mardi 17 octobre 2017

Une lettre qui émeut : Gilles Perault écrit à Marie-Jo Fressard sur son livre sur les prisonniers sahraouis

Gilles Perrault / © CM, F3 BNie, avec AFP/ Mychelle Daniau, image du film sur Gilles Perault : L'écriture comme une arme, documentaire de Thierry Durand

 Chère Marie-Jo,

Tu es l’honneur de toutes les grands-mères (et grands-pères) de France, Navarre et autres lieux, tu démontres que s'il y a un âge pour courir le marathon, il n'y en a pas pour la solidarité. 

Ce  que tu fais est magnifique.
   
Ton livre contribue à briser le silence complice qui permet à une occupation honteuse de perdurer. Violation de la loi internationale, déni des décisions de l’ONU, fraudes et magouilles de toutes sortes : tout est mis en œuvre pour perpétuer l’étouffement de  la voix d’un peuple qui aspire légitimement à la liberté. 

Tu ne lâches pas. Tu as raison. Ton livre m'a ému et revigoré."

Pardonne-moi de t’en remercier avec du retard. J’ai chopé une saloperie qui s’appelle DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) qui vous démolit la rétine et conduit à la cécité. 
Je lis avec grande difficulté à l’aide d’une loupe électronique. 
Pardonne-moi donc mon écriture flageolante et sans doute quelques fautes…

Tiens bon, chère Marie-Jo !

Je t’embrasse
Gilles


"Drôle d’occupation pour une grand-mère" le livre de Marie-Jo Fressard sur le Sahara Occidental est paru Edition APSO 

Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit 

Pour se le procurer : 

- Commander à APSO, en écrivant à APSOlument @ yahoo.fr 

Merci de le lire, de le faire lire, de le diffuser afin que l’inacceptable souffrance d’un peuple pacifique ne reste pas dans l’oubli ! 

84p. 8 € 

ISBN 978-2-9552413-2-5

vendredi 6 octobre 2017

Un nouveau livre de Marie-Jo Fressard, marraine de prisonniers sahraouis, vient de paraître

Marie-Jo Fressard, au centre, avec Khadija Ryadi
 et Luk Vervaet
"Drôle d’occupation pour une grand-mère" le livre de Marie-Jo Fressard sur le Sahara Occidental est paru Edition APSO 

Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit 

L’auteure raconte le conflit du Sahara Occidental à travers le parcours de trois jeunes Sahraouis, Hassan, Salek et Salah. 
Leurs projets, leurs espoirs, leur infinie incarcération - 30 ans, perpétuité… - les longues semaines passées au cachot nauséabond, les séances de torture dont ils sont victimes pour avoir demandé l’autodétermination. 
Marie-Jo Fressard à la Fête de l'Huma 2017

Le livre raconte aussi les 42 ans de lutte courageuse d'un peuple pacifique qui ne demande que la paix, la justice sociale et surtout la liberté de choisir son avenir et de jouir de ses richesses. 
Ce que son colonisateur, le Maroc, lui refuse avec une rare arrogance, en pillant goulument et illégalement toutes les ressources de son pays. 

 

 Pour se le procurer

- Commander à APSO, en écrivant à APSOlument @ yahoo.fr 

Merci de le lire, de le faire lire, de le diffuser afin que l’inacceptable souffrance d’un peuple pacifique ne reste pas dans l’oubli ! 

84p. 8 € 

ISBN 978-2-9552413-2-5



jeudi 14 septembre 2017

Haren (Bruxelles) : « 3 multinationales pour une mégaprison » Communiqué de presse 14 septembre 2017

Communiqué de presse 14 septembre 2017
Haren : « 3 multinationales pour une mégaprison »

Alors que les promoteurs de la mégaprison n’ont toujours donné aucune information précise sur la manière dont devrait être financé ce projet démesuré, une nouvelle étape est franchie. La Régie des bâtiments et trois multinationales interviennent dans les recours au Conseil d’Etat introduits par les citoyens, contre eux.
Les 3 multinationales ont des pratiques douteuses à plus d’un titre. Les signataires demandent aux députés de faire la lumière sur Cafasso et le financement de la mégaprison. L’Etat peut-il s’engager avec des multinationales qui ont prouvé leurs défaillances régulières comme Macquarie ? Quel contrôle parlementaire existe-t-il des activités de Denys NV qui dispose de larges contrats avec l’Arabie Saoudite alors que l’ONU a condamné ce pays pour ses exactions dans la guerre du Yémen ? Denys NV a-t-elle encore des activités commerciales avec les autorités du Yémen sur le pipeline LNG qui est au cœur de cette sale guerre ? Les députés peuvent-ils accepter qu’une structure comme PPP infrastructure Investment soit mise en place par Cafasso à Amsterdam alors que tout indique qu’il s’agit d’un dispositif d’évasion fiscale ?

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Mégaprison : le règne de l’opacité et du déséquilibre des forces

Les recours introduits par les opposants à la mégaprison de Bruxelles/Haren arrivent au Conseil d’Etat. Quatre parties se sont jointes à la cause, CONTRE les citoyens : la Régie des Bâtiments, et trois multinationales qui font partie du consortium Cafasso, soumissionnaire préférentiel pour le projet toxique de mégaprison.

Cafasso n’a toujours pas de personnalité juridique, au motif que le marché de la mégaprison n’a pas encore été définitivement attribué. Ce sont donc trois multinationales qui le constituent qui se joignent à la cause :

·                    Macquarie Corporate Holdings Pty Limited, Société de droit australien ayant son siège à Level 6 50 Martin Place Sydney, NSW 2000 Australie,
·                    PPP Infrastructure Investment B.V. Société de droit néerlandais, ayant son siège Claude Debussylaan 24, 1082MD Amsterdam,
·                    Denys NV, ayant son siège Industrieweg 124 à 9032 GENT.

L’implication de ces multinationales dans les recours introduits par les opposants rappelle encore le déséquilibre des forces en faveur des entreprises qui veulent privatiser la détention.

La mégaprison n’est pas un projet d’intérêt public, mais une opération de spéculation privée

La presse a abondamment souligné il y a quelques mois que ces multinationales ont fait inscrire une clause d’indemnité dans le cas où la mégaprison serait heureusement annulée. Elle atteindrait 20 millions d’euros. La hauteur exacte de cette indemnité reste inconnue, y compris des députés de la Chambre, y compris des députés de la Commission de la Justice, puisque Cafasso, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice refusent tous trois de transmettre ces informations. Un déni de démocratie et de transparence déjà observé ces derniers mois, dans ce dossier comme dans de trop nombreux autres.

Ces multinationales n’ont donc littéralement rien à perdre dans ce dossier, puisqu’elles seront de toute manière indemnisées. Quel intérêt vont-elle défendre auprès du Conseil d’Etat, si ce n’est leur intérêt à tirer profit de l’enfermement des détenus de Bruxelles, profits qui sont garantis par l’Etat belge et son système de Justice employé ici comme une vache à lait ?
Des multinationales aux pratiques douteuses

Nous déplorons de constater que ces multinationales ont en outre des pratiques douteuses (informations plus détaillées ci-dessous) :

·                    Macquarie, est épinglé dans plusieurs affaires d’évasion fiscale. Elle est connue pour sa gestion calamiteuse de l’eau en Angleterre. Elle est également confrontée à ses pratiques inacceptables aux USA dans des PPPs que Donald Trump veut étendre.
·                    PPP Infrastructure Investment B.V., partage toutes les caractéristiques d’un point d’ingénierie fiscale qui permettra à Cafasso d’éluder les impôts belges et européens.
·                    Denys NV, dispose de contrats importants avec l’Arabie Saoudite, qui viole allègrement les droits de l’homme dans son pays, mais également au Yémen. L’Arabie Saoudite a été condamnée par l’ONU pour le bombardement de civils au Yémen, où Denys a été réparer un pipeline au cœur du conflit.

Les opposants à la mégaprison de Bruxelles défendent une politique carcérale respectueuse des droits fondamentaux et publique, la sauvegarde d’un environnement vivable et une démocratie digne de ce nom. Ils se trouvent face à des institutions qui représentent l’Etat belge, accompagné désormais de trois multinationales aux pratiques douteuses.

Ø  Quelles justifications les partis politiques des exécutifs fédéraux et régionaux donnent-ils au choix de ces partenaires privés pour une mission qui incombe par essence à l’Etat ? Comment justifient-ils d’engager l’Etat dans un contrat, dont les détails ne sont toujours pas connus, pour un coût estimé à 3 milliards d’euros, avec des entreprises aux pratiques douteuses, et alors que tout indique qu’un système d’évasion fiscale est mis en place ?
Ø  Dans ces conditions, comment les députés justifient-ils le choix d’un PPP qui sera in fine payé par les contribuables et le budget de la Justice pourtant déjà trop maigre ?
Ø  Peut-on sacrifier au libéralisme économique la question fondamentale du sort de ceux que notre société enferme ?
Ø  Quel contrôle les députés réalisent-ils des activités de Denys n.v. qui dispose de contrats importants avec l’Arabie Saoudite, condamnée par l’ONU pour avoir bombardé des civils au Yémen ?
Ø  Les députés considèrent-ils qu’une entreprise basée en Belgique peut réaliser du commerce avec le régime contesté du Yémen, soutenu par l’Arabie Saoudite, sur le pipeline LNG qui est au cœur du conflit, et alors que l’Arabie Saoudite bombarde des civils yéménites ?

Les associations signataires demandent des réponses à ces questions urgentes.

Signataires et contacts :

Comité de Haren – Laurent Moulin – 0499 03 09 01
La Ligue des Droits de l’Homme – Damien Scalia – 0487 76 82 66
Observatoire International des Prisons – Section belge – Nicolas Cohen – 0470 02 65 41
Respire asbl – Jean-Baptiste Godinot – 0488 20 01 75
François Licoppe – économiste – 0496 90 70 49
Luk Vervaet – ancien enseignant à la prison de Saint-Gilles – 0478 65 33 78


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Sur les pratiques douteuses de trois multinationales de Cafasso :
·                    Denys N.V., réalise plus de 60% de ses profits ailleurs dans le monde. Elle est notamment solidement implantée en Arabie Saoudite, où elle a ouvert une antenne[1] pour y engager plus de 1.000 personnes fin 2016.[2]
Ce pays viole allègrement et de manière récurrente si pas constante les droits de l’homme sur son territoire[3]. L’été dernier a vu la majorité fédérale accepter une résolution demandant de faire plus de lumière sur le commerce entre la Belgique et ce pays, après que Didier Reynders, MR, ait créé scandale en acceptant que ce pays dispose de la présidence de la commission des femmes à l’ONU.[4] Denys aurait été concerné par cette résolution. L’Arabie Saoudite est aussi ce pays qui a enfreint toutes les règles de droits et d’éthique en bombardant les civils au Yémen[5],[6],[7],[8],[9],[10]. Le Yémen fait face à une situation humanitaire catastrophique, et connait actuellement une épidémie de choléra de très grande ampleur avec plus de 600.000 cas depuis avril[11]. L’ONU demande une enquête indépendante sur ce conflit qui s’éternise, alors que Denys N.V. continue de faire du commerce avec l’Arabie Saoudite qui écrase la population Yéménite[12]. Denys n.v. réalise aussi des profits en allant réparer un pipeline au cœur de la guerre du Yémen[13],[14] sous protection armée du gouvernement, lequel est soutenu par l’Arabie Saoudite, précédemment citée. Est-il acceptable de faire du profit dans de telles conditions ?

·                    Macquarie Corporate Holding PTY Limited, de droit australien. Macquarie Group est un géant mondial, actif dans de nombreux secteurs qui vont de l’industrie minière au conseil et à la banque, en passant par la construction de prisons. Macquarie a en ce moment le projet de construire la plus grosse prison de Belgique donc, mais également celle d’Australie, près de Grafton (1.700 places)[15].
Dominique Lorrain, directeur de recherche à l’EHESS, a dressé un portrait de cette entreprise monstre. Si elle évolue au fil du temps, son ADN qui lie les infrastructures, les risques bas et l’ingénierie financière reste constante : « Le « modèle » Macquarie peut se définir en termes simples comme l’application de la technique du financement par la dette à des infrastructures. (…)Les dirigeants recherchent un équilibre subtil entre l’exigence de marchés ouverts (pour pouvoir y entrer) mais protégés par un monopole (pour garantir le résultat). (…) Dans ce modèle, l’infrastructure ne représente pas la substance du métier de la banque mais le support le mieux adapté au développement de son ingénierie financière ; c’est à la fois sa compétence principale et le moyen de produire de la valeur. »[16].
Macquarie est connue pour avoir tiré d’énormes bénéfices de la privatisation de certains services publics en Angleterre et les avoir profondément affaiblis et abimés. Le secrétaire général d'Unison, le plus grand syndicat d’Angleterre, Dave Prentis, déclare ainsi en décembre 2016 : «Macquarie a une mauvaise réputation - pour avoir accumulé une énorme dette d'entreprise, pour avoir rapatrié massivement des dividendes vers l'hémisphère du sud et nous avoir obligé de payer plus pour un service plus pauvre. L'entreprise qui a prouvé qu'on ne peut pas lui faire confiance pour l'approvisionnement de la nation en eau, va maintenant être responsable pour les conduites de gaz à des millions de maisons et d'entreprises. »[17]

Cette entreprise, qui a donc été choisie par la Régie des Bâtiments pour le projet de mégaprison, a en outre été épinglée dans un scandale bancaire en Australie[18],[19], accusée d’avoir manipulé la monnaie en Malaisie[20], elle est citée dans les luxleaks[21], les Offshore leaks[22]. La banque Macquarie est actuellement au cœur d’un scandale de harcèlement parmi ses employés[23]. Macquarie s’est également illustrée aux USA dans des PPPs qui posent de nombreuses questions[24].

Rappelons que Macquarie est aussi propriétaire de l’aéroport de Zaventem (25% des parts)[25], à un bruit de réacteur du site retenu pour la mégaprison. Comme de mauvaise habitude, les riverains qui ont essayé d’obtenir la copie du contrat de vente de l’état belge à Macquarie ne l’ont pas obtenu[26]. L’aéroport n’étant plus assez rentable, Macquarie chercherait à revendre ses parts[27].

·                    PPP Infrastructure Investment B.V., de droit néerlandais, localisé à l’adresse Claude Debussylaan 24, 1082MD Amsterdam, où des dizaines d’autres sociétés ont leur siège. Plutôt que d’une société, il faudrait parler d’une nébuleuse puisqu’elle ne s’est dotée d’un site internet, qu’il est donc quasi impossible d’en connaître les actionnaires, ni le portefeuille d’investissement… et que pour pouvoir accéder aux noms de ses administrateurs il faut payer.
Comme son nom l’indique, cette nébuleuse est active dans les PPP (Partenariats Publics Privés).
Par ailleurs, toujours comme son nom l’indique, cette nébuleuse est un BV c-à-d une société de droit néerlandais[28] dont la structure juridique est bien souvent utilisée aux fins d’éluder l’impôt, y compris par les plus grandes entreprises du monde[29],[30],[31].
Cela signifie que les bénéfices tirés de ce projet ne seront vraisemblablement pas imposés en Belgique. Pourquoi Denys fait-il sinon appel à un BV néerlandaise ? On s’étonne de n’avoir pas reçu d’information sur ce sujet malgré nos demandes répétées de faire la lumière sur le financement de ce projet. Les députés de la Chambre, qui ont déposé une proposition de résolution à cet égard, auront-ils plus de chance que les citoyens ? On l’espère car sinon, leur mission constitutionnelle de contrôle du gouvernement serait réduite à néant.

Ce qui est vrai pour la Belgique l’est pour les autres pays : même à l’étranger les mécanismes d’optimisation fiscale mis en place permettront plus que probablement que les bénéfices générés par la mégaprison ne seront que très peu imposés.
L’Etat belge est parfaitement au courant de ces législations « favorables » mais n’hésite pourtant pas à y faire appel dans un projet d’ « utilité nationale » à de tels intervenants étrangers, abandonnant ainsi un autre pan de sa souveraineté dans une logique du tout marché.







[1]http://denysarabia.com/
[2]http://studioweb.lesoir.be/mini04/fiche/denys
[3]https://www.amnesty.be/mot/arabie-saoudite
[4]http://www.levif.be/actualite/belgique/droits-des-femmes-et-arabie-saoudite-reynders-se-tortille-mais-ne-plie-pas/article-normal-655055.html
[24] https://www.nytimes.com/2017/06/06/business/dealbook/trump-infrastructure-plan-privatized-taxpayers.html?mcubz=1

jeudi 8 juin 2017

Rien de bon ne viendra de la Maxi-prison de Haren, par Perceval Carteron, éducateur, dans leguidesocial 8 juin 2017

 SOURCE

Rien de bon ne viendra de la Maxi-prison

La maxi-prison de Haren continue son petit bout de chemin malgré les nombreuses oppositions venues de militants, d’activistes mais aussi de spécialistes de la sécurité, du judiciaire ou de l’économie. Les intervenants sociaux devront aussi subir l’impact qu’aura la maxi-prison.
La maxi-prison est supposée être une réponse à la surpopulation carcérale et à l’état déplorable des prisons bruxelloises. La qualité de vie des prisonniers et les conditions de travail du personnel sont deux facteurs qui impactent grandement sur les possibilités d’intervention des travailleurs psycho-médico-sociaux. Si ces conditions se dégradent, le travail devient de plus en plus difficile et a un impact de moins en moins perceptible voire de moins en moins réel. La maxi-prison accentue l’aspect déshumanisant de l’incarcération et ce sont, encore une fois, les intervenants qui devront compenser les manques.

Un surplus de travail

La nouvelle prison n’est absolument pas pensée pour améliorer la réinsertion, le suivi psychologique ou médical. Les travailleurs qui seront amenés à intervenir au sein de celle-ci devront mettre en place une nouvelle organisation. Outre l’aspect contraignant du travail en milieu carcéral, l’impact négatif sur les personnes accompagnées (détenus ou familles) va rejaillir sur le travail des intervenants. Enfin, le nombre de détenus aura aussi une incidence sur la disponibilité des travailleurs et la qualité des prestations. Vu la logique qui sous-tend la construction, rien n’assure que le surplus de travail sera accompagné d’une augmentation des moyens, que du contraire.

Non-marchand en zone commerciale

La sous-traitance de nombreux services est une problématique supplémentaire et la future prison s’annonce déjà comme un « exemple » du genre. Le travail non-marchand et plus particulièrement l’accompagnement psycho-médico-social s’accommode assez mal des impératifs de rentabilité du secteur marchand. Si la prison doit être un lieu de rentabilité pour les sociétés privées qui y ont investi, il y aura une pression pour atteindre les objectifs. Cette pression va compliquer le travail d’accompagnement et de réinsertion qui pourtant amène un bénéfice à la société. De manière générale la privatisation des services et des responsabilités étatiques est un danger pour le secteur du non-marchand et au-delà de la question déontologique que cela suscite, ce sont les moyens mis en place et la finalité des missions qui sont en jeu.

Peu d’échos

Les critiques et remarques émanant des professionnels de l’accompagnement en milieu carcéral et de l’aide aux justiciables sont, semble-t-il, peu entendues. Quoi d’étonnant dès lors que ceux-ci n’ont pas été, ou de manière anecdotique, impliqués dans le processus de réalisation de la maxi-prison et que les critiques du système carcéral dans son ensemble ne trouvent que peu d’échos chez les pouvoirs publics.

Une amélioration incertaine

Plusieurs points vont rendre la vie dans la maxi-prison particulièrement difficile malgré la modernité. Les conditions de vie des prisonniers en Belgique ont été pointées du doigt dans la notice 2016 de l’observatoire international des prisons. La situation à Haren risque d’être bien pire entre la situation géographique qui expose le personnel et les prisonniers aux nuisances de l’aéroport de Zaventem et une conception moderne qui en oublie l’humain (pas de contact vers l’extérieur depuis la cellule, une visibilité réduite depuis la fenêtre, une architecture aseptisée et fonctionnaliste, etc.). Ce sont à nouveau les intervenants psycho-médico-sociaux qui vont devoir évoluer dans un climat désastreux supposément adapté aux besoins des personnes.

L’éloignement en plus de l’isolement

La situation géographique de la maxi-prison par rapport aux bureaux des travailleurs et au reste de la ville en général va entraîner des déplacements plus longs ce qui va diminuer la disponibilité des travailleurs et augmenter leur fatigue. De plus s ce sera une difficulté supplémentaire pour les familles dans l’organisation des visites ce qui va inévitablement créer un mal-être supplémentaire. Cela va un peu plus compliquer les missions d’aide aux justiciables dont sont chargés une partie des professionnels.
Notice 2016 de l’observatoire international des prisons : ici
Perceval CARTERON. Éducateur.

mercredi 7 juin 2017

Les familles de prisonniers palestiniens attaquées pendant leurs visites ! Palestinian prisoners and their relatives assaulted by Israeli forces during visit !

Sans doute vexé d’avoir dû concéder une deuxième visite familiale aux prisonniers palestiniens après leur grève de la faim, Israël se met attaquer les familles de prisonniers lors de leurs visites !

A la prison d’Eshel dans le Neguev, ce lundi, les gardiens ont frappé les prisonniers et leurs familles avec des bâtons, et les ont aspergé de gaz lacrymogènes.

Le père du prisonnier palestinien Omar al-Sharif, qui avait fait toute la route depuis Jérusalem Est pour aller voir son fils dans le désert du Neguev, au sud d’Israël est arrivé à 7h30 du matin, avec les autres familles. "On nous a laissés attendre jusqu’à midi à l’extérieur de la prison, puis l’administration nous a soumis à des fouilles particulièrement provocantes et humiliantes", témoigne-t-il.
"Ainsi les femmes, mères et épouses qui rendaient visite à leurs fils et maris, ont été obligées, d’enlever leurs foulards et tous leurs bijoux, ce qui était une première !"
"Les familles se sont plaintes dans la salle des visites, et un groupe de gardiens a alors envahi la pièce, nous attaquant les uns et les autres à coups de trique et de gaz lacrymogène. Puis les prisonniers ont été menottés et contraints de retourner dans leurs cellules".

"Après cette grève, les autorités israéliennes jouent avec nos émotions. Ils nous insultent, nous punissent et nous torturent. Ils essaient de nous épuiser, de nous briser et nous amener à ne plus avoir envie de rendre visite à nos proches", a déclaré l’un des visiteurs.

Ceci sachant que dans un pays aussi petit, le voyage pour les Palestiniens des territoires occupés qui veulent rendre visite en prison à un de leurs proches, prend entre 8 et 15 H, pendant lesquelles ils sont fouillés plusieurs fois et souvent forcés de se déshabiller, rappelle Addameer.

Source : Maan News Agency
CAPJPO-EuroPalestine

SOURCE


Palestinian prisoners and their relatives assaulted by Israeli forces during visit
JUNE 7, 2017

JERUSALEM (Ma'an) -- Israeli prison forces attacked a number of Palestinian prisoners and their relatives during a family visit to Eshel prison on Monday morning, with security guards using pepper spray on both the prisoners and their family members and beating them with batons, relatives told Ma’an.

The father of prisoner Omar al-Sharif told Ma'an that the families had traveled from their homes in occupied East Jerusalem to Eshel prison more than 100 kilometers away in Israel’s southern Negev desert.

The families arrived at 7:30 a.m. and were not allowed inside until 12 p.m., he said, when both men and women were subjected to invasive and “provocative” searches at the hands of the Israel Prison Service (IPS).

Heated arguments erupted in the visitation room, until a group of IPS officers stormed the room and attacked prisoners and their family members with pepper spray and beat them with batons, before the prisoners were handcuffed and the visitors were forced out.


The father of prisoners Muhammad and Ahmad al-Bakri told Ma'an that IPS officers had treated visiting relatives harshly since they arrived to Eshel early in the morning.

“After going through inspections at the entrance and passing through the metal detectors, female IPS soldiers searched the women inside a separate room, and forced them to take off their headscarves and jewelry."
Al-Bakri described the search as “an unprecedented provocation.”

An IPS spokesperson could not immediately be reached for comment on the incident.

Improving conditions for family visits to Palestinian prisoners was a central demand of a 40-day mass hunger strike launched in Israeli prisons that ended last month.

Ahead of the hunger strike, international human rights organization Amnesty International denouncedIsrael for its “unlawful and cruel” practices towards Palestinian prisoners in a report.
One relative of an imprisoned Palestinian told the organization: “The Israeli authorities play with our emotions, they torture us and punish us. They try to break us, to tire us, so that we would want to visit our relatives less because of all the humiliation, searches, abuse and insults by soldiers or prison guards.”

According to Palestinian prisoners’ rights group Addameer, the journey to prison for most residents of the occupied West Bank visiting detained relatives takes between eight to 15 hours depending on the prison and place of residence, while relatives of prisoners are routinely subjected to lengthy body searches and sometimes strip searches.
SOURCE