vendredi 20 mars 2020

Farida Aarrass : nous vivons une expérience qui nous rapproche un tout petit peu des personnes en détention

#WAITING4ALI. J - 14 

En attendant la libération d'Ali Aarrass le 2 avril 2020
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Je ne peux m'empêcher de penser que nous sommes tous aujourd'hui en train de vivre une expérience qui nous rapproche un tout petit peu des personnes en détention.

Je dis bien un tout petit peu, parce que pour eux c'est beaucoup plus dur.

Ils n'ont ni fenêtres pour admirer le ciel dans son entièreté et respirer profondément, pour y chanter ou parler avec un voisin,...

Ils n'ont pas d'appareils branchés au wifi pour pouvoir s'évader virtuellement, ni même quelqu'un avec qui causer. 

Ils n'ont pas une cuisine pour y mijoter des bons petits plats ou y préparer le dessert de leur choix. 

Ils n'ont même pas un lit ni canapé pour pouvoir s'y prélasser en regardant un bon film...

En somme, je me dis que ce confinement est lui aussi en train de nous donner des leçons.

Nous avons tout pour pouvoir nous occuper l'esprit des journées entières. Des bouquins, des pc, des GSM, de l'espace, des denrées alimentaires, des proches, des voisins des amis,....

Il y a vraiment de quoi faire. Ne trouvez vous pas ?

A travers et au bout de tout ceci, nous gagnerons la patience.

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jeudi 19 mars 2020

Coronavirus ! Les Familles des détenus du dossier Belliraj lancent un appel urgent au Roi Mohammed VI (français/arabe)

Appel urgent à l'intention de sa Majesté le Roi Mohammed VI

Dans le contexte de l’épidémie mondiale du Coronavirus, Nous, familles des détenus politiques dans le dossier Belliraj, incarcérés dans les prisons marocaines depuis plus de 12 ans, nous prions et implorons son altesse royale de libérer nos maris, frères et pères. 

Leur incarcération dans les conditions actuelles et futures de la propagation de la maladie est équivalente à une exécution martiale que l’histoire n’oubliera ni ne pardonnera pas. 

Nous supplions son altesse royale d’intervenir pour éviter une tragédie certaine.

Familles des détenus du dossier Belliraj


نداء عاجل إلى جلالة الملك محمد السادس
هذه الجائحة لن تصدها جدران السجون الاسمنتية العالية
نهيب بجلالة الملك محمد السادس. نحن عائلات المعتقلين السياسيين في ملف بليرج. ان يطلق سراح معتقلينا اللذين قضوا في السجن 12 سنة
نخشى ان تمر الايام و الساعات و يتفشى هذا الوباء في كل مكان. و يبقى هؤلاء المعتقلون يواجهون الموت المحقق بالعشرات
نهيب بجلالة الملك بان يتدخل لتفادي هذه الكارثة
عائلات معتقلي ملف بليرج

mercredi 18 mars 2020

Prison de Louvain secondaire : une femme de détenu témoigne !

Bonjour,

je viens de lire votre article,  sur les détenus. 

Depuis six mois, mon mari est incarcéré à la prison secondaire de Louvain. 
Nous venons de  France. Depuis six mois, mon mari n'a pas été jugé : tous les 2 mois sa détention est renouvelée par la chambre du conseil. 

Mon mari vit l'enfer la-bas. Nous avons trois enfants, dont un bébé de un an. 

A son arrivée à la prison mon mari a dormi 17 jours par terre, avant d'être mis dans une cellule à deux. Il reçoit un repas le midi et pas de repas le soir : est-ce normal? 

Je téléphone à la prison et personne ne me parle en français. Ils ne comprennent pas ce que je dis ? Pour mon mari c'est  pareil a l'intérieur. On ne lui parle qu'en néerlandais. Aucun service social ne m'a contacté. J'ai pris un avocat qui ne sert à pas grand chose, car lui meme ne nous rassure pas. Oui pour ces honoraires de 2000 euros que je lui ai fait par virement, là il a communiqué avec moi. Je ne sais plus quoi faire. 

Mon mari vit très mal à la prison de Louvain,  Il a eu des boutons sur tous le corps, il se grattait pendant la nuit, personne ne s'en soucie. Il me dit qu'aucun gardien porte un masque, il n'y a aucune mesure de sécurité, je suis perdue. je ne sais pas a qui m'adresser pour que les choses bougent dans cette prison

(une femme de détenu, nom connu par Familles de Prisonniers pour la Justice) 

lundi 16 mars 2020

Coronavirus : les familles de personnes incarcérées sont extrêmement inquiètes et ne savent plus comment rassurer leurs enfants

(dessin Relais Parents Enfants) 

Le Covid 19 derrière les barreaux


La prison représente un laboratoire d’analyse du social, dans la mesure où elle concentre dans un espace circonscrit et de façon amplifiée, bien des phénomènes observés dans d’autres champs de la société.  Finalement elle n’en représente qu'un échantillon, une pâle copie à échelle réduite. La déshumanisation qui habille ses murs est à couper le souffle ! 

Nous sommes au cœur d'une crise de santé publique mondiale. Et a ce titre, l’univers carcéral est l'un des microcosme les plus touchés ! Le confinement de centaines de détenus, le manque de moyens, le manque de soins mais aussi de tests et d’hygiène favorisent la propagation du virus a une vitesse phénoménale ! 

Plus d'une quarantaine d'individus agents pénitentiaires comme détenus ont été contaminés. Les prisons du pays sont immobilisées. Les préaux sont annulés, les visites interdites et quelques ailes ont été vidées dans le but de créer un semblant de confinement. La nourriture n'arrive plus a destination, les enfants hurlent après leur parents, les familles n'ont plus de nouvelles et certain détenus ont été libérés par la force des choses, tandis que les jugements sont annulés et toutes les procédures en arrêt. 

Les familles qui ont un proche incarcéré sont extrêmement inquiètes et ne savent plus comment rassurer leurs enfants. De probables débordements sont  à prévoir, en espérant qu'il n'y ait pas de morts cette fois ci. 
Souvenez vous de la grève de 2016 qui avait elle causée pas moins de 4 morts, en l'absence totale de virus.  En Italie dans la prison de Foggia, prêt de Milan, les émeutes ont déjà causées la mort d'une dizaine de détenus ce lundi 16 mars 2020. 

Doit on s'attendre une fois de plus à de nouveaux drames humains à l'ombre de notre société ? 

Les familles de détenus
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samedi 28 septembre 2019

"Situation des 19 prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik", par la LPPS- Ligue de Protection des Prisonniers Politiques Sahraouis (septembre 2019)




***Le Groupe est réparti  dans 5 prisons du Maroc depuis septembre 2017. 

1-Prison centrale de Kenitra 35 km de Rabat Maroc, 1219 km de El Aaiun SO.

** Abdallahi Elouali LakhFaouni :
Date d'arrestation : 12/11/2010--date de jugement : 19 / 07 2017--peine : Perpétuité. 

**Ahmed Elbachir Sbai :
Date d'arrestation : 08/12/2010--date de jugement : 19 /07/2017--peine : Perpétuité. 

**El Houssein boujmaa lmahjiub Zaoui :
Date d'arrestation : 02/12/2010 --date de jugement : 19/ 07/ 2017--peine : 25 ans de prison. 

**Mohamed Elbachir Allali Boutanguiza : 

date'arrestation : 19/11/2010--date de jugement

19/07/2017--peine : Perpétuité. 

**Naâma Abdi Asfari :
Date d'arrestation 07/11/2010--date de jugement 19/07/2017--peine : 30 ans de prison. 

* *Hassan Sidi Raddi Edah :
Date d'arrestation : 05/12/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : 25 ans de prison.
2 -Prison locale Laarjat 1 Région Salé, 30 km de Rabat Maroc, 1193 km de El Aiun SO.

** Abdeljalil Kamal Laaroussi : 
Date d'arrestation : 12/10/2010--date de jugement : 19/07/2017-- peine : Perpétuité. 

3-Prison locale Tiflet 2 région Khmissate 56 km Salé Maroc, 1232km de El Aaiun SO.  

** Elbachir Laabd Lmehdar Khadda : 
Date d'arrestation : 05/12/2010-date de jugement : 19/07/2017-peine : 20 ans de prison. 

** Mohamed Lamine Abidine Haddi : 
Date d'arrestation : 23 / 11 /2010--date de jugement : 19/ 07/ 2017--peine : 25 ans de prison. 

** Sidi Abdelahi Ahmed Sidi Abhah 
Date d'arrestation : 19/ 11/ 2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : Perpétuité. 

** Mohamed Ahmed Salem Mohamed Hassann Bourial : 
Date d'arrestation : 08/11/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : 30 ans de prison. 

 4 -Prison d’Ait Melloul region Agadir / sud Maroc 624 km de Laayoune SO.

** Mohamed Mbarek Ali Salem Lefkir : 
Date d'arrestation : 12/12/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : 25 ans de prison.

** Mohamed Anini Erouh Bani 
Date d'arrestation : 08/11/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : Perpétuité. 

** Sidi Ahmed ** ** Faraji Iich Lamjayed : 
Date d'arrestation : 26/12/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : Perpétuité. 

** Brahim Daddi Ismaili :
Date d'arrestation : 19/11/2010--date de jugement :

19/07/2017--peine : perpituité.

5 -Prison de Bouzarkane region de Guelmim/ sud Maroc 481 km de El Aaiun SO. 

** Mohamed Ambito Andela Tahlil : 
Date d'arrestation : 05/12/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : 20 ans de prison. 

** Abdoulah Ahmed Elhafed Toubali : 
Date d'arrestation : 02/12/201--date de jugement : 19/07/2017--peine : 20 ans de prison. 

** Chaikh Lkaouri Banga : 
Date d'arrestation : 08/11/2010--date de jugement : 19/07/2017--peine : 30 ans de prison. 

** Mohamed khouna Eddih bobit : 
Date d'arrestation : 15/08/2011 --date de jugement : 19/07/2017--peine : 25 ans de prison..

***Droit de visite.  

-Les visites ne sont autorisées que pour les membres de la famille (trois personnes et la plupart du temps qui portent le même nom que le prisonnier). Durée de la visite 30 minutes sous cameras en présence des gardiens. Refus de disposer d 'une salle privée pour  recevoir les familles et être séparés des prisonniers des droits commun.
-Par exemple, le 1er août 2019, la direction de la prison d’Ait Melloul 2 a refusé le droit de visite des PPS suivants : Mohamed Bani , Mohamed mbarek lfkir et Brahim Ismaili. Cela arrive aussi pour les autres PPSGI. dans les différentes prisons .
-Madame Claude Mangin-Asfari a été privée de son droit de visite pour la 5e fois le 8 juillet 2019.4 expulsions en 2016, 2017, 2018. Une visite autorisée le 14-15 janvier 2019 après son action de 30 jours de grève de la faim en avril mai 2018.

***Droit à l’accès aux soins.

-D'après les informations collectées auprès des familles aucun PPS ne bénéficie d'un traitement médical. Les prisonniers refusent toute visite médicale à l'extérieur car l'administration les oblige à porter la tenue de prisonniers condamnés. Or les prisonniers considère que leur cas étant devant la cour de cassation ils ne sont pas condamnés et demandent d’être traités comme des prisonniers politiques v

-Ahmed Sbai n’a pas pu être hospitalisé le 04 sept 2019 pour cette raison . 

-Sid Elbachir Boutenguiza maltraité par les gardiens est privé de son droit aux soins le 03 avril 2019.

-Abdelahi Lakhfaouni , Khadda Elbachi et Mohamed Lamine Baddi souffrent d'une maladie chronique de l'estomac sont privés traitement médical.

-Abdeljalil Laaroussi souffre de maladies chroniques. Aucune opération n'a été faite sur ses genoux  malgré les promesses de la direction pénitentiaire.

-Mohamed Bani souffre d’allergie cutanée à cause de la nourriture avariée. Avec ses codétenus, ils ont refusé les repas donnés par la direction de la prison d’Ait Melloul entre octobre2018 et janvier 2019

***- Droit aux études. 

Certains PPS ont été privés de continuer leurs études parce qu’ils sont sahraouis. En 2018/19, Hassan Dah était en doctorat et Abdelahi Lakhfaouni était en Master matière droits de l'homme.


***Droit à une nourriture convenable.

Toute entrée de nourriture apportée par les familles est refusée par la direction pénitentiaire 


***Droit de déposer une plainte et d'autres procédures administratives.

Aucun prisonnier et aucune famille ne sont autorisés à déposer de plaintes suite à des traitements dégradants ou harcèlement occasionnés par les fonctionnaires. Aucune enquête n’est diligentée. Les documents administratifs comme les procurations de la  famille doivent être signées avec l’ autorisation de la prison, par ex pour Abdelahi Lakhfaouni.


*** Droit au rapprochement auprès des familles au SO. 

Malgré de nombreuses grèves de à faim observées par les PPS pour obtenir leur transfert pour se rapprocher de leurs familles au SO, aucune revendication n'a été entendue par l'administration pénitentiaire de rabat jusqu’à ce jour. Grève à  la prison centrale de Kenitra du 09 mars 2018 au 10 avril 2018, à la prison local de Tiflelte2 en septembre et en novembre 2018. Les promesses de l’administration pénitentiaire pour faire cesser les grèves n’ont jamais été suivies d’effet.

***Droit à l’intégrité morale et physique.

-Le lundi 03 décembre 2017, Mohamed Tahlil  a été mis à l’isolement dans une cellule individuelle-le cachot-durant 45 jours et selon les sources des proches, le chef de quartier l’a violement tabassé. Il a dû se mettre nu. Il souffre d'une maladie chronique les hémorroïdes, d’obstruction de la vessie. Il ne  bénéficie d’aucun traitement médical.

-Ahmed Sbai et Abdelahi Abhah ont été soumis à l'isolement-10 jours dans de cachot-à la prison centrale de Kenitra en octobre 2017.

-Naâma Asfari  a été  mis au cahot à la prison de Laarjat  au mois de février 2018 durant 40 jours.

-Abdelahi Lakhfaouni, Boutanguiza Elbachir, Mohamed Bourial et Abdelahi Abhah ont été maltraités et isolés dans un cachot lors de leur grève de la faim à la prison de Kenitra du 09/03 au 10/04/2018.

-Abdelahi Abhah et Mohamed Bourial juste après la suspension de leur grève de la faim ont été transférés à titre disciplinaire de la prison centrale de Kenitra à la prison locale de Tifelte 2 où ils ont subi des traitements inhumains durant 45 jours dans le cachot entre mai et juin 2018.


Rappel:  cassation : 


Depuis le jugement de la Cour d’Appel du  17 juillet 2017 la cour de Cassation à Rabat ne s’est pas prononcé alors que le dépôt a été fait dans les temps par les PPS une semaine après conformément à procédure réclamée et par les avocats de la défense en décembre 2018.

Des sources fiables confirment la réception des dépôts et le commencement de l’étude par les magistrats marocains de la Cour de cassation  dès le mois de février 2018. Cela fait un an et demi, une durée anormalement longue.

lundi 16 septembre 2019

PRISON: Le grand procès! POUR appelle à la barre...

par Daniel Nokin

Acte d’accusation:

Alors que le gouvernement tente de construire une méga-prison de 1200 détenus à Haren, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger une réforme complète de la politique pénitentiaire. Qui enferme-t-on? Dans quelles conditions? La détention a-t-elle un sens? Est-il nécessaire de faire souffrir pour punir? Un monde sans prison est-il possible? Le prochain numéro de POUR consacré à la problématique de l’enfermement sortira de presse en novembre prochain. La rédaction a rencontré de nombreux acteurs au sein de l’univers carcéral. Nous vous ferons découvrir leur vision de la prison au fil des semaines… La prison est aujourd’hui mise en accusation par ces témoins privilégiés. Dès lors, que le procès commence!  Des interviews à suivre sur Facebook, sur notre site internet, jusqu’à la sortie du journal…
POUR dépose une première pièce à conviction. Une seule question a été posée à tous les témoins qui se succéderont à la barre: pour vous, la prison, c’est…
LIRE ICI 

jeudi 11 juillet 2019

Ahmed Elasey , sdf abattu par les forces de l'odre condamné en appel à 6 ans fermes !

par Gene Vreden, groupe de soutien à Ahmed

Bruxelles, juin 2019, 

Sans-abri condamné pour tentative de meurtre il se voit augmenter sa peine en appel!

Comment dire, comment écrire, comment exprimer l'effroi que déclenche le verdict de l'appel  prononcé le 21 juin dernier au palais de justice de Bruxelles. Il s'agissait de l'appel du jugement qui condamnait en décembre 2018 M. Ahmed Elasey à cinq ans de prison fermes pour "tentative de meurtre".

Les faits remontent au 17 septembre 2018 à Bruxelles, sur le trottoir de l'Office des étrangers, juste à côté du parc Maximilien. Plusieurs policiers viennent une nouvelle fois pour déloger M. Ahmed Elasey, mais que celui-ci refuse et s'assied pour fumer une cigarette. Cette attitude anodine en soi ne correspond pas aux attentes des forces de l'ordre et M. Ahmed Elasey se voit menacer par un policier avec sa matraque. Pris par la peur il veut qu'on lui fiche la paix et se lève pour s'en aller, son petit couteau à la main. La situation prend une allure qui aurait pu être qualifiée de rocambolesque, sauf que dans la vraie ville de Bruxelles, les nombreux policiers se dirigent vers lui et tentent de l'immobiliser brutalement. On bouge, on refuse et le couteau blesse un des policier au crâne. Aspergé et aveuglé par le spray des policiers, frappé, maintenu, il est alors visé par un policier qui tire trois balles. L'une le touche à l'abdomen, l'autre à la jambe, et les coups de pieds se poursuivent...
M. Ahmed Elasey est hospitalisé en soins intensifs! Il y sera interrogé par la police le lendemain et y séjournera 40 jours.

Notons que la blessure du policier au crâne, en outre qualifiée de légère, ne peut en aucun cas être imaginée comme "tentative de meurtre". Le refus de M. Ahmed Elasey de lâcher son couteau, est effectivement ce qui  sous-tend l'ensemble de l'accusation policière. Cette attitude frondeuse de la part d'une personne sans-abri se transforme pour les policiers "qui ne font que leur travail"*, en prétexte de défendre un collègue, de telle sorte qu' un des 6, 7 policiers si bien intentionné à l'égard de son collègue, tire tout bonnement à trois reprises sur Monsieur Elasey!

Alors la Cour se met tergiverser comme elle l'a fait en précisant certaines formulations telles que "avoir été porteur d'un objet piquant et tranchant...qui n'était pas ... comme arme mais dont il apparait que le prévenu tentait manifestement de l'utiliser ... pour blesser ..."* blabla destiné à justifier la prévention de "tentative de meurtre" ... "ces faits sont extrêmement graves le prévenu n'ayant pas hésité à tenter de tuer deux policiers qui ne faisaient que leur travail ... manifestement mu par une rage difficilement contrôlable..."*

... On croit cauchemarder, c'est pas sérieux? eh bien si, hélas, pour la Cour, c'est plausible! Alors comment la Cour sait-elle que c'est "manifestement mu"* par quelque chose ? et comment la Cour prétend-elle savoir que le prévenu "n'a pas hésité à tenter de tuer"*? Même un profane en droit se rend compte que vouloir tuer quelqu'un.e ne ressemble pas à ce cas de figure, c'est criant.
Une personne sur la rue que les policiers viennent "embêter" fréquemment, à qui ils retirent les objets personnels, les voyant débarquer une nouvelle fois, n'a-t-elle donc pas de raison d'être irritée et de ne pas avoir envie d'obtempérer? Même s'il s'agit de forces de l'ordre?!
Les forces de l'ordre opèrent-elles de manière pertinente? Pour quelle raison sont-elles à 6 ou 7 à entourer une personne seule, même munie d'un canif? Cela justifie-t-il qu'un policier se permet de sortir son arme? de la pointer et de pan pan pan, tirer dans l'abdomen et les jambes? Et bien non! L'usage de la force, et à fortiori le tir d'arme à feu sont des matières strictement réglementées.

Mais la Cour, peut-être, permettons-nous des supputations puisque le juge le fait aussi (manifestement, il apparait, etc.. ne sont pas des fait avérés ni prouvés) donc permettons-nous de supputer que les tirs policiers qui ont failli couter la vie à un être humain démuni, doivent être absolument couverts et justifiés, imaginons aussi que le fait que nous ayons sorti cet homme de l'anonymat pourtant bien orchestré puisque les hôpitaux prétendaient ne pas l'avoir reçu, la presse ne le décrivant que comme un migrant dans un premier temps un SDF ensuite, cet anonymat a été contrarié par les actions de soutien et pis encore, des avocat.e.s se sont penché.e.s sur son dossier et ont effectué un travail juridique approfondi qui malheureusement va à l'encontre de l'accusation portée.

Donc qu'en résulte-t-il ? une augmentation de la peine initiale portée des 5 ans elle passe à 6 ans fermes! "celle prononcée par le premier juge étant insuffisante"* - "cette peine tient compte (...) aussi de la précarité sociale et financière dans laquelle se trouve le prévenu, des séquelles médicales qu'il subit toujours actuellement suite au coups de feu qui ont dû être tirés et son absence antécédents judiciaires"* 
Quand on vous disait qu'on croit cauchemarder !
"La hauteur de cette peine ne permet pas d'accorder au prévenu une quelconque mesure de faveur. Par ces agissements le prévenu s'est largement montré indigne de participer à l'organisation de la société."*
En fait il ne s'agit pas de vérité judiciaire et justifiée juridiquement sur base des textes de loi, il s'agit de la part des juges d'émettre leurs avis moralisateurs exprimés de la part d'une caste qui bien au chaud derrière son titre, se permet d'envisager la société d'une manière personnelle bien particulière.

Reprenons ici la citation d'Aharon Barak : "Le juge doit être conscient de son pouvoir ainsi que de ses limites. Dans une démocratie, les pouvoirs conférés au juge sont très importants. Le pouvoir judiciaire comme n'importe quelle autre forme de pouvoir peut faire l'objet d'abus. Il faut que le juge comprenne que son pouvoir se limite à son judiciaire à proprement dit"

Nous en sommes loin!

juillet 2019 G 
groupe de soutien à Ahmed