lundi 13 février 2017

Merci de signer "l'Appel pour un moratoire sur la construction de nouvelles prisons en Belgique" / Dank om de "Oproep voor een moratorium op de bouw van nieuwe gevangenissen" te ondertekenen.

(photo : manifestation contre la réouverture de la prison de Tongres en 2009 / betoging tegen nieuwe jeugdgevangenis in Tongeren in 2009)

Texte en FR ci-dessous.
Merci de diffuser.

Beste,
De alarmerende bevindingen over de situatie in de Belgische gevangenissen blijven zich opstapelen. Opeenvolgende regeringen reageren door in te zetten op de bouw van meer gevangenissen. We denken dat we niet meer gevangenissen nodig hebben, maar meer middelen voor rechtvaardigheid, begeleiding van gevangenen, re-integratie en solidariteit.
Daarom deze oproep tot een moratorium op de bouw van nieuwe gevangenissen.
Deze oproep komt er nu de bouwvergunning voor de mega-gevangenis in Brussel, onderhandeld op de meest ondoorzichtige manier, werd toegekend. Er is nu alleen nog een milieuvergunning nodig.  De oppositie tegen dit project lijkt ons de gelegenheid om deze dynamiek verder uit de diepen. Het huidige gevangenisbeleid is achterhaald, het moet evolueren. Maar zonder het engagement en de betrokkenheid van de burgers maakt die evolutie geen kans.
We roepen ook op tot de organisatie van een Staten-Generaal van de burgers omtrent het gevangeniswezen, die fundamenteel het huidige gevangenisbeleid zou kunnen bevragen.
Wij hopen op uw steun te kunnen rekenen door het ondertekenen van deze oproep.

Dank u om uw naam en functie / beroep via mail op te sturen naar Jean-Baptiste Godinot jbgodinot@rassemblement-r.be en / of Luk Vervaet vervaetluk@gmail.com

Met vriendelijke groet,
Luk Vervaet en Jean-Baptiste Godinot

*
Chère Madame, cher Monsieur, cher ami,
Les constats alarmants sur la situation dans les prisons belges ne cessent de s'accumuler, depuis des décennies. Les gouvernements successifs y répondent par la même erreur : construire toujours plus de prisons. Nous n'avons pas besoin de plus de prisons mais de plus de moyens pour la justice, l’accompagnement des détenus, la réinsertion, la solidarité.
C'est le sens de l’appel que vous trouverez ci-joint, qui appelle à un moratoire sur la construction de toute nouvelle prison.
Il est lancé au moment où le projet de mégaprison de Bruxelles, négocié dans la plus complète opacité, pourrait être autorisé (le permis d’urbanisme a été délivré, manque le permis d’environnement). L'opposition de la société civile à ce projet nous semble constituer une invitation à poursuivre la dynamique en l'approfondissant. La politique carcérale actuelle est obsolète, elle doit évoluer. Il nous semble visible qu'elle n'évoluera pas sans une implication significative de la société civile.
Nous appelons donc également à l’organisation d’états généraux citoyens de la prison, qui devraient interroger fondamentalement la politique carcérale actuelle.
Nous espérons pouvoir compter sur votre soutien que vous pouvez marquer en signant cet appel.

Merci d’envoyer votre NOM et votre FONCTION/PROFESSION par mail à Jean-Baptiste Godinot jbgodinot@rassemblement-r.be et/ou Luk Vervaet vervaetluk@gmail.com

Bien cordialement,
Luk Vervaet, Jean-Baptiste Godinot




Appel pour un moratoire sur la construction de nouvelles prisons en Belgique

Le nombre de détenus en Belgique a doublé entre 1980 et les années 2000, passant de 5.000 à plus de 11.000. Cette inflation carcérale ne s’explique pas par l’explosion du crime et de la délinquance, qui sont restés stables[1]
Il s’agit d’un tournant punitif et répressif, également pris par la plupart des pays européens au cours des années 1970 - 1980. 

Les gouvernements successifs y ont répondu par la construction de nouvelles prisons. En 30 ans, le nombre de cellules a augmenté de 176%. Pendant la dernière décennie des nouvelles prisons ont été construites, prétendument pour lutter contre la surpopulation carcérale : à Ittre (2003), Hasselt (2005), Marche-en-Famenne (2013), Leuze-en-Hainaut (2014) et Beveren (2014).  Pourtant, le taux de surpopulation des cellules en 2015 était encore de 10%. Un constat s’impose : plus on construit de prisons, plus on les remplit.

Le gouvernement actuel annonce sa volonté d’en construire davantage : à Vresse-sur-Semois, à Lantin, à Verviers, à Leopoldsburg, à Wavre et à Paifve. Ainsi que les prisons de Haren et de Termonde, pour l’instant bloquées par la mobilisation des citoyens.

La construction d’une méga-prison à Haren est emblématique de la fuite en avant qui nous mène droit dans le mur. 
Elle devrait être la plus grande de Belgique, d’une superficie de 51.000 m² de bâtiments, et 15.000 m² de surfaces extérieures, et détruirait l’un des derniers grands espaces verts et arables de Bruxelles. Composée de huit entités, elle permettrait l’enfermement de 1200 détenus. 
Le coût total de cette seule mégaprison, sur les 25 années que prévoit le contrat du « partenariat-public-privé » négocié dans une complète opacité, est estimé à plus de 3 milliards d’euros[2]
Cette somme colossale engloutie dans les murs d’une seule prison n’est, bien entendu, plus disponible pour la Justice, qui est chroniquement sous-financée. Elle ne l’est pas non plus pour la prévention de la délinquance, ni pour la réinsertion des détenus. 
Il est désormais connu que la désocialisation qu’entraine la privation de liberté sur les détenus, la coupure d’avec leur famille et la société, l’absence de programme de suivi et d’accompagnement ont des effets dévastateurs  sur leurs capacités à se réinsérer dans la société, à trouver un emploi, un logement.
En Belgique, environ 50% des détenus récidivent[3], témoignage de l’échec cuisant de la prison comme peine de justice. L’enfermement devait dissuader la délinquance, or, elle est parfois l’école du crime.

La construction des nouvelles prisons, et de la méga-prison de Haren en particulier, nous met devant un choix de société. Rappelons que les prisons sont avant tout des prisons pour les pauvres. Pas parce que les pauvres commettent plus de délits, mais parce qu’ils sont davantage condamnés tout au long de la chaîne pénale. Le constat dressé dans le dernier rapport 2016[4] de l’Observatoire international des prisons de Belgique est sans appel : « la plupart des détenus possèdent une position socioéconomique faible. La plupart n‘ont pas de diplôme. 30% seraient analphabètes, 45% n’auraient que leur CEB[5]. Avec un parcours de vie empreint de ruptures avec les institutions premières d'inscription au sein de la société, que ce soit au niveau de la famille, de l'école ou du travail… »[6].

Pendant que des milliards sont engloutis dans les prisons du Masterplan, la pauvreté et la misère se sont aggravées à Bruxelles - huit des communes belges avec le plus bas revenu moyen du pays se trouvent toujours à Bruxelles - et aucune politique actuelle ne permet d'inverser cette tendance.

Nous n’avons pas besoin de plus de prisons, mais d’un projet de société qui donne une place digne à chacun, qui mette un terme à la misère et qui renforce les liens de solidarité. Plutôt qu’un énième « masterplan prisons, nous voulons un « masterplan justice et solidarité » capable d’offrir à tous un futur avec avenir.

Pour ces raisons, nous appelons à un moratoire immédiat sur la construction de toute nouvelle prison en Belgique. Nous appelons également à l’organisation d’états généraux citoyens de la prison pour tourner la page du désastre carcéral en cours.



Oproep voor een moratorium op de bouw van nieuwe gevangenissen in België

Tussen 1980 en 2000 steeg het aantal gevangenen in België van 5.000 tot meer dan 11.000. Deze explosieve groei van de gevangenisbevolking verklaart zich niet door de explosie van misdaad en criminaliteit. Die cijfers bleven immers relatief stabiel[7]. Het gaat daarentegen om een ‘punitive turn’, die in de meeste Europese landen plaatsvond in de jaren 1970 - 1980. Als antwoord op de overbevolking van de gevangenissen kozen de opeenvolgende regeringen voor de bouw van nieuwe gevangenissen. In 30 jaar tijd nam het aantal cellen toe met 176%. Tijdens het laatste decennium werden nieuwe gevangenissen gebouwd in Ittre (2003), Hasselt (2005), Marche-en-Famenne (2013), Leuze-en-Hainaut (2014) en Beveren (2014). De graad van overbevolking van de cellen stond echter in 2015 nog altijd op 10%. Men kan alleen maar vaststellen dat hoe meer gevangenissen men bouwt, hoe meer men ze vult.

De huidige regering kondigde aan om op die weg verder te gaan en nog meer gevangenissen te gaan bouwen: in Vresse-sur-Semois, Lantin, Verviers, Leopoldsburg, Waver en Paifve. En ook in Haren en Dendermonde, waar de bouw tot op vandaag wordt geblokkeerd door het verzet van de burgers.

De bouw van een mega-gevangenis in Haren (Brussel) is tekenend voor de vlucht vooruit. Die gevangenis moet de grootste worden in België, met een oppervlakte van 51.000 m² aan gebouwen en nog eens 15.000 m² supplementaire oppervlakte errond. Ze vernietigt zo één van de laatste grote groene ruimtes en akkerbouw van Brussel. De gevangenis zou bestaan uit acht eenheden en toelaten om 1.200 gevangenen op te sluiten. De totale kostprijs van Haren alleen, onderhandeld via een "publiek-privaat samenwerkingscontract" dat loopt over een periode van 25 jaar, wordt geschat op meer dan 3 miljard euro[8]. Deze kolossale som, die wordt verzwolgen in de muren van een gevangenis, is vanzelfsprekend niet langer beschikbaar voor Justitie, die al chronisch onder-gefinancierd is. Het bedrag is er evenmin nog om aan preventie of aan re-integratie van gevangenen te doen.

Het is nu alom bekend dat de gevangenis catastrofale effecten heeft. Ze veroorzaakt een breuk met de familie en de maatschappij en zorgt niet voor opvolging of re-integratie. In België bedraagt de graad van recidive zo’n 50[9]. Het cijfer getuigt van de rampzalige mislukking van de gevangenis als manier om aan ‘recht’ te doen. Opsluiting zou mensen moeten afbrengen van misdaad, terwijl men in de gevangenis vaak het vak kan leren.

De bouw van nieuwe gevangenissen, en die van de mega-gevangenis van Brussel in het bijzonder, stelt ons voor een maatschappelijke keuze. De gevangenissen zijn op de allereerste plaats gevangenissen voor de armen. Niet omdat arme mensen meer misdaden plegen, maar omdat zij door het gehele strafsysteem als eerste geviseerd worden. De vaststelling in het rapport 2016[10] van het Observatoire international des prisons over België preekt boekdelen: "de meeste gevangenen hebben een lage sociaaleconomische positie. De meesten hebben geen diploma. 30% is analfabeet, 45% heeft alleen een getuigschrift van lager onderwijs[11]. Hun leven zit vaak vol met breuken vanaf hun eerste contact met de instellingen, zowel op gezinsvlak, op school of op het werk ...[12] ". Terwijl miljarden worden opgeslokt door de gevangenissen van het Masterplan, is de situatie er op het vlak van armoede en miserie in Brussel er alleen maar op verslechterd – de acht Belgische gemeenten met het laagste gemiddelde inkomen van het land bevinden zich nog steeds in Brussel - en er is geen beleid te bespeuren dat deze trend zal ombuigen.

We hebben niet meer gevangenissen nodig, maar een samenlevingsproject dat aan iedereen een volwaardige plaats biedt. Een project dat een einde maakt aan de armoede en de solidariteit versterkt. In plaats van een zoveelste "Masterplan voor de gevangenissen”, willen we een 'Masterplan voor rechtvaardigheid en solidariteit" in staat om aan iedereen een toekomst te bieden.

Om deze redenen, roepen wij op tot een onmiddellijk moratorium op de bouw van nieuwe gevangenissen in België. We roepen op tot de organisatie van een Staten-Generaal van de burgers om de rampzalige pagina van het gevangeniswezen definitief om te draaien.




[1] Voir les données de l’Institut national de criminalité et criminaliste (INCC).
[2] Soit 120 millions d’euros par ans en moyenne, ou 7% du budget annuel de la Justice en 2016, qui rapporté au PIB est l’un des plus bas d’Europe.
[5]CAAP, Offre de services faite aux personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de Wallonie et de Bruxelles, 2013-2014.
[6]P. MARY, F. BATHOLEYNS, J. BEGHIN, « La prison en Belgique : de l’institution totale aux droits des détenus ? », Déviance et Société, 2006, vol. 30, n° 3, pp. 389 à 404.
[7]  Zie de cijfers van het Nationaal Instituut voor Criminalistiek en Criminologie (NICC)   https://nicc.fgov.be/
[8] Een gemiddelde van 120 miljoen euro per jaar, of 7% van het jaarbudget voor Justitie in 2016
[12] P. MARY, F. BATHOLEYNS, J. BEGHIN, « La prison en Belgique : de l’institution totale aux droits des détenus ? », Déviance et Société, 2006, vol. 30, n° 3, pp. 389 à 404

vendredi 27 janvier 2017

Two appeals / Deux appels / Twee oproepen : Stop Prison building ! Construction de nouvelles prisons : Stop ! Stop de bouw van nieuwe gevangenissen (UK January 2017/ France septembre 2016)


UK : Pressure mounts for immediate halt to prison building

POSTED BY RECLAIM JUSTICE NETWORK  JANUARY 26, 2017

The Guardian has today published a letter from the Reclaim Justice Network calling for an immediate halt to the government’s prison building programme. The statement, organised by the Network, has amassed more than fifty signatories from service delivery organisations, professionals, activists and academics.
A public meeting is being organised to discuss to the future of the building programme and the opportunities for building safe and healthy communities instead of prisons. Details of this will be announced shortly. To receive updates, join the Reclaim Justice Network mailing list.

The letter printed in The Guardian can be read below.
Wednesday’s opposition day debate on prisons served to highlight the ongoing crisis in the system. At the same time, the government’s “prison-building revolution” is gathering pace, with plans to expand prison capacity by at least 10,000 places. This appears to be a revival of the “Titan prisons” policy opposed by penal reformers and mothballed in 2009. It should be halted immediately. For example, the new prison recently proposed for the site of HMP Wellingborough will more than treble its capacity to 1,600 and grand claims have been made about the opportunities that this will bring in terms of local jobs and financial investment. These plans are being rushed through without full public scrutiny and democratic debate.
The numbers of people criminalised and sent to prison have already spiralled out of control to a record high. Yet prisons do very little to address the needs of people experiencing harm or violence. Building more prisons is not the answer to the current acknowledged failings of the existing system. Rather than investing £1.3bn in building new prisons, the government should be prioritising policies that radically reduce the number of people in prison. This could include meaningful jobs, social housing, healthcare, education, transport – for all.
We are calling for an immediate moratorium on prison construction and a national debate about how to build a safer society and secure communities instead of continuing with a failed policy of criminal justice expansion. We need to build safe and healthy communities – not prisons.

Tom Kemp Reclaim Justice Network Professor Peter Squires British Society of Criminology Will McMahon Centre for Crime and Justice Studies Deborah Coles Inquest Andy Gregg Race on the Agenda Dr David Scott Open University Kate Paradine Women in Prison Jan Cunliffe Joint Enterprise Not Guilty by Association Jodie Blackstock Justice Dionne Nelson Women’s Resource Centre Chryssy HunterBent Bars Project Kevin Blowe Network for Police Monitoring Professor Phil Scraton Dr Sarah Lamble Birkbeck University Professor Pat Carlen Gina Stokes Anawim WWT Professor Joe Sim Pazuzu Gaylord Action for Trans Health Ian Marder Community of Restorative Researchers Margaret Gardener False Allegations Support Organisation Dennis Eady South Wales against Wrongful Conviction Kushal Sood Trent Centre for Human Rights Annys Darkwa Vision Housing Services Gerry McFlynn Irish Council for Prisoners Overseas

The following list of individuals also signed the letter, but were not listed in the published version by The Guardian:

Zack Ahmed, Priscilla Alderson, Helen Baker, Alana Barton, Jessica Bolton, Mary Bosworth, Louise Broadbent, Helen Brown Coverdale, Laura Carrington, Bevali Carver, Kathryn Chadwick, Mary Corcoran, Julie Costley, Jan Cunliffe, Julie Davies, Claire Davis, Anita De Klerk, Deborah Drake, Karen Evans, Finola Farrant, Andrew Henley, Kate Herrity, Anita Hobson, Hope Humphreys, Lisa Ja’afar, David Jones, Terese Jonsson, Stephanie Kewley, Sophie Lewis, Martine Lignon, Jayne Linney, Maureen Mansfield, Agnieszka Martynowicz, Tammy McGloughlin, Gillian McNaull, J M Moore, Alexandra Phillips, Nat Raha, Rebecca Roberts, Abigail Rowe, Rachel Seoighe, Andrew Sperling, Philippa Thomas, Steve Tombs, Rona Topaz, Luk Vervaet, Martin Wright

France : Construction de nouvelles prisons : une politique qui mène droit dans le mur

Le gouvernement annonce la construction de 10 000 nouvelles places de prison pour l’horizon 2024. Une réponse ambitieuse et audacieuse ? Non, une vieille recette qui a déjà fait la preuve de son inefficacité.
69 375 : c’est le nombre de personnes qui étaient détenues dans les prisons en juillet dernier, la France atteignant ainsi des taux de détention inégalés depuis le 19e siècle. Contraignant 3 à 4 personnes à partager des cellules de 9m2 en maison d’arrêt et autour de 1 500 personnes à dormir chaque nuit sur des matelas posés au sol. Au mépris du principe de l’encellulement individuel et de la dignité des personnes, près de 15 000 personnes sont en « surnombre » et une quarantaine de maisons d’arrêt connaissent un taux d’occupation de plus de 150%.
Pour y remédier, le gouvernement annonce la construction de 10 000 nouvelles places de prison pour l’horizon 2024. Une réponse ambitieuse et audacieuse ? Non, une vieille recette qui a déjà fait la preuve de son inefficacité et que les gouvernements successifs continuent pourtant de nous servir comme la seule solution pragmatique… restant sourds aux résultats de nombreuses études et statistiques qui la pointent au contraire comme inopérante, que ce soit pour endiguer la surpopulation carcérale ou pour réduire la récidive.

Que disent les chiffres ? Que depuis 25 ans, près de 30 000 places de prison ont été construites, un effort immobilier inédit entraînant une hausse de 60 % du parc pénitentiaire. Sans effet cependant sur la surpopulation car dans le même temps, le pays a emprisonné toujours plus et de plus en plus longtemps, sous le coup de politiques pénales essentiellement répressives. Des politiques qui seraient rendues nécessaires par une insécurité grandissante, entend-on dire. Une idée reçue là aussi démentie par la réalité, le taux de criminalité étant globalement stable, les homicides et violences sexuelles ayant même diminué ces dernières années. En France comme ailleurs, la courbe du nombre de personnes détenues n’est pas tant liée à celle de la délinquance qu’aux choix de politiques pénales des gouvernants. Des politiques qui se sont concrétisées dans notre pays par l’allongement de la durée moyenne de détention et par une incarcération massive pour des petits délits, avec une augmentation de plus de 33% du nombre de détenus condamnés à des peines de moins d’un an de prison en cinq ans.
Surtout, construire plus de prisons, ce n’est pas mieux protéger la société. Au contraire. La prison produit ce qu’elle entend combattre : elle aggrave l’ensemble des facteurs de délinquance en fragilisant les liens familiaux, sociaux ou professionnels, favorise les fréquentations criminogènes, et n’offre qu’une prise en charge lacunaire – voire inexistante – face aux nombreuses problématiques rencontrées par la population carcérale en matière d’addiction, de troubles psychiatriques, d’éducation, de logement, d’emploi, etc. Conséquence : 61% des personnes condamnées à une peine de prison ferme sont réincarcérées dans les cinq ans. Des chiffres qui tombent à  34 et 32% pour une peine alternative à la prison comme le travail d’intérêt général ou le sursis avec mise à l’épreuve. Tandis que les moyens manquent cruellement aux personnels et aux structures qui assurent l’accompagnement socio-éducatif et l’hébergement des sortants de prisons et personnes condamnées en milieu ouvert, le gouvernement prévoit d’injecter trois milliards d’euros supplémentaires aux cinq milliards déjà engloutis dans l’accroissement et la sécurisation du parc pénitentiaire en une décennie.

Où s’arrêtera cette fuite en avant carcérale ?

A l’heure où plusieurs de nos voisins européens ferment des prisons, où les Etats-Unis réalisent que l’incarcération de masse les a menés dans une impasse coûteuse et inefficace, la France, elle, fait le choix d’une continuité aux coûts économiques, sociaux et humains exorbitants. Pour lutter efficacement contre l’inflation de la population pénale et carcérale, c’est d’une politique pénale humaniste, ambitieuse et audacieuse, visant à investir massivement dans la prévention, l’accompagnement et le suivi en milieu ouvert, dont notre société a besoin.

Organisations signataires :

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Association national des juges de l’application des peines (ANJAP) , Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP), Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), Ban Public, CASP-ARAPEJ (Centre d’action sociale protestant – Association réflexion action prison et justice), CGT-Insertion Probation, Citoyens et Justice, Emmaüs-France, Genepi, Ligue des droits de l’homme (LDH), Observatoire international des prisons, section-française (OIP-SF), Prison Insider, Secours catholique, Syndicat des Avocats de France (SAF), SNEPAP-FSU, Socapsyleg, Syndicat de la magistrature (SM)

mardi 10 janvier 2017

Invitation à la conférence de presse de l'Observatoire internationale des prisons (OIP), sur l'état des prisons belges, le mardi 17 janvier à 14.30h, St-Gilles (Bruxelles) (français & Nederlands).



(Nederlands onderaan)
Observatoire international des prisons
oip@oipbelgique.be 
http// :www.oipbelgique.be 

 (fr) Communiqué de presse

PUBLICATION DE LA NOTICE 2016 

Mardi 17 janvier à 14h30 A la Cellule 133, 133a avenue Ducpétiaux - 1060 Saint-Gilles

La section belge de l'Observatoire International des prisons (OIP), qui milite pour le respect des droits de l’Homme en prison, vous invite le mardi 17 janvier à 14H30 à la Cellule 133a à une conférence de presse de présentation de sa dernière Notice, vaste compilation de données factuelles et empiriques sur l'état des prisons en Belgique.

Ce travail, effectué avec l'aide des témoignages et observations des différents intervenants du secteur, nous permet de recenser une nouvelle fois, de manière la plus exhaustive possible, les carences du système pénitentiaire belge. Et de constater, en le déplorant vivement, que la liste des motifs d'inquiétude s'allonge encore depuis notre précédente Notice (2013), sous les yeux d'un gouvernement fédéral pour le moins passif, qui se contente de produire des réformes sans ambition débattues à la va-vite.

2017 n'incite pas à l'optimisme après une année 2016 marquée par une grève d'agents pénitentiaires exceptionnellement longue --plus de cinquante jours au printemps--, à l'issue de laquelle aucune solution durable n'a été proposée par le ministre de la Justice pour répondre aux revendications légitimes des surveillants sur l'exercice de leur métier. 
Accès aux soins et contacts avec l'extérieur réduits voire inexistants, stress, tensions dans les établissements, etc., les prisonniers ont payé le prix fort ! Le conflit a conduit le Conseil de l'Europe à dénoncer des conditions de détention "inhumaines et dégradantes" et à réclamer une nouvelle fois l'instauration d'un service garanti dans les prisons, une demande régulièrement formulée depuis 2005 et que les gouvernements successifs continuent de ne pas respecter.

C'est ce non-respect des obligations légales de la puissance publique vis-à-vis d'une catégorie de population fragilisée que l'OIP dénonce à nouveau.

Les exemples ne manquent pas, malheureusement. Les 250 pages de notre nouvelle Notice en attestent.
Si, dans quelques cas, le quotidien des détenus s’améliore matériellement, la détention reste fondamentalement un long et obscur tunnel, vide de sens.

Contacts :
Delphine PACI : +32 478 43 68 84

Nicolas COHEN : +32 470 02 65 41

(NL) Observatoire international des prisons 

UITGAVE VAN DE NOTICE 2016

PERSCONFERENTIE
Dinsdag 17 januari om 14u30
Plaats : Cellule 133 
Ducpétiauxlaan 133a - 1060 Sint-Gillis

De Belgische afdeling van het Internationaal Observatorium van Gevangenissen (l’Observatoire International des prisons – OIP), die strijdt voor respect voor de mensenrechten binnen de gevangenis, nodigt U aanstaande dinsdag 17 januari uit om 14u30 in ‘Cellule 133a’ voor een persconferentie ter gelegenheid van de voorstelling van haar ‘Notice (2014-2017)’, een compilatie van feitelijke en empirische gegevens omtrent de huidige staat van de gevangenissen in België.

Deze studie is tot stand gekomen op basis van getuigenissen en waarnemingen vanuit de sector en stelt weerom, op diepgaande wijze, de tekortkomingen aan het Belgische penitentiair systeem vast.

Ze bekrachtigt tevens, en we betreuren dit ten zeerste, dat de lijst van bezorgdheden sinds het uitbrengen van onze ‘Notice (2009-2013)’ nog langer is geworden. Dit alles onder het oog van de – op zijn minst passief te noemen – federale overheid, die zich zonder verregaande ambitie tevreden stelt met haastige hervormingen.

In het zog van 2016, het jaar waarin penitentiaire agenten uitzonderlijk lang – meer dan 50 dagen – staakten, zonder dat de minister van Justitie een duurzame oplossing bood aan hun legitieme eisen van beroepsuitoefening, stemt 2017 ons allerminst optimistisch.

Door verminderde of zelfs onbestaande toegang tot verzorging en contacten met de buitenwereld, door stress, door spanningen binnen de inrichtingen, etc. hebben de gevangenen een hoge prijs betaald! Het conflict heeft ertoe geleid dat de Raad van Europa de omstandigheden in de gevangenissen aan de kaak stelde als zijnde “onmenselijk en onterend” en dat het de overheid weerom verzocht om een minimumdienst in de gevangenissen te garanderen, een eis die sinds 2005 reeds meermaals werd gesteld maar door de opeenvolgende overheden niet werd gerespecteerd.

Net het niet opvolgen door de overheid van wettelijke verplichtingen ten aanzien van een kwetsbare bevolkingsgroep, kaart het OIP opnieuw aan. Jammer genoeg ontbreekt het niet aan voorbeelden. Onze 250 pagina’s tellende ‘Notice’ is daarvan het levende bewijs. Al gaat het dagelijkse leven van gevangenen er, in sommige gevallen, op vooruit, toch blijft een verblijf in de gevangenissen van vandaag in wezen een lang, duister en zinloos traject. 

Contact: 
Delphine Paci: 0478 43 68 84 
Nicolas Cohen: 0470 02 65 41 

jeudi 18 août 2016

Ciné Nova 17 septembre 17 h : soirée de soutien contre le projet de méga prison de Haren (films, débats, concert..)

Plan B : Harenarticle

Refusons la prison ! Soutenons la lutte !

Peut-être vous souvenez-vous - ce n’est pas si lointain, août 2014 - le Nova, dans le cadre de son festival PleinOPENair, plantait son écran à Haren, à proximité d’un terrain de 18 ha destiné à accueillir le plus grand complexe pénitentiaire du pays. Au lendemain de notre passage, les tentes de militants d’ici et d’ailleurs commencèrent à se multiplier sur ce terrain sous pression carcérale. C’est ainsi que naquit la première ZAD (zone à défendre) de Belgique. Quelques mois plus tard, associations environnementales et des droits de l’homme, criminologues, magistrats et fervents défenseurs des terres agricoles se regroupaient pour former la plate-forme contre le désastre carcéral, et la terre disputée se couvrait de champ de patates. Dans le même temps, le projet de prison connaissait quelques avancées - dont la délivrance du permis d’environnement. En septembre 2015, les forces de l’ordre expulsaient les occupants de la ZAD, portant un coup certain à la vitalité de la lutte. Mais celle-ci reprit de plus belle en démultipliant les actions, balades, rencontres festives et autres moments de débats sur la question carcérale et les alternatives. En décembre 2015, le Collège de l’environnement refuse le permis délivré quelques mois plus tôt. Cette soirée est un coup de pouce à cette lutte de longue haleine. Tous les bénéfices iront directement au soutien des frais engendrés par celle-ci. Retour ligne
        manuel
N’hésitez donc pas aussi à user et abuser de notre bar, le temps de cette soirée organisée en collaboration avec Bruxelles Laïque !

10€ / 7,5€ (soirée)


17h. L'intérêt général et moi 

Sophie Metrich & Julien Milanesi, 2015, FR, 82’, VO.
Il en est du projet de méga-prison comme il en est d’autres grands projets portés à bout de bras par les pouvoirs publics. Pour tous ceux-ci, la société civile a du mal à discerner l’intérêt général rencontré par ces infrastructures hors norme, au coût démesuré. On pense bien sûr à des projets très connus, tels l’aéroport de Notre Dame des Landes ou le barrage du Sivens, mais d’autres sont moins connus, tels le projet d’autoroute A65 Langon-Pau ou le projet ferroviaire LGV du Sud Ouest, qui questionnent l’usage d’utilité publique et démocratique des territoires. Qu’est-ce que l’intérêt général ? Qui le définit ? Sur quels fondements ? Habiter un territoire donne-t-il des droits sur son devenir ? A travers trois projets concrets, le documentaire creuse la (non)légitimité de leur conception et donne corps aux témoignages de ceux touchés dans leur quotidien par ces méga-structures.
La projection sera suivie d’une discussion avec le comité de Haren, des (anciens) occupants de la ZAD et des membres de la plate-forme contre le désastre carcéral.



20h. Le Déménagement 
Catherine Richard, 2011, FR, 54’, VO.

Le déplacement des prisons, depuis le cœur de la ville vers la périphérie, relève d’un vaste mouvement qui n’est pas sans poser question sur le quotidien des détenus. Dans ce documentaire, ces derniers évoquent face caméra leurs conditions de vie, leurs attentes et leurs angoisses, avant et après le déménagement de la prison de Rennes (400 places), vers un nouveau Centre Pénitentiaire de 690 places construit en périphérie. A Rennes, l’établissement est surpeuplé et vétuste mais implanté au cœur de la ville, les détenus voient depuis leurs fenêtres "des habitations, les gens qui partent au travail" … A Vezin, situé en périphérie, les détenus ont la possibilité d’être seuls, bénéficient de douches en cellule, ont accès à des unités de vie familiale. Mais de leurs fenêtres, ils aperçoivent désormais "du béton, des grillages". Et se plaignent d’une atomisation des relations sociales…
La projection sera suivie d’une discussion avec Catherine Rechard (la réalisatrice du fil), Luk Vervaet (ancien enseignant à la prison de Saint-Gilles) et David Scheer (chercheur à l’ULB auteur de la thèse sur l’impact de l’architecture carcéral).



22h. Concert : Glü

Pour prolonger la soirée en musique nous avons fait appel à nos amis du groupe bruxellois Glü. Ils nous avaient déjà rendu visite en 2014 lors du PleinOPENair à Haren, pour partager avec nous leurs pulsations transes et drum’n’bass contre le projet de prison. Glü offre toujours une ouverture, un arc-en-ciel dans la noirceur de son ciel musical. Laissons-nous emporter par le gig pour percer la noirceur du monde carcéral !

samedi 4 juin 2016

Des amis de Tanguy Fourez : Eloge d'un brave homme. Tous au procès du 14 juin !

SOURCE

Nous sommes des amis de Tanguy Fourez. Nous ne le connaissons pas personnellement. Mais nous faisons partie des victimes potentielles du commissaire Vandersmissen. Quiconque a eu l'occasion de se manifester dans les rues de Bruxelles en faveur des sans-papiers, des chômeurs, des occupants de maisons vides, ou pour d'autres raisons valables connaît bien ce personnage. Pour rester polis, nous nous contenterons de dire que le commissaire Vandersmissen est un triste sire.
Tanguy Fourez est cet homme qui, le 24 mai dernier, en fin de la manifestation contre la loi Peeters, a séché le commissaire Vandersmissen d'un solide coup bien ajusté. Celui-ci, blessé à la tête en tombant, a du faire un petit séjour à l'hôpital où tant de ses victimes l'avaient précédé. Nous avons tous vu la scène, filmée et diffusée sur les réseaux "sociaux": le commissaire poursuit et gaze des manifestants en train de se disperser et, emporté par sa fureur, s'avance imprudement, gazeuse à la main ; un inconnu surgit alors que le commissaire gaze un enième manifestant, et le met au tapis d'un coup de poing. Ce poing fermé, dressé tant de fois bien haut dans les manifestations comme un symbole de lutte, s'est soudain concrétisé sur la mâchoire du commissaire !
Les images sont claires, Tanguy Fourez n'avait aucune autre arme que son poing. Il n'était manifestement pas préparé à un affrontement, n'ayant même pas pris soin de masquer son visage -erreur fatale, mais hélas fréquente... Sa photo a été publiée dans les journaux, et il s'est presenté de lui-même aux autorités. Laissé en liberté provisoire, il sera cité à comparaitre pour "des faits de rébellion armée, port d’arme prohibée par destination et de coups et blessures volontaires avec incapacité de travail sur une personne dépositaire de la force publique", et risque une peine de 5 ans d'emprisonnement -sans préjuger d'autres soucis éventuels au niveau de son boulot etc.
Nous ne cherchons pas à excuser son geste, car il n'appelle pas des excuses mais des éloges. En se portant spontanément au secours d'un autre manifestant agressé par le commissaire Vandersmissen, Tanguy Fourez a réagi comme un être humain digne de ce nom.

FGTB et PTB

Cela échappe manifestement à la direction de son syndicat qui s'est dépêchée de l'exclure et surtout de le faire savoir : "La FGTB souligne qu’un tel comportement violent est incompatible avec ses statuts fédéraux". La FGTB parle de "comportement violent" uniquement à propos du coup de poing de Tanguy Fourez, et se garde bien de mettre en cause le comportement du commissaire Vandersmissen, et de façon plus générale l'énorme pression policière exercée sur les manifs à Bruxelles. Par ailleurs, nous n'avons pas souvenir que la FGTB ait jamais émis la moindre protestation contre les agissements du commissaire Vandersmissen, qui ne datent pourtant pas d'hier.
Il semblerait que Tanguy Fourez ait été aussi un sympathisant du PTB. Le porte-parole de ce parti a fait aussitôt savoir que "Le PTB condamne catégoriquement l'acte de violence commis à l'encontre du commissaire Vandersmissen. L'agression du commissaire Vandersmissen est moralement et politiquement inadmissible. De tels actes n'ont pas leur place dans notre société et ne peuvent être tolérés". Là encore, pas un mot sur les agissements du commissaire Vandersmissen, sur les brutalités policières systématiques lors des manifestations de rue à Bruxelles. Cela n'est pas une surprise, à vrai dire. Pour les bureaucrates dirigeant la FGTB comme pour les cadres néo-staliniens du PTB, la reproduction de leur appareil l'emporte sur toute autre considération : comme toute forme institutionnalisée, elles se veulent respectables car respectueuses de la légalité. A partir de là, les solidarités horizontales n'ont plus lieu d'être et tout geste qui s'inscrit dans ce plan fait tache. De tels gestes, qui jadis faisaient partie intégrante de la culture ouvrière, sont alors condamnés par l'appareil. Ce que nous dit cet acte de veulerie politique consistant à lâcher Tanguy Fourez en pâture aux médias et à la justice, c'est que bureaucrates et politicards n'ont à l'évidence aucun sens éthique. Qu'ils se réclament de l'héritage du mouvement ouvrier ne fait que rendre cela encore plus odieux. Croit-on un instant que les ouvriers insurgés de l'hiver 1960 auraient laissé un des leurs se faire gazer sans réagir ?! Ces professionnels du discours qui n'ont à la bouche que les mots de "camarades", de "solidarité" etc., que savent-ils de la camaraderie effective entre prolétaires ? de ce sentiment de solidarité inné qui fait qu'un père de famille de 43 ans va frapper un commissaire en train de gazer un autre manifestant ? Tanguy Fourez, révolté par ce qu'il voyait, s'est porté au secours d'un camarade agressé. Il est de ces gens qui n'hésiteraient pas à se jeter à l'eau pour sauver un enfant en train de se noyer -tandis que les cadres du PTB, sur la berge, hausseraient sans doute les épaules devant une telle manifestation d'aventurisme spontanéiste...

Le mépris de classe

Tanguy Fourez, accablé par la dénonciation médiatico-policière, a tenté de justifier son geste par le fait qu'il avait bu. Une photo diffusée dans les médias le montre une canette de bière à la main. Nous imaginons les réflexions, dans les cercles du pouvoir comme dans l'inintelligentsia officielle, sur ces brutes d'ouvriers alcooliques... si en plus de ça Tanguy Fourez regardait les matchs de foot, son compte est bon, tant le mépris de classe aime se parer d'un alibi culturel... A une époque où règnent la crainte et même la peur, largement instillées par des techniques policières et médiatiques d'une extrême violence, le geste de Tanguy Fourez force le respect. Peut-être qu'une ou deux bières l'ont aidé à surmonter ses inhibitions ? et alors ? ! Il aurait pu poursuivre son chemin et, trop heureux de s'en sortir indemne, laisser son prochain se faire gazer par Vandersmissen. Mais il est intervenu et ce geste lui fait honneur. Alors que tous les appareils politiques et syndicaux n'ont de cesse de justifier les pires renoncements et les pires trahisons, ravalant la dialectique au rang d'une simple casuistique, le geste simple, clair et précis de Tanguy Fourez relève de ce que nos camarades zapatistes du Sud-Est mexicain appellent "la digne rage".

Une députée du PTB déclarait récemment au journal d'affaires L'Écho "on est capable de faire des compromis". Mais l'attitude du PTB par rapport à Tanguy Fourez ne relève même plus du compromis, elle relève de la collaboration. Ces gens pour qui le fin mot de l'Histoire consiste à occuper des places dans la sphère du pouvoir n'hésiteront pas, une fois parvenus, à envoyer à leur tour la soldatesque contre leurs propres électeurs si ceux-ci viennent à contester -le XXº siècle a été rempli d'épisodes de ce genre. Leur réthorique peut faire illusion, mais leurs silences les dénoncent.

Le commissaire

Aussi quelques extraits de ce témoignage, portée par une Bruxelloise sur le commissaire Vandersmissen, aideront à préciser les choses : "Je m'appelle Lili ; en 15 ans voilà ce que cet homme m'a fait. Il m'a traité de sale pute. Il m'a traité de merde gauchiste. Il m'a envoyé en garde à vue parce que je défendais des familles sans papiers. Il m'a envoyé en garde à vue parce que je défendais la liberté de circulation. Il m'a traité de pute à nègre. Il m'a menacé de garde à vue parce que je défendais des exilés politiques. Quand j'étais au sol et que sa police me frappait il a posé sa botte sur mon épaule, en "me demandant" de fermer ma gueule. Il m'a envoyé en garde a vue parce que j'étais qu'une sale "gouine de merde". Il m'a traité de sale gauchiste de merde. Il m'a menacé de viol alors que j'étais en garde en vue dans une cellule, cernée par les policiers qu'il dirigeait. Il a proposé a ses policiers de me violer pour me calmer, il trouvait ça drôle. Il a organisé de véritables rafles a chaque fin de manif réclamant des papiers pour tous. Ce que je viens de décrire a été vécu et relaté également par la plupart de mes ami-e s ou potes ou connaissances qui sont loin d'être tous et toutes de dangereux gauchistes, mais un jour on eut le malheur de se retrouver face à lui. (...) Cet homme a insulté de sale nègre, sale bougnoule, a peu près tous les arabes et tous les africains noirs que je connais. A frappé et a demandé à sa police de frapper volontairement tous les gens qui se battent contre les injustices, qu'ils viennent d'extrème gauche, du No Border, d'Amnesty.... Qu'ils soient contre les guerres où qu'elles soient, qu'ils soient, pacifistes ou pas. Cet homme a suscité et généré une violence gratuite inouïe dans notre ville. A suscité la terreur : finir dans une garde à vue gérée par cet homme était synonyme de violence, de peur, de menaces. (...)Pour toutes ces raisons je ne pleurerai pas sur le sort du commissaire Vandersmissen."
Pour toutes ces raisons, Tanguy Fourez ne doit pas rester isolé face à la justice. Nous devons réhabiliter cet homme sur qui tous les médias et tous les partis se sont empressés de cracher. Nous devons affirmer notre solidarité avec lui.
Son procès est fixé au 14 juin.

Des amis de Tanguy Fourez

mardi 24 mai 2016

Point de presse sur le livre « &Patati&Patata : Trois ans de luttes à Haren » d’Ernesto Moreno mercredi 1 juin 9 heures Casino Bxl





La Commission de Concertation sur la méga-prison de Haren tiendra sa réunion le mercredi 1 juin à 9.30h au Grand Casino, Boulevard Anspach 30 à Bruxelles. A cette occasion, la Maison d’édition Antidote et Inter- Environnement Bruxelles (IEB) ont le plaisir et l’honneur de vous inviter à la présentation du livre du dessinateur Ernesto Moreno : « &Patati&Patata : Trois ans de luttes à Haren ».

Le point de presse se tiendra à l’entrée du Grand Casino à 9 heures, avant le début de concertation.

Intervenants
 Ernesto Moreno, auteur
 Isabelle Hochart et Claire Scohier, IEB
 Luk Vervaet, Antidote


Les intervenant(e)s seront à votre disposition pour des interviews individuelles. Un exemplaire du livre vous sera offert. Nous vous remercions d'avance pour votre présence.