samedi 10 novembre 2012

Le Journal de Souad : Overdose




retranscrit le 11 juin 21h.

Il gît à même le sol, j'avance vers lui, on dirait qu'il est mort, je tremble, je dois chercher du secours,
j'appelle et, bien sûr, tous ceux qui sont présents accourent.
J'ai du mal à tout comprendre, mais je sais que c'est l'overdose ; il s'est piqué ; à l'époque, le terme « fix » correspondait au fait de s'administrer l’héroïne de cette manière, je savais ce que c’était, mais, aujourd'hui, il s'agit d'autre chose.
C'est un jour de semaine, je suis formelle, ma mère travaille, je ne sais plus qui s'est chargé d'appeler l'ambulance mais ils l'ont pris en voiture.
Un jeune du quartier m'a lancé : "je sais pourquoi ils n'ont pas attendu l'ambulance. C'est pour qu'ils ne sachent pas qu'il se drogue ».
C'est une aberration d'enfant puisqu'à l’hôpital, ils sauront...
Je lui ai répondu : « C'est pour le sauver qu'ils n'ont pas attendu ».
Le lendemain, je l'ai vu à l'école : il était dans ma classe.
J'étais malade, sachant qu'à la récré, ce serait le sujet de conversation.
Tant pis, j'aimais mon frère et l´essentiel était qu'il soit sauvé, hors de danger.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire