mardi 19 juin 2018

"Le système prison : la baignoire déborde, mais personne coupe le robinet d'alimentation", par Marc Dizier


Témoignage présenté à la Commission Justice de la Chambre des Représentants, 6 juin 2018,  sur "Le sens de la peine"
par Marc DIZIER, Pdt de l’Association des Directeurs des Prisons francophones, Directeur prison d’Andenne


" Les philosophes du 18ème siècle avaient vu dans la privation de liberté l’opportunité d’un formidable progrès pénal par l’abolition des châtiments corporels. Les magistrats allaient disposer d’une gamme variée de sanctions parmi lesquelles la privation de liberté concernerait les infractions les plus graves.

Mais en raison de la concomitance de la révolution française et de la révolution industrielle, l’enfermement pénitentiaire, qui devait être un dernier recours,  s’est immédiatement mué en modèle (quasi) unique de sanction pénale, le rôle des juges se bornant à évaluer la durée de l’enfermement sur base de ce que le détenu, devenu « travailleur empêché », perdrait en termes de rémunération. Le modèle pénal social s’est donc mué d’emblée en modèle pénal économique.

Dans l’histoire de la Belgique, le recours à l’incarcération a toujours été en corrélation avec les indices de déclin économique : chronologiquement les crises du blé, du charbon, du pétrole et plus récemment l’augmentation du taux de chômage ont emporté, à crimes et délits équivalents, des peines allant du simple au double par rapport aux périodes d’essor.

Les criminologues ont démontré de longue date que l’inflation pénale n’a pas de concordance avec la réalité de la délinquance mais bien avec le sentiment d’insécurité économique d’une population confrontée à l’appareil de l’Etat qui, incapable d’apporter des solutions structurelles à la dérégulation des marchés, recourt à la répression pour créer l’apparence d’une reprise de la maîtrise.

Dans cette illusion (3), la quête d’un sens (1) à donner à la peine confine à la perversion (2).

(1)    La quête de sens est objectivée dans la loi pénitentiaire du 12 janvier 2005 au travers de ses principes centrés sur le respect de la dignité humaine.

(2)    La perversion se lit dans son article 10 § 2 : « Les inculpés doivent être traités de manière à ne donner aucunement l’impression que leur privation de liberté présente un caractère punitif ».

(3)    L’illusion se révèle dans le fait que, 13 ans après sa promulgation, la loi ne dispose toujours pas d’un grand nombre de ses arrêtés d’exécution.
Les exemples se bousculent des gesticulations législatives et/ou réglementaires en matière pénale et pénitentiaire, tendant à ce qu’aucune des parties à la cause ne perde sa part d’exercice du pouvoir. Et tant pis pour les incohérences systémiques dont les justiciables sont les victimes directes.

De fait les détenus sont aujourd’hui quantité négligeable dans la réflexion sur le sens de la peine. Le discours politico-administratif, de type managérial, s’exprime en termes de procédures orientées résultats, de réduction des coûts, d’infrastructures et de bien-être des travailleurs. Partant, les inspecteurs des finances et les organisations syndicales sont devenus les principaux décideurs des projets qui pourront ou non être menés dans nos établissements.

Les régimes s’humanisent, certes, mais les facteurs de dégradation de la gestion de la détention se cumulent de sorte que l’apparente modernisation des textes réglementaires ne débouche pas sur une évolution significative de la prison qui reste fondamentalement un lieu d’exclusion et d’infantilisation. Ce sont là les véritables compétences de la prison, isoler et punir.

L’évidence est pourtant que la punition n’a pas de vertu pédagogique et qu’exclure en vue de réinsérer est un non-sens total. Aussi paradoxal cela peut-il paraître, la protection de la société passe par l’abolition de la peine privative de liberté.

En détruisant le lien social qu’il prétend réparer ensuite, le système d’administration de la justice pénale contribue à alimenter son propre arriéré. Les peines prononcées sont de plus en plus longues et subies de plus en plus longtemps, provoquant la surpopulation qu’aucune alternative ni aucune mesure d’aménagement ne parviennent à maîtriser.

L’image la plus illustrative de ce système est celle de la baignoire qui déborde pendant que certains écopent pour réduire l’inondation. La facture d’eau est salée mais personne n’envisage la solution la plus appropriée, couper le robinet d’alimentation. 

Ce gaspillage, tant financier qu’humain, doit cesser.

Chaque niveau de pouvoir doit y contribuer.

Le rôle du fédéral
Techniquement, la gestion du stock pénitentiaire passe nécessairement par la maîtrise des flux :
-          Réduire le nombre d’entrées par une refonte de la loi sur la détention préventive ;
-           Réduire le temps d’attente du passage devant les juridictions de jugement ;
-             Réduire les taux de peines prononcées ;
-            Accélérer l’octroi des mesures d’aménagement des peines ;
-        Appliquer effectivement les principes de sélection négative, comme y contraint la loi.

Des peines plus courtes subies moins longtemps sont autant de facteurs de réduction de la récidive. 

Le rôle des entités fédérées
Les Communautés et Régions doivent investir les matières que les lois spéciales de réformes institutionnelles leur ont assignées. Les principes de normalisation, de participation et de réparation consacrés par la loi pénitentiaire ne peuvent être rencontrés qu’à la condition d’être déclinés en activités de formation scolaire et professionnelle, de soutien psychologique et social, etc. Ces missions dévolues aux entités fédérées demeurent sous investies dans des proportions frisant le niveau zéro.

Enfin, le bon sens commun
Des individus ayant subi la (quasi) entièreté de leur peine, libérés sans le sou, dans un milieu d’accueil inadapté à leur problématique spécifique et sans accompagnement n’ont d’autre perspective que la récidive. Le plus souvent dès les premiers jours de leur retour à la liberté. L’aide sociale, au sens le plus large du terme, doit être mise en place avant la libération. Et plus avantageusement encore, avant l’incarcération.

La détention ne prendra du sens que si elle s’inscrit dans le cadre d’un projet global de société centré sur le citoyen. Rendre la justice équitable, c’est avant tout se donner les moyens d’éviter d’y recourir, en investissant en amont de la prison dans l’éducation, le travail, la santé et l’intégration sociale.

La prison sera, alors seulement, ce qu’elle prétend être aujourd’hui, l’ultime recours."



jeudi 12 avril 2018

Tous à Haren ce samedi (14/04 de 11 à 22h) !



Tous à Haren ce samedi!

Le TuiniersForum des jardiniers, le VrijKeelbeel libre ! et le Comité de Haren organisent une journée de rencontre, de fête, de réflexion, et d’action pour sauver le Keelbeek.
20 Ha de nature vivante et fertile que les gouvernement fédéral et régional veulent totalement détruire pour y construire la plus grosse, la plus chère, et la plus stupide des prisons du royaume.

C’est non.


Tous à Haren !


Keelbeek : la lutte continue ! 
09/04/2018 • Jardins - Tuinen
Dans La Cité des Ânes par et pour 1030 Source 


La friche du Keelbeek est (ou était) – il faut peut-être déjà en parler au passé – un des derniers grands espaces verts du nord de Bruxelles (18 hectares de nature). A partir de 2014, des centaines de Bruxellois – riverains et d’activistes – s’y sont réunis pour en faire la première ZAD de Belgique (« zone à défendre »).
Le combat des zadistes du Keelbeek c’est la rencontre de deux mondes qui n’avaient pas forcément l’habitude de se côtoyer : d’une part des gens comme Luk Vervaet qui – depuis plus de 15 ans – voient la Belgique s’enfoncer dans une spirale sécuritaire et qui militent pour la défense des droits des détenus. Et d’autre part des militants d’écologistes qui voient leur ville se minéraliser, année après année, et demandent un moratoire sur la démolition des espaces de nature.

Les premiers soulignent l’inefficacité et le caractère profondément dégradant de la politique carcérale : pour remédier aux maux qu’elle engendre, les autorités publiques n’ont pas trouvé de meilleure solution que de … les placer loin des regards : parquer les détenus en marge de la ville, loin des lieux de vie de leurs familles et de leurs amis, loin du palais de justice aussi, loin des cabinets d’avocats chargés de les défendre …
Les seconds demandent – comme dans la lettre ouverte de Tom Grimonprez, le 24 novembre 2014 – une meilleure protection du patrimoine naturel bruxellois. Ceux-ci estiment qu’avant de permettre la démolition d’un espace de nature, les pouvoirs publics devraient évaluer le potentiel de certains espaces déjà bâtis, mais inutilisés. Des milliers de logements restent vides. Plus d’un million de m2 de bureaux restent totalement inoccupés. Alors pourquoi s’acharner à imperméabiliser ce qui reste de nature ?
La prison de Haren : ou comment sacrifier un espace naturel à l’appétit des spéculateurs (en prétendant servir le « bien commun »)
Face à ces critiques, les promoteurs du projet de la méga-prison utilisent le prétexte de la surpopulation carcérale et du respect de la dignité des détenus (voir Masterplan Prisons & Internement). Pour Luk Vervaet – qui travaille en prison depuis les années 1990 – c’est clairement un faux prétexte … et, il suffit de s’intéresser à la logique des promoteurs du projet (Macquarie, Denijs …) pour se convaincre de son caractère foncièrement inutile, et étranger au « bien commun ».
Macquarie est un groupe financier australien passé maître dans l’art de transformer les biens publics en « produits financiers », avec la complicité des Etats. Depuis quelques années, elle jette son dévolu sont les réseaux autoroutiers (en France), les aéroports (Aberdeen, Glasgow, Southampton), les réseaux de chemins de fer, les réseaux hydrologiques, les réseaux gaziers (en Irlande), les centrales thermiques au gaz (au Royaume-Uni), les réseaux électriques (en Chine et au Royaume-Uni), mais aussi … les prisons (Gafton en Australie, Auckland et Wiri en Nouvelle-Zélande, Haren en Belgique).
Le modus operendi du groupe Macquarie est le suivant : premièrement, nouer (avec des gestionnaires de services publics) des partenariats avantageux et peu risqués, deuxièmement en tirer tous ce qu’on peut en tirer et troisièmement s’en défaire avant de risquer d’en payer les conséquences. C’est-à-dire que (quand le bien semi-public et n’offre plus les ‘retours’ attendus) on le jette, et on passe à autre chose. Bref, si Macquire place ses billes dans les infrastructures publiques, c’est moins pour répondre à des besoins de société que pour proposer des « produits spéculatifs » sûrs (avec la promesse de gros dividendes pour les actionnaires du groupe).
Les effets collatéraux c’est abandon des travaux d’infrastructure, la dégradation des biens publics, la déterioration des conditions de travail … Les employés de l’aéroport de Bruxelles en savent quelque chose : après neuf ans de gestion calamiteuse, Macquarie (propriétaire à 70%) commence à se désintéresser de l’aéroport pour investir … dans le secteur carcéral belge. Oui, car, (pour les apprentis sorciers du « financial ingeneering ») il n’y a pas de pari plus sûr que de miser sur la capacité à enfermer.
L’Etat fédéral examine la demande – en 2013 – et accepte confier à Macquarie (via le consortium Cafasso) le projet du futur « village pénitentiaire » de Haren, sur le site naturel du Keelbeek. Opacité complète sur les termes de ce contrat. A Bruxelles, le projet a été confronté à une forte résistance locale – occupations, manifestations et multiples recours au conseil d’Etat – qui n’aura hélas pas suffit à faire échouer le projet. Les travaux de « déblaiement » ont débuté fin février : aujourd’hui, près de 300 arbres ont déjà abattus …

La lutte du Keelbeek continue, à Haren (où des associations telles que « Haren Observatory » mettent le doigt sur l’illégalité de la procédure suivie par Cafasso, le SPF Justice et la Régie des Bâtiments). Elle continue également dans une foule d’autres coins menacés par la spéculation immobilière : la plateau Avijl (à Uccle), les jardins Ernotte (à Ixelles), le plateau du Heysel (à Laeken), ou encore le parc Tenreuken à Boitsfort où la commune a remporté son recours (début 2018) contre le projet immobilier de la société Cofinimmo, en lisière de la forêt de Soignes.

Ce samedi 14 avril à partir de 11h, le « Tuiniersforum des jardiniers » organise une journée de mobilisation de 11h à 22h au n°11 de la rue Kortenbach à Haren.

« Des bruxellois-e-s de tous âges et horizons ont créé le Tuiniersforum des jardiniers pour défendre les jardins auxquels ils sont attachés le 17 avril 2016, à Haren. Deux ans plus tard, des dizaines d’hectares de terres fertiles sont toujours plus menacées et nous y retournons ! Malgré la mobilisation citoyenne constante depuis 10 ans, les gouvernements fédéral et régional veulent imposer leur projet de mégaprison passéiste, ruineux et destructeur. Après avoir clôturé les 20 hectares du terrain, ils ont coupé tous les arbres (des milliers) en ce début d’année, alors que 4 recours sont encore pendants. L’obstination insensée des politiciens à détruire la Terre qui nous fait vivre en piétinant la démocratie doit être combattue fermement. Organisons-nous pour sortir de l’ornière et créer d’autres manières de vivre AVEC la nature et pas contre elle. Tous à Haren le 14/04 ! 
En partenariat avec le Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (programme sur www.luttespaysannes.be) et en solidarité avec les paysans qui nous nourrissent. ».

vendredi 30 mars 2018

On retourne tous à Haren, et on replante ! Amenez vos pelles, on prépare les patates !






Samedi 14 avril 2018 - Dans le cadre de la journée internationale des luttes paysannes Le TuiniersForum des jardiniers, le Vrije Keelbeek Libre ! et le Comité de Haren vous invitent


Ils s’apprêtent à détruire la terre du Keelbeek ?

On retourne tous à Haren, 
et on replante !

Des bruxellois-e-s de tous âges et horizons ont créé le TuiniersForum des jardiniers pour défendre les jardins auxquels ils sont attachés le 17 avril 2016, à Haren. Deux ans plus tard, des dizaines d’hectares de terres fertiles sont toujours plus menacées et nous y retournons ! Malgré la mobilisation citoyenne constante depuis 10 ans, les gouvernements fédéral et régional veulent imposer leur projet de mégaprison passéiste, ruineux et destructeur. Après avoir clôturé les 20 hectares du terrain, ils ont coupé tous les arbres (des milliers) en ce début d’année, alors que 4 recours sont encore pendants.

L’obstination insensée des politiciens à détruire la Terre qui nous fait vivre en piétinant la démocratie doit être combattue fermement. Organisons-nous pour sortir de l’ornière et créer d’autres manières de vivre AVEC la nature et pas contre elle. Tous à Haren le 14/04 !

 En partenariat avec le Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (programme sur www.luttespaysannes.be) et en solidarité avec les paysans qui nous nourrissent. Actions en Wallonie : 15 avril.

> 11h00 – Atelier de confection de masques sauvages et de déguisements d’animaux / atelier des yeux / projection de films / balades et visites autour du Keelbeek
> 12h00 – Repas
> 13h30 – Projection du film « Un pavé dans la soupe » sur le défi alimentaire à Bruxelles
> 14h00 – 15h45 Table-ronde : « De quoi la politique GoodFood est-elle le nom ? » avec des représentants des acteurs de l’agriculture bruxelloise
> 15h45 - 16h00 Présentation du livre : «Terres des villes, Enquêtes potagères de Bruxelles aux premières saisons du 21e siècle» + présentation de la carte des terres menacées à Bruxelles
> 16h00 – Action ! Amenez vos pelles, on prépare les patates !
> 19h00 – Soupe conviviale
> 20h00 – Soirée festive


Prix libre

Accès: Au TOOGENBLICK – Rue de Cortenbach/Cortenbachstraat 11, 1130 Haren - Bus 64 arrêt Cortenbach / SNCB gare Haren Sud.


Venez fabriquer vos masques sauvages et déguisements d’animaux
Avec nous animaux, végétaux et toute la sauvagerie de la nature dont nous sommes un petit élément ! C’est la nature qui se défend ! Nous en appelons aux traditions populaires, païennes, folkloriques, révolutionnaires, et à l’imagination fertile de chacun et du collectif. Amenez : vieux manteaux, chapeaux, cintres, tissus, cartons, peinture, boutons, ciseaux, agrafes, élastiques, etc…

Table-ronde : Nourrir Bruxelles / De quoi la politique GoodFood est-elle le nom ?
Le gouvernement bruxellois promet de produire localement 35 % des fruits et légumes consommés dans la Région d’ici 2035. Mais dans le même temps, il bétonne des dizaines d’hectares de terres fertiles. Greenwashing ? Etape dans la bonne direction ? Débat avec des représentants du secteur.

Grande action de plantation de patates !
Une tonne de patates seront plantées sur place. Amenez vos pelles, bêches, grelinettes, fourches, binettes, arrosoirs, brouettes. Les patates ont la frite !

www.tuiniersforumdesjardiniers.be - info@tuiniersforumdesjardiniers.be - 0493/684 493
http://haren.luttespaysannes.be - keelbeek@sdu.collectifs.net - 0472/38.81.04
www.1130haren.be - info@1130haren.be - 0477/638957

vendredi 23 mars 2018

Mon ami Mouhajir Yahia Aziz convoqué par la Brigade Brigade nationale de la police judiciaire au Maroc


Mon ami Mouhajir Yahia Aziz, militant infatigable pour la justice au Maroc, est convoqué par la Brigade nationale de la police judiciaire au Maroc pour ses publications politiques sur Facebook 
Ce vendredi! Une affaire à suivre !

Solidarité !
Luk Vervaet.






Maroc : un commerçant à Casablanca convoqué par la police
22 mars 2018

Mouhajir Yahia Aziz, un petit commerçant de produits alimentaires à Casblanca a été convoqué jeudi par la police.
Mouhajir a un passé militant dans l’université qui lui a coûté ses études de Droit suite à une decision d’expulsion. Il a obtenu un diplôme dans un institut de journalisme et il pratique le bénevolat dans Tahadi Rachidia, une association de quartier.
En 2014, alors que son magasin a été l’objet d’une agression de la part d’un jeune toxicomane, le tribunal de justice lui a fabriqué un dossier qui le plaçait en lieu et place de l’agresseur.
Aujourd’hui, Mouhajir est très actif dans sa page facebook, où il dénonce constamment la corruption, l’injustice, la pauvreté et le chômage qui sévissent au Maroc.
Dans une large campagne menée par le Makhzen dans le but de faire taire les voix dissidentes, Mouhajir devra se présenter demain vendredi au siège de la Police Judiciaire de l’arrondissement de Bouskoura, à Casablanca.

Dans ce contexte, une autre citoyenne du nom de Chakib Fawzia a aussi été convoquée.

lundi 12 mars 2018

URGENT ! Merci d’écrire à la direction de la prison de Nizar Trabelsi aux Etats-Unis. Please write to the direction of the prison of Nizar Trabelsi. Dank om te schrijven naar de gevangenis van Nizar Trabelsi


Merci de copier et de poster cette lettre en anglais sur https://www.rrj.state.va.us/contact et de l’envoyer aussi à Col. Phil Grimes :  dgrimes@rrj.state.va.us et à Major Lorri Rohme : lrohme@rrj.state.va.us .

(La traduction en français se trouve en bas).

Dear Sir, Dear Madam

I wish to appeal to you on behalf of Nizar Trabelsi, who is detained in your country since nearly four years after his extradition by Belgium on 3 October 2013. (Please find articles in the press on the condemnation of Belgium by the ECHR, the European Court of Human Rights for his extradition, e.g. https://news.vice.com/article/belgium-condemned-over-unlawful-extradition-of-terrorist-to-the-us ).  

I am concerned about Mr Trabelsi’s treatment in the Rappahannock régional Jail (Stafford).

I learned that the rare phone calls with his family have been cancelled since the beginning of March 2018.  Being without any information or explanation of this measure that cuts Mr Trabelsi’s only link with the outside world, I would be grateful if you would inform me of his whereabouts and give assurances that he is being treated well while in detention.

I would also be grateful to be informed about the news reports in Belgium saying that Mr Trabelsi is held in isolation and denied adequate diet and medical treatment.

I, and all here who share my concern, ask that you inform us of the outcome of your investigation and would appreciate a reply from you as soon as possible. Our concern for his basic rights is a concern for the dignity and well being of all humans.

Thank you in advance for your time on this urgent matter.

Sincerely,


(Traduction en français)

Cher Monsieur, Chère Madame

Je souhaite faire appel à vous au nom de Nizar Trabelsi, qui est détenu dans votre pays depuis près de quatre ans après son extradition par la Belgique le 3 octobre 2013. (Veuillez trouver des articles dans la presse sur la condamnation de la Belgique par la CEDH, la Cour européenne des droits de l'homme, pour son extradition, par exemple sur https://news.vice.com/article/belgium-condemned-over-unlawful-extradition-of-terrorist-to-the-us ).

Je suis préoccupé par le traitement de M. Trabelsi à la prison régionale de Rappahannock (Stafford).

J'ai appris que ses rares appels téléphoniques avec sa famille ont été annulés depuis le début du mois de mars 2018. N'étant pas informé de cette mesure qui coupe le seul lien entre M. Trabelsi et le monde extérieur, je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'informer sur les raisons de cette mesure. Et de me rassurer qu'il est bien traité pendant sa détention.

Je serais également reconnaissant d'être informé sur des nouvelles parues dans des reportages en Belgique selon lesquels M. Trabelsi serait détenu en isolement et serait privé d’un régime alimentaire adéquat et de traitement médical.

Moi, et tous ceux qui partagent mes préoccupations, vous demandent de nous informer du résultat de votre enquête et j'apprécierais de recevoir une réponse de votre part au plus vite. Notre préoccupation pour ses droits fondamentaux est basée sur notre souci pour la dignité et le bien-être de tous les êtres humains.
Merci d'avance pour votre temps consacré à cette question urgente.

Cordialement,

vendredi 9 mars 2018

Il n'est pas trop tard pour sauver Haren d'une méga-prison ! Rendez-vous le dimanche 18 mars 2018 (programme et plan)

18 MARS 2018 : Des patates pas du béton

Organisé par Keelbeek Libre
Où : Rue du Keelbeek, 1130 Bruxelles

FR : 
Au moment où la France décide d'abandonner toute forme de Partenariat Public Privé dans la construction des prisons, une des plus grandes opérations PPP en Belgique se met en marche à la Zad de Haren... 
Les travaux de défrichage ont commencé il y a deux semaines dans l'objectif de bétonner pour emprisonner. 
Le temps presse pour faire entendre à la société le non-sens de ce projet de méga-prison. 

Programme de la journée :
13h - 14h : auberge espagnole (avec les animaux du Keelbeek)
14h - 16h : plantation de patates tels de bons patatistes
16h - ...... : petite bière et/ou ballade pour que la zad n'ait plus aucun secret pour nous. 

P.S. apportez vos patates défraîchies, plus il y en a mieux c'est !

NL :
Haren Zad komt weer tot leven ... 
Het kappen van het bos op het terrein begon twee weken geleden, daarna zal er beton gestort worden, en komt er een werf die meerdere jaren zal duren om er een mega-gevangenis op te bouwen. 
De tijd is gekomen om onze stem te laten horen tegen de waanzin van dit mega-gevangenisproject. 

Programma van de dag:
13u - 14u: Pick nick buffet (samen met de dieren van de Keelbeek), breng iets mee !
14u - 16u: aardappels planten als goede patatisten
16u - ......: biertje en / of een uitstap zodat de ZAD geen geheimen meer voor ons heeft.

P.S. breng je oude aardappelen mee, hoe meer, hoe beter!

EN :
Haren Zad comes back to life ... The clearing began two weeks ago with the aim of concreting to imprison. Time is running out to make society feel the nonsense of this mega-prison project.

Today's program :
13h - 14h: Spanish inn with animals from Keelbeek
14h - 16h: planting potatoes such good patatistes
16h - ......: small beer and / or ballad so that the zad has no more secrets for us.

P.S. bring your withered potatoes, the better it is!
Convient aux enfants

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jeudi 8 mars 2018

Depuis 14 ans en prison, Salek Laasairi aura 35 ans la semaine prochaine... Sa "grand-mère" Marie-Jo Fressard lance un appel.


Par Marie-Jo Fressard, 7 mars 2018

Salek aura 35 ans la semaine prochaine. De ces 35 ans de vie, il en a déjà passés 14 en détention. Condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie toujours avoir commis.

En plus de cette terrible sanction, comme chaque prisonnier politique sahraoui en prison marocaine, il endure le mépris, la discrimination, la torture, de nombreuses semaines d’isolation dans un ignoble cachot... Toute cette inhumaine répression pour avoir osé réclamer le respect du droit à l’autodétermination, un droit affirmé dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, statué par l'ONU en 1963, et soutenu par le droit international humanitaire.

Depuis trois ans je suis sa « marraine », mais il préfère m’appeler grand-mère. A travers ses lettres et nos échanges par téléphone, de plus en plus réduits et de plus en plus rares,  j’ai appris à connaître et à apprécier ce géant d’1 m 95 au cœur tendre et au moral d'acier qui rêve, malgré l’horrible avenir qui lui est promis, de vivre « plus tard » avec sa famille qu’il chérit plus que tout, et de rencontrer ses amis. « Ça ne peut pas durer toute la vie, c’est contre nature » m’a-t-il écrit.

Pour le nouvel an je lui ai envoyé un petit colis qui, sans avoir été ouvert m’a été renvoyé de la prison : « Refusé à la réception ». Pour protester j’ai envoyé une lettre ouverte au ministre de la justice et des libertés du Maroc, et j’ai renvoyé le colis… qui m’a encore été retourné.

Mon mot pour lui souhaiter un « bon » anniversaire lui parviendra-t-il ? Des amis tenteront aussi de lui écrire. Une carte avec quelques mots pour lui prouver qu’il n’est pas oublié, sachant que le moindre signe de l’extérieur de la prison lui procure une grande joie.

J’encourage tous ceux qui sont touchés par cette triste et injuste vie –survie- de Salek, à lui envoyer une belle carte avec quelques mots d’amitié. Carte à glisser dans une enveloppe (avec un timbre international), ou mieux pour un envoi à moins de frais, en tarif livre et brochure : ajouter un magazine (il est fana de foot et de beaux paysages), ou un petit livre (il lit mieux l'anglais que le français), ou autre petite chose en papier, mais sans grande valeur marchande pour ne pas tenter d'autres mains ...

Salek Laasairi,
numéro écrou 7533
Prison locale
Aït Meloul 1
Agadir
Maroc

Merci pour lui !

Pour en savoir plus, un chapitre est consacré à Salek  dans le livre de Marie-Jo Fressard : « Drôle d’occupation pour une grand-mère. Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit. »