mardi 4 novembre 2014

Journées nationales des prisons 22-29 novembre 2014

Le documentaire "Le Déménagement" de Catherine Rechard, suivi des interventions de François TROUKENS, Alessandra d'ANGELO et de Luk VERVAET. Médiatrice : Olivia NEDERLANDT

Dans le cadre des journées nationales prisons ayant cette année pour thème "la vie quotidienne en prison", le jeudi 27 novembre à 18h30 sera projeté à l'auditoire 1 de l'Université Saint-Louis Bruxelles, bd du jardin botanique, 43 à 1000 Bruxelles, le documentaire "Le Déménagement" de Catherine Rechard, suivi des interventions de François TROUKENS, Alessandra d'ANGELO et de Luk VERVAET. Ensuite, le public pourra adresser ses questions aux intervenants.
Médiatrice : Olivia NEDERLANDT, avocate pénaliste au Barreau de Bruxelles et membre de l'Observatoire International des Prisons.

Synopsis du documentaire Le Déménagement :
A Rennes, comme dans d'autres villes françaises, la maison d'arrêt construite début 20e siècle déserte le centre-ville au profit d'un centre pénitentiaire de 690 places en périphérie. Alors que le déménagement approche, les personnes détenues et les personnels ont une seule et même question : que sera la vie dans cette nouvelle prison? Dans les 2 établissements, le film s'interroge avec les personnages, sur la façon dont l'architecture interfère dans le mode de fonctionnement d'une prison et le lien entre la modernisation des locaux et l'amélioration de la vie en détention. Au-délà de la prison, il questionne le postulat selon lequel, nouveauté et avancée technologique signifient nécessairement, mieux-être et progrès.


François Troukens, Président Fondateur de l'Association Chrysalibre
Ancien braqueur de fourgons, François Troukens a été considéré un temps comme l'ennemi public N°1. Pendant ses dix années passées en détention, il reprend des études de Lettres Modernes à la Sorbonne, depuis la prison de la Santé à Paris. Il suit également diverses formations éclectiques et décroche une agrégation en psychopédagogie. À sa libération, il troque le flingue contre la plume et se lance dans le cinéma et l'écriture. François Troukens est aujourd'hui auteur-réalisateur. Fort de son vécu, il n'a pas oublié son passé qu'il souhaite mettre à profit pour informer et réformer. Il milite pour la réhabilitation par l'instruction et la culture. En 2014, il crée l’association Chrysalibre avec la collaboration d’Alessandra d’Angelo et lutte activement pour une refonte de notre système carcéral basé sur un mode de fonctionnement archaïque et sécuritaire.

Alessandra d'Angelo, co-fondateur de l'Association Chrysalibre
Avocate devenue journaliste d'investigation, Alessandra d'Angelo a toujours porté un intérêt particulier à ce qui fait un jour que le tout bascule. Elle se passionne pour les zones d'ombre qu'elle met en lumière dans ses articles et reportages consacrés à l'actualité et aux faits de société. Elle s'intéresse particulièrement au monde carcéral qu'elle a pu pénétrer pour y investiguer. Au cours de ses enquêtes, elle y a rencontré une série d'acteurs de terrain mais aussi des condamnés à de lourdes peines. Avec la collaboration de François Troukens, elle a écrit un ouvrage qui dresse un portrait de ce monde carcéral et propose des solutions pour le réformer. (Les papillons d'Ombre, à paraître au printemps 2015).

Luk Vervaet, ancien enseignant en milieu carcéral et écrivain. Il est notamment l'auteur de "Guantanamo chez nous?" (Editions Antidote, 2014), de "Le making-of d'Anders B. Breivik" (Egalité=Editions 2012), "Kim et Ken, mes enfants disparus" (Edictions Luc Pire, 2006), "Condamnés à la prison? Ecrits sur un monde caché" (Revue contradictions, 2008), "L'affaire Luk Vervaet. Ecrits sur un interdit professionnel" (Revue contradictions, 2011).


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mercredi 8 octobre 2014

Film "Une part du ciel" et débat Christine Guillain, Pierre Reynaert et Luk Vervaet (Festival Cinéma d'attac, Botanique, 12/10 à 17 h)

Film "Une part du ciel" et débat Christine Guillain, Pierre Reynaert et Luk Vervaet (Festival Cinéma d'attac, Botanique, 12/10 à 17 h)

DIMANCHE 12 OCT  17 h
UNE PART DU CIEL de Bénédicte LIÉNARD
/ Fiction / Belgique-France / 2001 / 86 minutes

au 15ème festival du cinéma d'attac au Botanique (Bruxelles)

DÉBAT : « Fermez les prisons...!»
Intervenants : Christine GUILLAIN, (Présidente de la Commission «Justice» au sein de «la Ligue des droits de l’Homme»), Pierre REYNAERT, (Ancien Directeur de prison) et Luk VERVAET, (Enseignant dans les prisons)

« Johanna, qui purge une peine d’emprisonnement, mène la lutte dans l’atelier de pliage où les détenues se font exploiter sans vergogne. Mêlant fiction et documentaire, le film dépeint –dans un va-et-vient incessant entre prison et usine– la condition d’une frange du salariat particulièrement opprimée: les ouvrières spécialisées. Loin d’être fortuit, ce parallèle métaphorique entre les deux univers bénéficie de l’expérience de la réalisatrice belge, pour qui cette première oeuvre vient après des travaux sur les établissements pénitentiaires, des collaborations avec les frères Dardenne et Raymond Depardon. Dans Une part du ciel, les rôles sont partagés entre des acteurs professionnels (Olivier Gourmet, Yolande Moreau), des ouvrières et d’ex-détenues. Et c’est foudroyant ».

mardi 13 mai 2014

Nouvelle plainte de 25 détenus à Forest sur le port de matricule des agents pénitentiaires (28 avril 2014)


 
Monsieur le procureur,

Nous,

B.Yassine, B Youssef, E. Badr, D.Nejal, Q. Nordin, A. Adil, A Nordine, I. Sofyane, M. Fared, T. Cedric, L. Carlos, P. Youri, M. Akulayi, K. Toufik, C. Zohair, K. Deyan, H. Bachir, H. El Mehdi, Z. Abdel, Q. Marvin, G. Christophe, C. Halim, M. Rachid, S. Vahagn, Z. Karim,

suite à la paralysie d'une première plainte collective de 18 détenus sous mains de la justice en date de janvier 2014, à propos de détention indigne à la prison de Forest,

souhaiterions vous communiquer un « rappel » et l'allongement d'une nouvelle liste de plaignants de 25 autres personnes détenues, vu l'urgentissime des violations que nous subissons au quotidien. Notamment l'usage de violences dont nous sommes injustement victimes.

Notre première plainte collective portait sur des « malversations financières, des actes de cruautés, de barbarie et de coups et blessures volontaires, abus d'autorité dans l'exercice de la fonction publique ». Les faits : amplification des pratiques de violences (passage à tabac de détenus, humiliations, injures, provocations..) sont les attributs des agents à la prison de Forest...

A ce jour, nous 25 détenus (noms en annexe) souhaiterions mettre en exergue le fait de « manque de matricules d'agents en poste à Forest », qui volontairement cachent le matricule (obligatoire) afin de donner une pérennité aux tabassages orchestrés, ainsi qu'aux véritables mauvais traitements physiques infligés aux détenus.

Cet anonymat des agents vise volontairement aux pratiques de violences, tout en restant non identifiables pour les victimes. Cela nous renvoie à une administration dont les agents se moquent de la justice, du législatif, du code de la déontologie et qui bafoue le droits de ses citoyens... Très inquiétant !

Monsieur le procureur général,

nous souhaiterions solliciter votre autorité afin de rappeler aux agents pénitentiaires les obligations de la loi : « Les agents doivent être identifiables ».


Nous persistons que le port du matricule ferait cesser un nombre croissant de tabassages, ainsi qu'aux victimes de poursuivre les auteurs de tortures, par voie de procédures judiciaires qui condamnent ces pratiques.
Nous précisons que même les élèves-stagiaires ne répondent aux exigences de la loi. Ils sont conseillés par les aînés de ne pas se munir de leur matricule, un processus arbitraire qui démontre que non seulement les dispositions sont vides de sens, mais qu'un état d'esprit se perpétue à l'autisme des réglementations en vigueur.

Nous souhaiterions faire poursuivre notre préjudice auprès de votre service de justice, (au pire) entamer une procédure par le biais du tribunal des référés.

Monsieur le procureur général,

nous souhaiterions que vous prenez acte de notre plainte collective. Ce ne serait que légitime que la loi et l'état de droit ne s'arrêtent pas aux portes des prisons.

Merci de pouvoir véritablement entendre un premier collectif de 18 personnes et à ce jour 25 personnes détenus à la prison de Forest,dans des conditions de détention qui vont à l'encontre de toutes les dispositions et plus précisément du respect de la condition humaine.

Dans l'attente, monsieur le procureur, nous rendons publique cette plainte collective et espérons votre intervention pour que le port du matricule soit la conciliation du respect des dispositions.

Nous vous prions d'agréer nos salutations des plus distinguées,

Le collectif

dimanche 27 avril 2014

Déclaration du Parti des Egalitaires au sujet de la condamnation à mort de 529 personnes en Egypte

Depuis la révolution égyptienne de 2011, qui a renversé le régime de Mubarak, les Frères musulmans ont gagné toutes les élections libres. Mais l'ancien régime n'a pas été démantelé. Mubarak n'a toujours pas été condamné. Aucun membre des forces de l'ordre, pourtant responsables de la mort de plusieurs milliers de personnes, n’a été condamné. L'inévitable s'est produit : en juillet 2014, un coup d'état de l'armée a remis l'ancien régime au pouvoir. Selon Amnesty International et d’autres sources, ce coup d'état a coûté la vie à un nombre compris entre 1400 à 2000 personnes. Au moins 20.000 personnes ont été mises en prison. En décembre 2013, l'organisation des Frères musulmans, vieille de 85 ans, a été déclarée organisation terroriste. Dès lors toute appartenance, possession d’ouvrages de littérature ou participation à des manifestations est passible de prison. Suite à cela, le gouvernement britannique a mis les Frères musulmans à Londres sous surveillance.

Le lundi 21 mars, à la ville d'El Minia, dans un procès inique, un tribunal a condamné à mort 529 personnes, jugées responsables de la mort d'un policier et d’autres violences pendant l'été 2013. En guise d’information : le 13 août 2013, pendant la même période, 37 détenus menottés ont été gazés dans un fourgon de police, après que des policiers y eurent lancé des grenades lacrymogènes. Un seul policier a été condamné à 10 ans de prison pour ces 37 meurtres ! Et ça continue : le mardi 22 mars, 700 autres personnes ont été citées à comparaître.

Nous assistons à l'extermination pure et simple de l'organisation des Frères musulmans. Nous exigeons l'annulation des procès. Nous exigeons la libération de tous les détenus politiques en Egypte.

C’est aussi une occasion de déclarer que le Parti des Egalitaires est solidaire de tous les détenus politiques en Palestine, à Guantanamo ou au Maroc ! De Georges Ibrahim Abdallah en France à Mumia Abu Jamal aux Etats-Unis : liberté pour les prisonniers politiques.

Pour le Parti des Egalitaires, Amina Amadel et Hicham Hadj Ben Azzouz