste NP2C
Actions4Palestine
Alkarama Movement of Palestinian Women
Al-Quds Day Committee of New York
American Muslims for Palestine – NY/NJ
American Party of Labor
Anticapitalistas
Anti-Imperialist Action Ireland
ArbeiterInnenmacht (Germany)
Arbeiter*innenstandpunkt (Austria)
Association Belgo-Palestinienne
Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
Association for Protection of Democratic Rights (APDR), India
AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité 63)
AFPS 59/62
AFPS Alès-Cévennes
Associazione Amicizia Sardegna Palestina
Assopace Palestina – Italy
ATIK – Confederation of Workers from Turkey in Europe
Balfour Declaration Centenary Campaign
BDS Berlin
BDS France Saint-Étienne
BDS Turkey
BDS UChile (Universidad de Chile)
BDS Vancouver-Coast Salish
BDS Zürich
Belgian Academic and Cultural Boycott of Israel (BACBI)
Black Alliance for Peace
Boycott! Supporting the Palestinian BDS Call from Within (aka Boycott from Within – Israeli citizens for BDS)
Bruxelles Panthéres
Cafe Palestina of the Southern Berkshires
California Coalition for Women Prisoners
Campagne BDS France
Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibahim Abdallah (Paris)
Campaign to Boycott Supporters of “Israel” in Lebanon
Campaign to Free Ahmad Sa’adat
Canada Palestine Association
Canadian BDS Coalition
Canadian Friends of Sabeel
Centre de la Communauté Démocratique Kurde de Toulouse
Coalition for Justice – Blacksburg
CODEPINK – Women for Peace
Colectivo Contraimpunidad
Collectif de Soutien à la Résistance Palestinienne 59-62
Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine
Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah
Colletivo Palestina Rossa
Comité Internacional Paz,Justicia y Dignidad a los Pueblos
Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie
Comité Poitevin Palestine
Committee to Stop FBI Repression – National
Committee to Stop FBI Repression – NY
Committees for a Democratic Palestine – Europe
Communist Party, Sweden
Coordinamento di Solidarietà con la Palestina – Sicilia
Corsica Internaziunalista
Corvallis Palestine Solidarity
Coup Pour Coup 31
Dun Padraig Friends of Palestine
Eye On Palestine Arts and Film Festival
Familles de prisonniers pour la Justice – Belgique
Femmes en lutte 93
F.O.R. Palestine (Berlin)
Free Gaza Movement
Free Palestine Movement
Freedom Archives
Freedom Road Socialist Organization
Friends of Sabeel North America
Frihet åt Ahed Tamimi Göteborg
Fronte Palestina
General Union of Palestine Students (GUPS Aix-Marseille)
General Union of Palestine Students (GUPS France)
Gents Actieplatform Palestina
Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space
Greek Front of Resistance and Solidarity with Palestine “Ghassan Kanafani”
Green Mountain Solidarity with Palestine
Greenville for Gaza
Handala Center for Prisoners and Former Prisoners – Palestine
Harakat Shaab – Lebanon
HDP (Peoples’ Democratic Party) Central Women’s Assembly
Hilombé Solidaridad
Human Rights Defenders
Independent Jewish Voices – Canada
Indivisible Midlands
Inminds Human Rights Group
intal
International Action Center
International Association of Democratic Lawyers
International Concerned Family and Friends of Mumia Abu-Jamal
International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN) Spain
International Jewish Anti-Zionist Network – Canada
International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
International Red Help
International Women’s Alliance
Internationalt Forum – Denmark
Invictapalestina – Documentation Center
Ireland-Palestine Solidarity Campaign
Irish Republican Prisoners Welfare Association (IRPWA)
Irish Socialist Republicans
ISM France
Izquierda Unida – Spain
Jacksonville Community Action Committee
Jacksonville Palestine Solidarity Network
Jericho Movement – National
Jericho Movement – New York City
Jersey City Peace Movement
Jeune Garde Lyon
Jeunes Révolutionnaires Genève
Jeunes Révolutionnaires Vaud
Jewish Liberation Theology Institute
Jewish Voice for Peace (JVP)
Jewish Women for Justice in Israel/ Palestine
Jews for Palestinian Right of Return
Justice For Palestinians, Calgary
Justice for Palestinians – San Jose
Karapatan Alliance for the Advancement of People’s Rights – Philippines
Katie Miranda Studios
Kia Ora Gaza (New Zealand)
Kickapoo Peace Circle
LA4Palestine
Labor for Palestine
La Voix des Prisonnier.ère.s Politiques de Turquie et Kurdistan
Le Collectif Rouge Internationaliste pour la libération des prisonniers révolutionnaires (Paris)
Le Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple marocain (Paris)
League for the Fifth International
Liga Argentina por los Derechos del Hombre
Links Ecologisch Forum/Forum Gauche Ecologie – LEF-FGE
Libérons-les
London Palestine Action
Manchester Palestine Action
Mouvement Citoyens Palestine
National Campaign to Free Georges Abdallah – Lebanon
National Coalition to Protect Student Privacy
National Lawyers Guild International Committee
National Lawyers Guild- Massachusetts Chapter
New Orleans Workers Group
Newry Palestinian Support Group
NION (Not In Our Name)
No One Is Illegal – Vancouver Coast Salish Territories
NY4Palestine
NYU Disorientation Guide
NYU Jewish Voice for Peace
NZ Palestine Solidarity Network
Palestine Democratic Forum
Palestine International Network – Lebanon
Palestine Solidarity Committee – Austin, TX
Palestine Solidarity Network – Edmonton
Palestinian Child and Youth Institute (PCYI)
Palestinian Cultural Club – American University of Beirut
Palestinian Cultural Club – Beirut
Palestinian Progressive Student Bloc
Palestinian Refugee Portal
Palbox
Palestina Toma La Calle
Palestinian Youth Movement – USA
Partido Comunista de España
Party for Socialism and Liberation
Paz con Dignidad
People Power Assembly Queens
People’s Power Assembly
Pittsburgh Palestine Solidarity Committee
Plate-Forme Charleroi-Palestine
Popular Resistance
Progetto Palestina
Progressive Palestinian Youth Union
Progressive Scouts Group – Gaza
Progressive Student Labor Front (Palestine)
Project South
RAGE – Réseau d’Agitation Genève
Release Aging People in Prison/RAPP
Republican Network for Unity
Revolutionary Socialist Movement (Pakistan)
REVOLUTION (youth movement)
Right of Return Coalition – Baddawi Camp, Lebanon (composed of 22 organizations)
Saoradh
Scottish Palestine Solidarity Campaign
Secours Rouge Belgique / Red Help Belgium
Sheffield Hallam Palestine Society
Sheffield Labour Friends of Palestine
Sheffield Labour Students
Sodepaz Euskadi
Solidarity with Palestine St. John’s
Students Against Israeli Apartheid at York University
Students for Justice in Palestine – CCNY
Students for Justice in Palestine – College of Staten Island
Students for Justice in Palestine – Houston
Students for Justice in Palestine – NYU
Students for Justice in Palestine – Temple University
Students for Justice in Palestine at University of South Carolina
Syria Solidarity Movement
Taqadomy Media Team
TJA (Tevgera Jinên Azad)  – Free Women Movement
The Bronx Green Party
The Palestine Project
The Red Nation
Toronto BDS Action
UNADIKUM Association
United National Antiwar Campaign (UNAC)
Union of Palestinian Communities and Institutions – Europe
Unión de Juventudes Comunistas de España
Unione Democratica Arabe Palestina (UDAP)
Union juive française pour la paix (UJFP)
United for Palestine Toronto/GTA
University of Leeds – Palestine Solidarity Group
University of Sheffield Palestine Society
UGEP (Unión General de Estudiantes Palestinos Chile)
US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (USACBI)
US Palestinian Community Network (USPCN)
Vermonters for Justice in Palestine
Victoria Coalition against Israeli Apartheid
Vrede vzw
WESPAC Foundation
Within Our Lifetime • United for Palestine
Women Against Military Madness
Women In Solidarity With Palestine
Women for Women’s Humans Rights – New Ways
Women’s Solidarity Foundation (KADAV)-Turkey
Workers World Party
Young Democratic Socialists – University of South Carolina

(Engl)