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jeudi 16 mai 2013

L'enseignant licencié Luk Vervaet organise une conférence de presse et un sit-in devant la prison de Berkendael (section femmes), le lundi 20 mai de 9.45h à 11.15h (heures de la visite).


Communiqué de presse

L'enseignant licencié Luk Vervaet organise une conférence de presse et un sit-in devant la prison de Berkendael (section femmes), le lundi 20 mai de 9.45h à 11.15h (heures de la visite).

Chère rédaction,
Par la présente nous sollicitons votre présence à une action contre l'interdit professionnel et l'interdiction d'accès aux prisons qui frappent Luk Vervaet, enseignant de néerlandais dans les prisons belges.

Pour protester contre une nouvelle interdiction d'accès à la prison, lors d’une visite à Malika El Aroud le mercredi dernier, Luk Vervaet se présentera à nouveau à la prison de Berkendael le lundi 20 mai de 9.45h à 11.15h et demandera à nouveau de pouvoir exercer son droit de visite.
Par la suite, et en cas de nouveau refus, il organisera une conférence de presse et un sit-in devant la prison.

L'enseignant dans les prisons dénonce que ni la direction des Etablissements pénitentiaires de Belgique ni le ministère de la Justice ne respectent le jugement rendu par le Conseil d'Etat du 22 juin 2011, qui a annulé l’interdiction dirigée contre Luk Vervaet d’enseigner en prison.
L'enseignant se retrouve ainsi toujours privé de son travail et sans emploi, malgré les besoins criants d'enseignants dans les prisons surpeuplées du Royaume.

Non seulement, le ministère de la Justice maintient son interdiction d'enseigner, mais l'enseignant se dit être mis en quarantaine depuis son licenciement. Il dénonce d'être traité par la Direction des prisons comme un prisonnier en libération conditionnelle, avec des interdictions de s'approcher des prisons ou d'avoir un contact avec des détenus.
Toutes les visites aux détenus continuent à lui être interdites.
Sans aucune motivation, des détenus se voient refuser leur demande de le mettre sur la liste de leurs visiteurs.
Ses lettres aux détenus, pourtant ouvertes et lues par les directions des prisons, n'arrivent pas aux destinataires, sans aucune motivation, pas plus qu’elles ne lui sont renvoyées.
Des demandes d'organiser une conférence de presse devant les prisons lui sont refusées au nom de la sécurité.

L'enseignant a créé, suite à son exclusion en 2009, l'Association des familles et ami(e)s des prisonniers (http://familiesfriendsassociation.blogspot.be/) et le Comité des Familles des détenus européens au Maroc (http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/ ). Ces associations s'occupent des conditions au sein du monde carcéral en général et d'aide aux familles des détenus. Elles s'occupent aussi des détenu(e)s les plus rejeté(e)s, condamné(e)s pour intention, recrutement ou propagande terroriste, et de leurs familles.

Jusqu'à maintenant, la seule détenue que Luk Vervaet pouvait encore visiter en Belgique était Malika el Aroud, condamnée à 8 ans de prison ferme, accusée d'avoir recruté pour le combat en Afghanistan. Le mercredi dernier, cette seule visite lui est interdite sans aucune motivation. Sa demande de rencontrer la direction lui a été refusée.

L'enseignant dénonce que les détenus, accusés de terrorisme, se trouvent souvent dans une grande détresse, coupés de tout contact humain et de tout lien vers l'extérieur. Ils sont ainsi condamnés à une mort sociale certaine. En lui refusant le contact avec ces détenus, le ministère de la Justice veut délibérément enfermer ces détenus dans un framework religieux, dont ils ne peuvent pas sortir. Ainsi leur diabolisation et leur présentation comme des fous religieux peuvent se poursuivre. En les soumettant à un isolement total, le ministère de la Justice pousse ces détenus au suicide social. Ce genre de traitement constitue le meilleur outil de recrutement que des jihadistes en tout genre auraient pu inventer.

La Campagne « Pas d'interdit professionnel / Geen beroepsverbod / No work ban Luk Vervaet »
Contact Luk Vervaet : 0478 653378 ou vervaetluk@gmail.com

vendredi 3 mai 2013

Nordin Benallal : TOUT DROIT VERS UNE PRIVATISATION DES PRISONS


Les nouvelles prisons vont-elles être des prisons privées ? Il semblerait que oui et avec toutes les dérives que cela comportera.
Je m'explique: aujourd'hui, les prisons sont connues et reconnues pour être des endroits non rentables, non lucratifs, ne donnant déjà que peu de perspectives d'avenir aux détenus qui y sont enfermés.
Donc, les politiques, les libéraux en particulier, ont trouvé une idée stupide et, bien sûr, dangereuse à court et moyen terme mais très, très lucrative.
En effet, les prisons vont, dans un premier temps, être partiellement privatisées. Aujourd'hui, les repas se font dans les cuisines des prisons, demain, ce seront des firmes privées qui s'en occuperont, il y a aussi un service technique qui s'occupe des travaux de réparation et de rénovation ; demain, là encore, ce sera une firme privée qui s'en occupera. Les conséquences seront immédiates car les agents et les détenus qui sont sensés effectuer ces tâches ne pourront plus le faire, donc plus d'emploi ni pour les agents ni pour les détenus !
Jusque là , on peut dire que ce n'est pas trop catastrophique mais en fait, nos chers dirigeants libéraux en veulent beaucoup plus: ils souhaitent, à terme, pouvoir privatiser entièrement toutes les prisons du royaume, un peu comme à l'image des prisons américaines (ce qui, soit dit en passant, n'est pas vraiment une référence ).
Donc, au lieu d'avoir ce que l'on nomme le « parc carcéral », ils parleraient, tels des businessmen, d'un chiffre d'affaire: plus il y aura de détenus en prison, plus la prison sera rentable. Donc, les prisonniers seront encore moins vite libérés qu'ils ne le sont actuellement et lorsque l'on sait qu'aujourd'hui que de plus en plus de détenus purgent presque l'entièreté de leur peine, on peut imaginer assez aisément qu'ils devront tous prester la quasi totalité de leur peine.
Le résultat ne se fera pas attendre car cette nouvelle mauvaise idée va créer un sentiment de haine vis-à-vis du gouvernement qui n'hésite pas à vendre ses citoyens détenus aux entreprises privées.
Les évasions, les agressions envers le personnel, les mutineries et autres révoltes seront monnaie courante et la société sera alors réellement en danger car lorsqu'une personne aura, elle aussi, la mauvaise idée de commettre un méfait, elle fera tout ce qu'il est possible de faire pour ne pas aller en prison...
Dès lors, notre société franchira un pas encore jamais franchi à ce jour!
Benallal Nordin

Nordin Benallal : Vous voulez retirer la nationalité belge aux Belges qui se rendent en Syrie ?


Lettre aux '' dirigeants''
l’intégration est un échec. Pourquoi ?



Aujourd'hui, les politiques sont à nouveau outrés et choqués de constater une montée d'un radicalisme des jeunes et moins jeunes musulmans, issus de l'immigration ou pas!!!
Aujourd'hui, chers politiciens, je vais vous dire ce que vous savez déjà, mais que vous vous obstinez à nier.
La situation actuelle n'est autre que le résultat d'une politique post-coloniale qui a pour but de classifier les personnes selon leur race, leur religion, et plus récemment, leur statut social, en prenant comme référence des critères complètement erronés du « bon belge ».
Le « bon Belge » doit être, tout d'abord, blanc, laïque, voire chrétien, mangeant du porc et ne portant pas de voile.
Eh bien non, chers politiciens, car cette époque est révolue.
J'entends Monsieur Reynders dire que le parcours d’intégration n'est rien d'autre qu'un échec. Oui, c'est vrai, le parcours d’intégration est un gigantesque échec! Pourquoi ?
Parce que le parcours d'acceptation que vous étiez censé suivre a été tout simplement le plus grand des échecs que notre pays n'ait jamais connu et pour cause, vous ne l'aviez jamais suivi et jusqu'à ce jour, vous ne le suivez toujours pas. Ne vous étonnez donc pas du résultat catastrophique que votre échec a généré.
Vous voulez retirer la nationalité belge aux Belges qui se rendent en Syrie pour combattre car vous craignez qu'ils reviennent beaucoup plus dangereux qu'ils ne l'étaient .
Je pense que vos craintes sont fondées car je pense aussi qu'ils reviendront beaucoup plus dangereux et avec beaucoup plus de haine au cœur pour ce gouvernement qui les a toujours mis à l'index, soit par rapport à leur religion, soit par rapport à leur statut social ou simplement, parce qu'ils sont différents.
Mais en ce qui concerne la déchéance de leur nationalité belge, je ne peux que constater que vos réflexes coloniaux refont, là encore, surface à la moindre occasion. Car ces Belges, où vont-ils être déportés cette fois-ci ?
La plupart de ces jeunes-là ne possèdent qu'une seule nationalité et elle est BELGE. Donc, où vont-ils être envoyés ? Allez-vous louer des cellules à Guantanamo, où il serait plus facile de cacher des jeunes Belges que vous ne considérez pas comme étant Belges ?
Je pense que cette fois-ci, cela sera un peu plus difficile que pour les détenus BELGES, à qui notre cher gouvernement a offert un allé simple pour un camp de détention aux Pays-Bas ( Tilburg ).
Dernier petit conseil pour la route : ouvrez les yeux et essayez de vous soigner, car les maux ne viennent pas de l’extérieur mais bien de l’intérieur.
Et posez-vous les questions suivantes :
Pourquoi ?
Pourquoi les Belges de souche appartenant à la classe sociale la plus défavorisée, les Arabes, les Noirs, les Roumains, les Albanais,... sont-ils toujours plus lourdement condamnés que les « bons blancs » face à la justice et pourquoi ce sont encore ces mêmes personnes qui subissent la discrimination à l'embauche et qui sont logés dans des appartements dans des états de délabrement scandaleux .
Pensez à tout cela et arrêtez de surenchérir car, au bout du compte, la note sera salée pour tout le monde et personne n'aura rien à y gagner...





Benallal Nordin

samedi 20 avril 2013

FREE RUSSELL MAROON SHOATZ !

Action Alert Update – Campaign to Free Russell Maroon Shoatz

Russell Maroon Shoatz STILL IN SOLITARY confinement as Campaign grows; PA DOC Secretary Wetzel must be flooded with DEMANDS for his immediate release to general population!
 APRIL 15: Only one week into the 30-day Campaign to release Maroon from the torturous 30 years of solitary confinement he has so far endured, lawyers, family members, and supporters have gained concrete evidence of the effects of the Campaign. As Maroon’s legal team was finalizing the Demand Letter which promises litigation against Pennsylvania’s Department of Corrections if Maroon is not in general population by May 8, 2013, officials at State Correctional Institution (SCI) Mahanoy informed Maroon that he was moved to their facility with the intent to do just that, removing him from the “restricted housing” which has kept him on 23-hour-per-day lock down for the past twenty-two consecutive years.
“We are encouraged by the words of the officials at Mahanoy,” noted Campaign co-coordinator Matt Meyer, “but we cannot rest until those words are followed by deeds: by the ultimate action which will end the current torture of Maroon.” The legal letter, signed by attorneys Rick Etter and Stefanie Lepore of the corporate firm Reed Smith on behalf of Maroon’s legal team, notes that “given the lack of certainty as to when or under what conditions” Maroon’s potential transfer out of segregated confinement might take place, vigilance on the part of his supporters is more needed than ever. “While we are pleased that some of the concerns raised by the demand letter have been met – that Maroon have access to his anti-embolism stockings and to a typewriter, we remain concerned that the timeline for release from solitary has been left vague,” added Bret Grote of the Pittsburgh Human Rights Coalition, a long-time legal and political supporter of Shoatz.
With the Campaign growing daily – with events in dozens of cities and interest in the just-released collection of Shoatz’ essays Maroon the Implacable (PM Press) spreading – the assistants at the office of PA DOC Secretary John Wetzel have confirmed that the Secretary personally ordered Maroon’s recent transfer from SCI Greene to SCI Mahanoy for the purpose of placing him in the general prison population. In conversations with some of the many people who have called in to the DOC central office on the first week of the 30-day pressure campaign, DOC personnel have suggested that Maroon supporters be patient as the process to get him into general population work its course. But Maroon and his family have been misled in the past about these issues.
Twenty-two consecutive years in solitary is more than long enough!
The Campaign MUST continue to grow! Secretary Wetzel is the ultimate decision-maker, and can order Maroon released to the general prison population at any time; we now focus all our attention on him.
DEMAND that Maroon be placed in general population IMMEDIATELY!
 Call/Write to: PA DOC Secretary John Wetzel, 1920 Technology Parkway, Mechanicsburg, PA 17050; Phone number: 717-728-4109; Fax: 717-728-4178
Campaign to Free Russell Maroon Shoatz, freemaroonshoatz@gmail.com,
c/o WRL/Matt Meyer, 339 Lafayette Street, New York NY 10012; 412-654-9070
http://russellmaroonshoats.wordpress.com/ • #30Days2FreeMaroon • #FreeMaroon

mercredi 17 avril 2013

Pourquoi se suicide-t-on plus dans les nouvelles prisons ?

Source

 

 

 

 Pourquoi se suicide-t-on plus dans les nouvelles prisons ?


Après Lyon-Corbas, la toute nouvelle prison de Nantes connaît une inquiétante vague de suicides. Explications.
Pour la troisième fois en à peine trois semaines, un détenu est mort, jeudi 11 avril, après s’être pendu dans sa cellule de la maison d’arrêt de Nantes. Le jeune homme de 23 ans originaire de Nice, où il purgeait à l’origine sa peine, venait d’être emprisonné pour avoir dérogé à son régime de semi-liberté. Il a été interpellé pour évasion début mars à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et incarcéré à Nantes.
La maison d’arrêt de Nantes est flambant neuve. Une douche dans chaque chambre, un gymnase et un terrain de sport dans son enceinte, des conditions sanitaires et de sécurité présentées comme exemplaires... Inaugurée en juin 2012 pour remplacer la maison d’arrêt insalubre et indigne en plein centre de Nantes, elle figure parmi les « usines carcérales », construites pour faire face à la surpopulation.
À peine ouverte, cette gigantesque maison d’arrêt était pourtant déjà saturée. Des 570 places prévues initialement, la capacité a été montée au moment de l’ouverture à 610 avec l’installation de lits superposés dans certaines cellules. Depuis, des matelas ont été disposés sur le sol pour accroître encore le nombre de détenus.

Déshumanisation

Pour maximiser les précautions de sécurité, les lieux sont construits comme une multitude d’alcôves, entre lesquelles il est plus long et plus difficile de circuler que dans les vieilles prisons. « Tout est pensé autour de la seule et unique question de la sécurité, peste Alexis Grandhaie de la CGT pénitentiaire. Ces prisons sont construites pour accueillir le maximum de détenus avec le moins de surveillants possible. Il y a plus de portes, plus de grilles, plus d’alertes, etc. »

Aux fenêtres, des épaisses grilles en fer - les « caillebotis » - resserrent le champ de vision et empêchent les détenus de passer la main. Impossible aussi d’y passer les « yo-yo » qui permettent, dans les vieilles prisons, de faire passer des objets de cellule en cellule.

Isolement

Dans ces nouveaux locaux, le contact entre surveillants et détenus est distendu. L’ouverture des portes est partiellement automatisée et tout le monde communique par interphone. « Nous n’avons plus aucun contact avec les surveillants, raconte Camille Cohignac, bénévole au Génépi, qui intervient chaque semaine pour un atelier d’arts plastiques dans la maison d’arrêt. À l’entrée, ils sont derrière une vitre fumée et tout est automatisé. »
Les nouvelles normes de sécurité coûtent beaucoup de temps aux gardiens, dont le sous-effectif, déjà criant, s’est aggravé. « Les sorties de cellules sont limitées, car chaque déplacement prend beaucoup de temps, avec moins de personnels », raconte Charles Bodreau, président de l’association Génépi, qui intervient en prison. Or, « ce qui pèse le plus sur les détenus c’est de se retrouver seul avec son codétenu, explique Alexis Grandhaie, pas d’être en contact avec les surveillants ».
Les cellules insonorisées qui accentuent le sentiment d’isolement, les douches à l’intérieur des chambres qui privent les détenus d’une sortie supplémentaire : dans ces prisons toutes neuves, on regretterait presque « l’humanité » des vieilles prisons insalubres. « Les nouvelles prisons sont aseptisées, hygiéniques, ajoute « Milko », de l’association Ban public, qui comptabilise 21 suicides ou morts suspectes depuis le 1er janvier 2013. Elles sont souvent éloignées des centres et mal desservies par les transports en commun. » Détail symbolique, le numéro de réservation des parloirs a été cédé à Bouygues. Il est aujourd’hui facturé 0,15 centime la minute aux familles.

Sombre palmarès


La prison de Lyon-Corbas, ouverte en 2009 à 20 km de Lyon est devenue un triste emblème de cette modernité à double tranchant. En 2011, on y dénombrait 8 suicides sur un effectif de 898 détenus (pour 680 places) et 8 nouveaux suicides étaient à déplorer en 2012 dans cette énorme maison d’arrêt où les personnels dénoncent un sous-effectif criant. Des chiffres qui en font la prison la plus touchée de France, avec un « ratio » cinq fois supérieur à la moyenne nationale. Pour autant, faire de ces nouvelles prisons un facteur de suicide serait une erreur, prévient Alexis Grandhaie de la CGT Pénitentiaire. « Dans l’ancienne prison de Nantes, personne ne se suicidait, parce que les détenus étaient 4 ou 7 dans des cellules de 15m2 à 20m2. C’était indigne et infâme. Dans les quartiers arrivants, nous enfermions jusqu’à 6 détenus par cellules certains week-ends, aujourd’hui, ils sont seuls : c’est nécessaire, mais c’est là qu’il y a le plus gros risque de suicide. »
Les suicides en prison ont surtout un faisceau d’explication qu’il faudrait d’urgence prendre à bras le corps. « En France, le risque suicidaire en détention est l’un des plus élevés d’Europe, pourtant aucune étude sérieuse n’est menée », peste Pierre Victor Tournier, spécialiste de démographie pénale [1]. Il n’y a pas de réflexion au niveau architectural » [2].
Parmi les facteurs identifiés, en dépit du manque d’études sérieuses, nous savons que les risques de suicide sont plus élevés parmi les délinquants sexuels et que les prévenus (en attente de procès) sont beaucoup plus touchés que les détenus (condamnés). « Nous avons aussi observé en comparant les pays européens que le risque d’évasion et les risques suicidaires varient de façon inversement proportionnelle. Les établissements desquels on ne s’évade jamais connaissent des taux de suicide élevés », ajoute Pierre Victor Tournier.
Les plans de prévention - du « kit anti-suicide » proposé aux détenus sensibles en 2009 aux « codétenus de soutien » testés depuis 2010 - n’ont pas permis d’enrayer le triste phénomène. La surpopulation, doublée d’un manque de surveillants, reste donc pour les observateurs le principal enjeu face à un mal par ailleurs complexe et profond. Et derrière cela, la question posée est celle d’une politique pénale offrant trop peu d’alternatives à la détention.

[1] Pierre Victor Tournier est directeur de recherches au CNRS et chercheur au Centre d’histoire sociale du XXe siècle, à l’université Paris I Panthéon Sorbonne, auteur de « La PrisonUne nécessité pour la République », Buchet Chastel, 2013, 264 p 19€.
[2] Selon les chiffres du conseil de l’Europe, la France dénombrait en 2007 14,6 suicides pour 10 000 prisonniers contre 9,9 en moyenne sur l’ensemble des pays du Conseil de l’Europe.

mardi 16 avril 2013

Hunger speech by Samer Issawi / Discours de Samer Issawi, sur le point de mourir.


Hunger Speech by Samer Issawi

« Israelis:
I am Samer Issawi on hunger strike for eight consecutive months, laying in one of your hospitals called Kaplan. On my body is a medical devise connected to a surveillance room operating 24 hours a day. My heartbeats are slow and quiet and may stop at any minute, and everybody, doctors, officials and intelligence officers are waiting for my setback and my loss of life.
I chose to write to you: intellectuals, writers, lawyers and journalists, associations, and civil society activists. I invite you to visit me, to see a skeleton tied to his hospital bed, and around him three exhausted jailers. Sometimes they have their appetizing food and drinks around me.
The jailers watch my suffering, my loss of weight and my gradual melting. They often look at their watches, asking themselves in surprise: how does this damaged body have an excess of time to live after its time?

Israelis:
I’m looking for an intellectual who is through shadowboxing, or talking to his face in mirrors. I want him to stare into my face and observe my coma, to wipe the gunpowder off his pen, and from his mind the sound of bullets, he will then see my features carved deep in his eyes, I’ll see him and he’ll sees me, I’ll see him nervous about the questions of the future, and he’ll see me, a ghost that stays with him and doesn’t leave.
You may receive instructions to write a romantic story about me, and you could do that easily after removing my humanity from me, you will watch a creature with nothing but a ribcage, breathing and choking with hunger, loosing consciousness once in a while.
And, after your cold silence, Mine will be a literary or media story that you add to your curricula, and when your students grow up they will believe that the Palestinian dies of hunger in front of Gilad’s Israeli sword, and you would then rejoice in this funerary ritual and in your cultural and moral superiority.

Israelis:
I am Samer Issawi the young “Arboush” man according to your military terms, the Jerusalemite, whom you arrested without charge, except for leaving Jerusalem to the suburbs of Jerusalem. I, whom will be tried twice for a charge without charge, because it is the military that rules in your country, and the intelligence apparatus that decides, and all other components of Israeli society ever have to do is sit in a trench and hide in the fort that keeps what is called a purity of identity - to avoid the explosion of my suspicious bones.
I have not heard one of you interfere to stop the loud wail of death, it’s as if everyone of you has turned into gravediggers, and everyone wears his military suit: the judge, the writer, the intellectual, the journalist, the merchant, the academic, and the poet. And I cannot believe that a whole society was turned into guards over my death and my life, or guardians over settlers who chase after my dreams and my trees.

Israelis:
I will die satisfied and having satisfied. I do not accept to be deported out of my homeland. I do not accept your courts and your arbitrary rule. If you had Passed over in Easter to my country and destroyed it in the name of a God of an ancient time, you will not Passover to my elegant soul which has declared disobedience. It has healed and flew and celebrated all the time that you lack. Maybe then you will understand that awareness of freedom is stronger than awareness of death.
Do not listen to those generals and those dusty myths, for the defeated will not remain defeated, and the victor will not remain a victor. History isn’t only measured by battles, massacres and prisons, but by peace with the Other and the self.

Israelis:
Listen to my voice, the voice of our time and yours! Liberate yourselves of the excess of greedy power! Do not remain prisoners of military camps and the iron doors that have shut your minds! I am not waiting for a jailer to release me, I’m waiting for you to be released from my memory. »





Discours de Samer Issawi, sur le point de mourir.

« Israéliens:
Je m'appelle Samer Issawi en grève de la faim pendant huit mois consécutifs, actuellement hospitalisé dans l'un de vos hôpitaux appelé Kaplan. Mon état de santé est sous surveillance 24 heures sur 24 grâce à un dispositif médical qui a été placé sur mon corps. Mes battements cardiaques sont ralentis et mon cœur peut s'arrêter de battre à tout moment. Tout le monde - médecins, fonctionnaires et agents du renseignement - sont en attente de ma capitulation ou de ma mort.

J'ai choisi de m'adresser à vous : intellectuels, écrivains, avocats, journalistes, associations et des militants de la société civile pour vous inviter à me rendre visite, afin que vous puissiez voir ce qui reste de moi, un squelette attaché à un lit d'hôpital, entouré par trois gardes épuisés qui, à certains moments, consomment leur succulente nourriture, en ma présence. Les geôliers regardent ma souffrance, ma perte de poids et ma disparition progressive. Souvent ils regardent leurs montres et s'étonnent: comment ce corps si meurtri peut encore résister après tout ce temps?

Israéliens:
Je fais semblant de me trouver devant un intellectuel et de lui parler en face d'un miroir.
Je souhaite qu'il me regarde dans les yeux et observe mon état comateux, qu'il retire la poudre à canon de sa plume et le bruit des balles de son esprit, de sorte qu'il soit capable de voir mes traits, qu'ils soient gravés profondément dans ses yeux . Je le vois et il me voit, je le vois nerveux pour de futures incertitudes, et il me voit, un fantôme qui reste avec lui et ne le quitte pas.

Vous pouvez obtenir des instructions sur la façon d'écrire une histoire romantique sur moi, et vous pourriez le faire facilement. Après m'avoir dépouillé de mon humanité, vous pouvez décrire une créature qui n'a rien, rien qu'une cage thoracique qui respire avec peine étouffée par la faim, perdant conscience de temps en temps.

Mais, après votre silence froid, l'histoire qui parle de moi, ne sera rien de plus qu'une narration littéraire ou médiatique à ajouter à votre curriculum vitae, et quand vos élèves deviendront des adultes ils croiront que les Palestiniens se sont laissés mourir de faim devant l'épée de l'israélien Gilad et vous pourrez vous réjouir de ces rituels funéraires et de votre supériorité morale et culturelle.

Israéliens:
Je suis Samer Issawi le jeune "Araboush" comme me définit votre jargon militaire, l'homme de Jérusalem que vous été arrêté sans inculpation, coupable seulement de s’être déplacé du centre-ville de Jérusalem vers sa périphérie.

J'ai été jugé deux fois sans qu'aucune accusation me soit imputée parceque dans votre pays ce sont les lois militaires qui gouvernent et les services de renseignement qui décident alors que les autres composantes de la société israélienne doivent se limiter à se barricader les murs derrière cette forteresse qui continue à être appelée pureté de l'identité - pour échapper à l'explosion de mes os suspects.

Je n'ai pas entendu un seul d'entre vous intervenir pour mettre un terme à déchirants râles de la mort. C'est comme si chacun d'entre vous - le juge, l'écrivain, l'intellectuel, le journaliste, l'universitaire, le commerçant et le poète - s'était transformé en un fossoyeur et portait un uniforme militaire.
Et je n'arrive pas à croire que toute la société est devenue un spectateur de ma mort et de ma vie pour protéger les colons qui ont détruit mes rêves avec les arbres de ma terre.

Israéliens:
Je mourrai satisfait et ayant satisfait les autres. Je n'accepte pas d'être chassé de ma maison. Je n'accepte pas vos tribunaux et vos lois arbitraires. Vous dites que vous avez piétiné et détruit ma terre au nom de la liberté qui vous a été promise par votre dieu, mais vous ne serez pas en mesure de piétiner mon âme noble désobéissante. Mon âme est guérie, elle est libérée et a célébré le temps que vous lui avez enlevé. Peut-être comprendrez-vous que la conscience de la liberté est plus forte que celle de la mort ...

N'écoutez pas ces clichés, désormais obsolète, parce que le perdant ne restera pas éternellement vaincu ainsi que le vainqueur ne sera pas un gagnant toujours. L'histoire ne se mesure pas seulement à travers les batailles, les massacres et les prisons, mais aussi et surtout à travers la capacité de se sentir en paix avec les autres et avec soi-même.

Israéliens:
Écoutez ma voix, la voix de notre temps, aussi bien que votre voix! Libérez-vous de l'excès avide de pouvoir! Ne restez pas prisonniers des camps militaires et des barres de fer qui ont resserré vos esprits! Moi je n'attends pas d'être libéré par un geôlier, mais je suis en attente de vous voir vous libérer de ma mémoire.»